La carte représente le ciel tel qu’on pourra l’observer à la mi-mai vers 23 h 30 (heure avancée de l’Est), une heure plus tard au début du mois, une heure plus tôt à la fin. Pour l’utiliser, tenez la carte au-dessus de votre tête, en alignant les points cardinaux. Les lignes pleines identifient les constellations, tandis que la bande claire indique le tracé de la Voie lactée. La position des planètes est indiquée pour le 15 du mois. Cette carte est disponible en haute résolution sur espacepourlavie.ca, section « Se documenter ».

Le ciel de mai 2019: observer la lumière cendrée de la Lune

Le printemps est une période favorable pour observer un phénomène fascinant : la lumière cendrée de la Lune.

En parcourant son orbite autour de la Terre, la Lune nous présente des phases. Quelques jours avant ou après la nouvelle lune, nous pouvons observer un mince croissant lunaire dans le ciel. Mais en y regardant de plus près, on peut aussi distinguer la portion non éclairée du disque lunaire. C’est ce qu’on appelle la lumière cendrée de la Lune; elle est encore plus évidente sur des photographies où on voit nettement tout le disque lunaire faiblement illuminé.

La Lune réfléchit la lumière qu’elle reçoit du Soleil; c’est bien sûr ce qui nous permet de voir sa partie éclairée. Mais il en va même pour la Terre : les nuages et les océans réfléchissent vers l’espace environ 37% de la lumière solaire qui atteint notre planète. Une partie de cette lumière réfléchie éclaire à son tour la Lune. Ce clair de Terre est cependant beaucoup plus faible que l’éclairage direct du Soleil. Lorsque la partie éclairée du disque lunaire est trop importante (premier ou dernier quartier, Lune gibbeuse ou pleine), la lumière du clair de Terre est noyée par celle provenant du Soleil. Ce n’est que lorsque la Lune présente un mince croissant que nous pouvons discerner la lumière cendrée.

La période entourant l’équinoxe du printemps, de février à mai, est la plus favorable pour observer de fins croissants lunaires dans le ciel du crépuscule. À cette époque de l’année, à nos latitudes, l’écliptique (la ligne imaginaire qui figure le plan de l’orbite terrestre, et où semblent se déplacer le Soleil, la Lune et les planètes dans le ciel) se dresse avec un angle très prononcé par rapport à l’horizon après le coucher du Soleil : cette géométrie avantageuse permet donc à la très jeune Lune (18 à 48 heures après la nouvelle lune) de s’écarter rapidement du Soleil et de l’horizon, lui permettant ainsi de se trouver à une bonne hauteur dans le ciel pendant le crépuscule.

Vous aurez une belle opportunité d’observer la lumière cendrée de la Lune les 6 et 7 mai, environ 45 minutes après le coucher de Soleil. Le 6, le croissant de Lune sera juste au-dessus de l’étoile brillante Aldébaran de la constellation du Taureau, bas à l’horizon ouest. Le lendemain soir, la Lune sera plus haute dans le ciel et reposera en bas et à gauche de la planète Mars, reconnaissable à sa teinte rougeâtre. La lumière cendrée est bien apparente à l’œil nu, mais elle est encore plus spectaculaire lorsqu’on observe le croissant lunaire aux jumelles ou à l’oculaire d’un petit télescope.

Observer des fragments de la comète de Halley

Au début du mois, il sera également possible d’observer les Êta Aquarides. Cette pluie d’étoiles filantes possède un pic d’activité qui s’étale sur plusieurs jours autour du 6 mai; puisque la nouvelle lune se produit le 4, les conditions devraient donc être excellentes pour l’observer. Son radiant, situé dans la constellation du Verseau, n’apparaît cependant au-dessus de l’horizon qu’après 3 heures du matin; la fenêtre d’observation ne s’ouvre donc qu’au cours des toutes dernières heures de la nuit jusqu’à l’aube.

Moins connues que les Perséides du mois d’août, les Êta Aquarides donnent généralement des météores rapides et brillants. Ces traînées lumineuses sont dues à des poussières et petits grains qui plongent à grande vitesse (environ 67 kilomètres par seconde) dans l’atmosphère terrestre; dans ce cas précis, il s’agit de débris dispersés sur son orbite par la comète de Halley, qui revient à proximité du Soleil tous les 76 ans. En attendant son prochain passage, prévu pour juillet 2061, vous pourrez contempler des fragments de cette célèbre comète en observant les Êta Aquarides.

Les planètes en mai

La planète Mars est encore visible en début de soirée. Vous pourrez la repérer environ 45 minutes après le coucher de Soleil, bas à l’horizon ouest-nord-ouest, et elle demeure observable jusqu’à son coucher qui survient vers 23 heures.

C’est ce mois-ci que Jupiter vient enfin rejoindre Mars dans le ciel du soir. Située dans la constellation du Serpentaire, la planète géante se lève au sud-est vers 23 h 30 au début de mai, puis de plus en plus tôt au fil des jours : à la fin mai, elle se lève vers 21 h 30, à peine une heure après le coucher du Soleil. Saturne se lève actuellement deux heures après Jupiter et n’est donc visible qu’en deuxième partie de nuit.

Vers 2 heures le matin du 20 mai, la Lune gibbeuse décroissante sera située à droite de Jupiter au-dessus de l’horizon sud. Le lendemain, on retrouvera la Lune à la gauche de Jupiter. Le 22 mai à la même heure, la Lune gibbeuse reposera à droite de Saturne; le 23, on la retrouvera en bas et à gauche de la planète aux anneaux.

Bonnes observations !

André Grandchamps est astronome au Planétarium Rio Tinto Alcan.

Au Planétarium de Montréal :

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