En présence de plusieurs maires du corridor Estrie Montérégie, dont le maire de Sherbrooke Steve Lussier, Louis Villeneuve, président de l’ACFEM et maire de Bromont, a demandé l’intervention du ministre des Transports Marc Garneau pour faire avancer le dossier de la sécurité ferroviaire.

Sécurité ferroviaire : des maires s’adressent au ministre Garneau

Les maires du corridor ferroviaire Estrie Montérégie s’adressent directement au ministre des Transports, Marc Garneau, pour faire avancer le dossier de l’inspection et de l’entretien des rails sur le territoire.

Lundi matin, les membres de l’Alliance du corridor ferroviaire Estrie Montérégie (ACFEM) ont effectué une sortie publique pour s’adresser directement au ministre des Transports Marc Garneau. Il le presse d’agir dans le dossier de l’inspection des rails.

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L’ACFEM acheminera une lettre signée à Sherbrooke par l’ensemble des maires des villes membres l’enjoignant de prendre les mesures nécessaires pour que l’inspection des infrastructures ferroviaires soit effectuée de façon plus rigoureuse.

« Il en va de la responsabilité de Transports Canada de transmettre l’information la plus transparente qui soit pour permettre aux municipalités de protéger les citoyens », a lancé Louis Villeneuve, président de l’ACFEM et maire de Bromont.

« Par conséquent, nous pressons Transports Canada de prendre les mesures nécessaires afin de rassurer la population, notamment en resserrant les critères d’inspection ferroviaire. »

Une semaine plus tard

L’intervention des maires survient une semaine après le passage de la directrice générale de la sécurité ferroviaire de Transports Canada, Brigitte Diogo, devant le conseil municipal de Sherbrooke. Rappelons qu’elle a révélé que 253 anomalies avaient été repérées et corrigées en 2018 sur le chemin de fer reliant Lac-Mégantic et Farnham. Le ministère n’a toutefois pas vérifié chacune des corrections, mais a plutôt procédé de façon aléatoire.

La présidente du conseil, Nicole Bergeron, a demandé à Mme Diogo de fournir des réponses. Vendredi dernier, Transports Canada n’avait toujours pas dévoilé ses intentions à la suite de son passage à Sherbrooke, lundi, alors que la Ville de Sherbrooke a adopté une résolution demandant un resserrement de la sécurité ferroviaire en milieu urbain.

On s’attend à la Ville de Sherbrooke d’avoir un retour de la part de Transports Canada dans les prochains jours, a indiqué le maire de Sherbrooke, Steve Lussier.

M. Villeneuve dit privilégier la collaboration à la confrontation, mais l’ACFEM déplore le manque de transparence de Transports Canada. Aucune information quant à l’état du chemin de fer n’est communiquée aux municipalités qui se trouvent le long de son parcours, particulièrement lorsqu’il s’agit de manquements, de défauts ou d’irrégularités susceptibles de mettre en péril la sécurité des citoyens. De même, aucune information concernant les correctifs apportés par la compagnie Central Maine & Québec Railway (CMQR), propriétaire du tronçon ferroviaire, n’est transmise aux autorités municipales afin que ces dernières puissent en aviser leurs citoyens respectifs, dit-il.

Substances à risque

L’ACFEM demande également à Transports Canada de s’assurer que CMQR divulgue à toutes les municipalités traversées par le chemin de fer, le contenu des substances à risque comme le pétrole brut, le propane et autres produits chimiques. À l’heure actuelle, les municipalités ne reçoivent pas ces renseignements, pourtant demandés depuis la tragédie de Lac-Mégantic.

« Nous augmentons la pression. Il faut des mesures de sécurité autant pour le transport de marchandises et des personnes », ajoute M. Villeneuve.

Ce dernier souhaite que la sortie publique, qui survient en pleine campagne électorale fédérale, puisse avoir un écho encore plus important.

Pour sa part, le député sortant de Sherbrooke, Pierre-Luc Dusseault, présent à la conférence de presse, a pour sa part dénoncé cette situation qui se répète depuis la tragédie de Lac-Mégantic, il y a six ans. « On pensait que ça allait bouger, mais non », a-t-il avancé.

« Il faut mettre un terme à l’auto-inspection et l’auto-réglementation par les entreprises ferroviaires. Les gens ont peur pour leur sécurité. Les maires sont venus le dire ici aujourd’hui. »

Plus de pouvoirs  à Transports Canada

Le candidat NPD entend donner des dents à Transports Canada afin d’assurer la sécurité des citoyens et des collectivités qui se trouvent le long d’un corridor ferroviaire s’il est réélu.

Lors de son point de presse, le 17 juillet 2019, l’ACFEM interpellait les deux paliers gouvernementaux supérieurs pour qu’ils étudient le projet global de l’Alliance, offrant une solution intégrée qui comprend la mise à niveau de l’ensemble du tronçon. Ce plan visant le transport des marchandises et des personnes règlera les défis liés à la sécurité, les défis économiques, touristiques et environnementaux, sans compter la réduction importante des gaz à effet de serre.

Le projet de l’ACFEM se veut un modèle de partenariat régional au bénéfice des générations futures. L’Alliance du corridor ferroviaire Estrie-Montérégie (ACFEM) a été créée en réponse à la volonté des dirigeants municipaux d’améliorer la sécurité des populations qui vivent le long du corridor ferroviaire et de ses utilisateurs, d’utiliser ce dernier comme levier de croissance économique en favorisant la fluidité du transport de marchandises et d’éventuellement offrir un service de transport de passagers comme mode de transport alternatif. L’ACFEM regroupe l’ensemble des maires de villes et municipalités situées le long du corridor ferroviaire de Sherbrooke jusqu’à Saint-Jean-sur-Richelieu. Il n’est pas dit que cette alliance ne pourrait pas un jour servir à unir ces municipalités dans d’autres domaines, pour faire avancer des dossiers touchant ce même corridor, avoue M. Villeneuve.