«Il est plus que temps de passer à l’action pour protéger nos citoyens», affirme Patrick Melchior (au centre de la photo), maire de Farnham et président d’un sous-comité sur la sécurité ferroviaire. Il est ici entouré de Jacques Drolet, maire de Bolton-Ouest (à droite), et Donald O’Hara, coordonnateur du sous-comité.

Sécurité ferroviaire: «Il est plus que temps de passer à l'action»

Le déraillement survenu samedi dernier à Bolton-Ouest confirme «qu’il est plus que temps de passer à l’action pour protéger nos citoyens», affirme le maire de Farnham, Patrick Melchior.

Celui qui préside le nouveau sous-comité sur la sécurité ferroviaire a assuré, mardi, que les municipalités et les équipes de sécurité publique situées le long du corridor allant de Lac-Mégantic à Saint-Hyacinthe coordonnent désormais leurs efforts en ce sens. «Cette nouvelle synergie est une première dans l’histoire de la région», note M. Melchior.

La première rencontre de ce sous-comité de l’Alliance du corridor ferroviaire Estrie-Montérégie (ACFEM) a eu lieu à l’hôtel de ville de Farnham. Une quarantaine de personnes y ont assisté, représentant des élus municipaux, provinciaux et fédéraux, des responsables de la sécurité publique et les Chemins de fer du centre du Maine et du Québec (CMQR), l’entreprise propriétaire de la voie ferrée.

Les membres du comité se sont donné comme première priorité de dresser les portraits des infrastructures ferroviaires le long du corridor et d’identifier les tronçons les plus préoccupants relativement à la sécurité.

Cela va ainsi être à la trentaine de villes concernées d’identifier leurs préoccupations, de les cartographier et de les partager avec le sous-comité. Celui-ci fera ensuite appel à des experts puis des recommandations au ministre des Transports du Canada.

Le sous-comité prévoit se rencontrer six fois par an, et accoucher d’une recommandation lors de chaque réunion.

Secteurs préoccupants

«On dispose déjà de certaines informations, mais celles-ci sont partielles, indique M. Melchior. On veut arriver avec des recommandations probantes et bien documentées.»

Plusieurs secteurs préoccupants ont été nommés par M. Melchior. La cour de triage de Farnham, autour de laquelle habitent plusieurs milliers de personnes, en fait notamment partie, ainsi que le projet de centre de transbordement ferroviaire de Brigham, où les activités de l’entreprise granbyenne Gaz Propane Rainville pourraient être regroupées.

À Bromont, des wagons sont stationnés le long d’une école. À Bolton-Ouest, d’autres wagons contenant du gaz naturel liquéfié et du propane sont situés dans des voies de stationnement, selon Jacques Drolet, le maire de cette municipalité. «Si un déraillement survenait à cet endroit-là, des explosions pourraient avoir lieu», évoque M. Drolet.

Le maire de Bromont, Louis Villeneuve, rappelait lundi les conséquences désastreuses que pourrait avoir un tel accident. «Tout près du déraillement [de Bolton-Ouest, samedi], il y a un cours d’eau qui se déverse dans le lac Brome, qui est notre source d’eau potable [à Bromont].» Un déversement de produits dangereux, par exemple, pourrait contaminer cette source importante d’eau potable.

Prévention

L’approche adoptée par le sous-comité est donc celle de la prévention.

«Il est grand temps que le transport ferroviaire évolue», tranche Donald O’Hara, qui coordonne les communications et les activités au sein du sous-comité sur la sécurité ferroviaire.

En effet, celui-ci rappelle que la voie ferrée en question est la même que celle qui existait il y a plus de 100 ans, alors que beaucoup de choses ont évolué depuis, qu’il s’agisse du transport terrestre ou de la population qui ne cesse de croître près de la ligne de chemin de fer.

«Il faut cesser de dire qu’on a été chanceux, souligne quant à lui M. Melchior, en faisant de nouveau allusion au déraillement de Bolton-Ouest. Cet événement valide encore plus la création d’un tel comité.»