Plus de 200 élèves d’Ottawa ont pu s’entretenir avec l’astronaute David Saint-Jacques en direct de la station spatiale.

La Terre dans la lentille de David Saint-Jacques [VIDÉO]

Ce n’est assurément pas tous les jours qu’on peut assister à une conversation en direct avec un astronaute en mission à bord de la Station spatiale internationale. C’est la chance inouïe qu’ont eue quelque 200 écoliers mardi au Musée des sciences et de la technologie du Canada.

À l’occasion du lancement de l’activité interactive « Explorer la Terre » de l’Agence spatiale canadienne (ASC), des élèves des écoles élémentaires catholiques La Vérendrye et Saint-François-D’Assise ainsi que de l’école élémentaire publique Connaught ont pu voir à l’œuvre l’astronaute David Saint-Jacques, qui s’est envolé dans l’espace le 3 décembre pour un voyage de six mois.

Accompagnée par la plus jeune astronaute active au pays, Jenni Sidey-Gibbons, l’astronaute retraitée et première femme canadienne dans l’espace, Roberta Bondar, a discuté avec le Québécois de 49 ans de ses observations de notre planète à 400 kilomètres d’altitude. M. Saint-Jacques a présenté plusieurs clichés pris en orbite. Fait à noter, c’est il y a 27 ans jour pour jour, le 22 janvier 1992, que Mme Bondar s’était envolée à bord de la navette Discovery pour la mission STS-42. La dame est aujourd’hui âgée de 73 ans.

« J’espère que l’événement d’aujourd’hui vous inspirera à réfléchir aux incroyables contributions des sciences et des technologies sur notre quotidien », a lancé aux élèves Christina Tessier, présidente-directrice générale d’Ingenium — Musées des sciences et de l’innovation du Canada.

Les enfants ont pu s’émerveiller devant de nombreuses photos à couper le souffle, d’aurores boréales près du pôle Nord en passant par l’ouragan Florence qui a frappé les Caraïbes et la côte est américaine, ou encore de minuscules points blancs dans l’océan qui s’avèrent de gros icebergs. Le cratère d’impact de Manicouagan, dans le Nord-du-Québec, ainsi que le Grand Canyon, en Arizona, se sont aussi retrouvés dans la lentille de David Saint-Jacques.

Bien sûr, des écoliers ont pu défiler devant le micro afin de poser des questions à l’astronaute. Bon nombre d’entre eux ont d’ailleurs levé la main lorsqu’on leur a demandé qui souhaitait devenir astronaute ou encore ingénieur aérospatial.

« C’est un endroit incroyable pour prendre des photos. C’est mon moment favori de la journée, lorsque j’ouvre les volets le matin et que j’ai la première vue sur notre planète. Et quand je les ferme le soir, je lui dis au revoir », a d’emblée lancé à la foule M. Saint-Jacques, qui n’a pas caché que l’un des endroits qu’il aime le plus observer depuis l’espace est le Québec, sa province natale.

Une élève lui a demandé ce qui le surprenait le plus lorsqu’il observe la Terre au quotidien.

« Ce qui me surprend le plus, c’est à quel point la majorité de la Terre n’est pas vraiment habitable pour les êtres humains. On croit que la Terre est très grosse, mais la plupart de la Terre, c’est des océans, et la partie qui n’est pas submergée, ce sont surtout des déserts ou des montagnes. Alors les endroits où les humains peuvent vivre, c’est vraiment une petite fraction de la planète. On peut voir la petite couche de l’atmosphère dans laquelle nous survivons dans le vide de l’espace, et ça me frappe à chaque fois à quel point la bulle dans laquelle les êtres humains vivent est minuscule et fragile. Nous devons en prendre bien soin », a répondu l’astronaute.

Est-ce qu’on voit la Grande Muraille de Chine ? Est-ce qu’on peut voir les frontières depuis l’espace ? Est-ce qu’on peut voir les lumières des grandes villes ? Est-ce qu’on peut deviner la météo en regardant la Terre ? Est-ce qu’on peut voir l’impact des changements climatiques, comme le smog ? Voilà une poignée d’autres interrogations qu’avaient les écoliers d’Ottawa.