La nouvelle planification stratégique bioalimentaire de Brome-Missisquoi donne un encadrement pour toutes les sphères de l’alimentation, de la terre au compost.
La nouvelle planification stratégique bioalimentaire de Brome-Missisquoi donne un encadrement pour toutes les sphères de l’alimentation, de la terre au compost.

Se mobiliser autour d’une stratégie bioalimentaire

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
Entre continuité et innovation, le CLD Brome-Missisquoi s’est doté d’une toute nouvelle planification stratégique bioalimentaire pour les années 2021 à 2023, dressant les orientations pour accompagner les entreprises qui œuvrent de la terre à l’assiette. Le plan a été présenté aux médias ce jeudi.

Selon la présidente du CLD, Sylvie Beauregard, le bioalimentaire est un des moteurs économiques les plus solides dans Brome-Missisquoi. On y compte plus de 1100 entreprises qui y sont reliées, dont 700 fermes, une centaine de kiosques à la ferme, six marchés publics et un nombre incalculable de restaurants, de cafés et de boutiques gourmandes.

Cette nouvelle planification est la continuité du premier plan stratégique qui se terminait en 2020. On y observe toutefois un changement de vocabulaire avec l’utilisation du mot bioalimentaire, de plus en plus répandu dans le milieu de l’alimentation, plutôt qu’agroalimentaire.

Le mot bioalimentaire est utilisé pour décrire de façon plus complète la chaîne de valeur, qui commence avec la production, puis qui passe par la transformation, la distribution, la consommation et la revalorisation des matières résiduelles.

Le préfixe bio dans ce mot désigne biologie et non pas la certification biologique, précise Leslie Carbonneau, conseillère en développement agroalimentaire. La stratégie ne visera donc pas que les productions biologiques.

«Cette nouvelle planification a pour but d’augmenter la résilience et la force de notre chaîne de valeur, souligne Mme Carbonneau en entrevue. Le CLD va continuer à accompagner les entreprises, quelles que soient leurs ambitions, à mobiliser les acteurs du milieu, à faciliter les rencontres et les maillages, mais on va aussi innover dans le développement d’entreprises qui sont résilientes, innovantes et régénératrices dans leur domaine d’affaires. On veut capitaliser nos efforts sur l’intérêt renouvelé pour l’agriculture de proximité et l’achat local.»

«Tout le monde, on doit manger. Mais d’amener une poésie, d’amener une façon de faire, d’amener le goût, d’amener la beauté dans tout ça, c’est ce qu’on fait avec une stratégie de la sorte, lance goulument le préfet de la MRC Brome-Missisquoi et fin gourmet, Patrick Melchior. Ça rend la chose encore plus belle. Quand on mange ce qu’il y a dans notre assiette, qu’on sait d’où ça vient, qu’on sait qu’il y a quelqu’un qui a travaillé en y mettant son cœur, son amour, ça rend le fait de manger encore plus beau.»

Quatre piliers

Cette nouvelle planification comprend quatre grands piliers — pérennité, développement, cohésion et notoriété — regroupant un total de onze stratégies. 

Le pilier de la pérennité a été placé en première position dans la planification stratégique pour mettre l’emphase sur un territoire productif et des entreprises durables et prospères.

Celui de la cohésion s’est ajouté notamment afin de s’assurer que la règlementation municipale soit le plus compatible possible avec les besoins des producteurs et les problèmes qu’ils peuvent rencontrer.

«La clé, c’est de rassembler autour d’une vision de développement du territoire. C’est une des sections où il y a le plus d’actions prioritaires. On veut mobiliser les municipalités autour du concept de villes et villages nourriciers. On ne sacrifie pas l’occupation active du territoire agricole au profit du maintien des beaux paysages», assure Mme Carbonneau.

L’objectif du pilier du développement permettra par exemple de travailler sur le 4.0, la robotisation, mais aussi de soutenir les entreprises dans leur virage écologique.

Quant à la notoriété, elle passe par des stratégies de communication et la promotion de l’achat local.

Il est possible de consulter la planification stratégique en cliquant ici.

Des acteurs de tous horizons

À travers sa planification, le CLD continue d’offrir des services de financement, de formation et d’accompagnement aux entreprises.

«Mais ce qu’on veut faire aussi c’est de mobiliser nos municipalités, ajoute Mme Carbonneau. Les différentes stratégies ne seront pas mises en œuvre seulement par moi, mais par toute l’équipe. Quarante pour cent des actions du CLD touchent le bioalimentaire. On est allé voir chaque département pour s’informer des enjeux qui touchent le bioalimentaire.»

Il s’est avéré que tous les collègues de Leslie Carbonneau touchaient d’une manière ou d’une autre au bioalimentaire. Leur aide sera donc mise à contribution.

«Il y a des ingrédients pour réussir, et on les a tous ici : un territoire productif avec accès à la terre, des entreprises prospères au niveau du développement, un accès amélioré aux aliments sains, une sécurité alimentaire, l’achat local», énumère M. Melchior.

La planification a été élaborée avec l’apport de cinq entrepreneurs et l’aide de la consultante Caroline Gosselin.