Les représentants syndicaux du secteur public, affiliés à la CSN, sont prêts à se faire entendre au cours des prochaines semaines, dans le cadre des négociations qui entourent le renouvellement de leurs conditions de travail.
Les représentants syndicaux du secteur public, affiliés à la CSN, sont prêts à se faire entendre au cours des prochaines semaines, dans le cadre des négociations qui entourent le renouvellement de leurs conditions de travail.

Secteur public: cri du coeur des syndicats locaux affiliés à la CSN

Les syndicats de l’ensemble du secteur public de la région de Granby, affiliés à la CSN, lancent un cri du coeur. Ils dénoncent d’une même voix les offres déposées par le gouvernement dans le cadre des négociations entourant le renouvellement de leurs conventions collectives.

Et ils ont bien l’intention de se faire entendre au cours des prochaines semaines, assure la présidente du Conseil central de la Montérégie (CSN), Annette Herbeuval.

« On va s’unir et on va agir. On va sortir dans la rue, cogner aux portes et on va aviser chacun des députés et des ministres qu’on ne lâchera pas le morceau. On va gagner parce que c’est fini les miettes. On n’est plus rendus là. Il faut qu’il (le gouvernement de François Legault) s’ouvre les yeux et soit honnête avec nous. Il y a des surplus budgétaires. Qu’il donne ce qui est dû aux travailleurs et travailleuses du secteur public », a lancé jeudi Mme Herbeuval dans le cadre d’un point de presse. 

Celle-ci était accompagnée des représentants syndicaux du Cégep de Granby, du centre de services scolaires du Val-des-Cerfs ainsi que du secteur de la santé (CIUSSS de l’Estrie et CISSSMO).

À leurs yeux, non seulement les offres salariales du gouvernement — 7 % sur cinq ans — sont « maigres », mais l’occasion doit être saisie « en cette période de rareté et de pénurie de main-d’oeuvre » pour valoriser les métiers de chacun des travailleurs. 

« On appelle (le gouvernement) à revisiter ses offres pour aider à la rétention du personnel. (...) Les travailleuses et travailleurs sont présentement en surcharge de travail. Ça s’écroule. On est à l’urgence. Il faut qu’il remédie à la situation et mette de l’avant des conditions décentes », affirme Annette Herbeuval.

Éducation

« On soutient à bout de bras les écoles », lance Yvan Gagné, vice-président du Syndicat du personnel technique, administratif et éducatif de Val-des-Cerfs. 

Celui-ci dénonce du même souffle les conditions de travail, entre autres des TES (techniciennes en éducation spécialisées) et des surveillants d’élèves qui ont « des miettes d’heures ». Même chose pour les secrétaires d’école qui doivent faire toujours plus avec moins d’heures de travail. 

« Je lance un appel à M. Bonnardel, qui a eu la visite de la ministre Blais cette semaine. Ça serait l’fun qu’il invite son copain Roberge [NDLR : Jean-François, ministre de l’Éducation] à visiter nos écoles. Ça va me faire plaisir de lui présenter des secrétaires, des TES, nos membres qui sont là tous les jours en soutien aux élèves. Ça serait intéressant qu’il se rende compte qu’on existe dans sa structure », ajoute M. Gagné.

Le président du Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de Granby estime pour sa part qu’un réinvestissement important s’impose dans le réseau collégial pour pallier certaines problématiques, comme celle liée à l’augmentation du nombre d’élèves en situation de handicap. 

« Nous souhaitons que la prochaine négociation nous permette de dégager des ressources pour les profs, afin que nous puissions nous adapter à ce changement dans la population étudiante », souligne Camille Dubuc. 

Le financement, établi dans les années 1990, doit aussi être revu. La population étudiante a doublé à Granby depuis cette époque. Le nombre de professeurs a aussi augmenté, mais le financement n’a pas suivi les besoins, déplore M. Dubuc. 

L’inquiétude est aussi vive au Syndicat du personnel de Val-des-Cerfs. Le recrutement est très difficile du côté des ouvriers spécialisés, comme les électriciens, plombiers et responsables des systèmes de climatisation et chauffage. Les salaires et conditions de travail ne sont pas compétitifs, de sorte que plusieurs quittent pour aller travailler dans le secteur privé, dénonce le président, Benoit Racicot. 

Santé

« La négociation du secteur public doit être l’occasion de mettre un terme au drame qu’est le temps supplémentaire obligatoire dans le secteur de la santé et des services sociaux », soutient de son côté Jonathan Tétrault, vice-président du Syndicat des travailleuses et travailleurs du CISSSMO, qui représente quelque 300 membres de la région qui oeuvrent dans les centres de réadaptation, dont ceux du Virage, du CMR et du CRDI. 

« Nos membres travaillant dans ces services s’adressant notamment à une clientèle en difficulté doivent être constamment en état d’hypervigilance, car ils peuvent à tout moment subir une agression durant leur quart de travail. Dans ce contexte, le fait de recourir régulièrement aux heures supplémentaires augmente considérablement les risques de subir un accident du travail », ajoute
M. Tétrault. 

« Le manque de personnel provoque une accélération de la surcharge de travail de celles qui sont en poste. Les gens finissent par tomber malades. Toute cette pression s’ajoute à des années de compressions budgétaires et de réformes. On n’en peut plus ! Un virage s’impose », expose à son tour Vicky Ouellet, présidente du Syndicat du personnel administratif du CIUSSS Estrie- CHUS.

Les conventions collectives de l’ensemble des travailleurs du secteur public seront échues à partir du 31 mars 2020. Et, dans les circonstances, le printemps s’annonce chaud, selon Annette Herbeuval.