Pour assurer la vigie de son parc aquatique et particulièrement de ses deux piscines à vagues, le Zoo de Granby emploie des sauveteurs ayant le brevet Sauveteur national.

Sauveteurs en demande

Le plein-emploi fait des vagues jusque dans les plans d’eau de la région. Certains campings peinent à recruter des sauveteurs pour assurer la surveillance des piscines et des lacs où se rafraîchissent quotidiennement des centaines de baigneurs.

« C’est la même chose chaque année : on en a toujours besoin. C’est quand même difficile de trouver des sauveteurs, surtout qu’on aime toujours en avoir un de plus au cas où », affirme Micheline Lavigne, sondée par La Voix de l’Est du côté du Camping Mon Repos, à Ange-Gardien.

Même son de cloche au Camping Domaine du Rêve de Sainte-Angèle-de-Monnoir. « On a eu de la misère. Au début, j’avais trois sauveteurs en moins, mais je suis venu à bout de m’en sortir », explique le propriétaire Yves Gingras, qui a finalement comblé ses besoins.

Au Camping Vacances Bromont, le recrutement est aussi ardu. « On se débrouille, mais ça nous prendrait d’autres [sauveteurs] », souligne le propriétaire Jacques Lussier.

Celui-ci dit faire preuve d’ingéniosité pour combler ses postes, notamment en payant de la publicité et en accueillant des familles de campeurs saisonniers dont un enfant est qualifié pour être sauveteur.

Au camping L’Estrival, le recrutement des sauveteurs s’effectue par le biais d’une entreprise indépendante. On n’a donc pas constaté de pénurie de main-d’œuvre à ce niveau.

Autant de sauveteurs formés
Le coût jugé élevé de la formation pour devenir sauveteur ainsi que le moment dans l’année où elle est dispensée pourrait expliquer en partie cette pénurie, croient certaines personnes interrogées. « Il me semble que ce serait mieux si elle était mieux planifiée, durant l’hiver ou plus tôt au printemps », estime M. Gingras.

Certains campings peinent à recruter des sauveteurs pour assurer la surveillance des piscines et des lacs où se rafraîchissent­ quotidiennement des centaines de baigneurs.

Or, si plusieurs entreprises affirment avoir du mal à renouveler leur bassin de sauveteurs, le nombre de personnes formées et qualifiées pour intervenir n’a pas réellement diminué, allègue-t-on à la Société de sauvetage du Québec.

« Il y a des employeurs qui nous ont contactés, car ils ont de la difficulté à recruter, admet son directeur général, Raynald Hawkins. De notre côté, quand on regarde le nombre de personnes qui suivent la formation de sauveteur, on ne voit pas de diminution importante. »

Les attractions touristiques aquatiques d’envergure, tels le Zoo de Granby et Bromont, montagne d’expériences, attirent une grande partie des sauveteurs disponibles sur le territoire, ce qui explique en partie la difficulté des gestionnaires de camping à trouver des candidats, souligne M. Hawkins.

Ce constat semble se confirmer au Zoo de Granby, où on indique que les dizaines d’emplois de sauveteurs ont rapidement été tous comblés, et ce, sans trop de difficulté. « Même que plusieurs personnes reçues en entrevue n’ont pas été embauchées », affirme Samuel Grenier, directeur des services clients.

Pour assurer la vigie de son parc aquatique et particulièrement de ses deux piscines à vagues, le jardin zoologique n’emploie que des sauveteurs ayant le brevet Sauveteur national.

Entre temps, ceux qui ont complété une formation de niveau Croix de bronze sont plutôt embauchés dans d’autres services de l’établissement, par exemple la restauration ou l’accueil. Une fois l’obtention de leur brevet Sauveteur national, ils sont intégrés dans l’équipe de sauveteurs du zoo, indique M. Grenier. C’est ainsi que, sur les quelque 70 sauveteurs à l’emploi du Zoo de Granby cette année, on compte à peine une quinzaine de recrues, dont une dizaine qui y travaillait déjà dans un autre secteur. « Ce faisant, chaque année, on a de nouveaux sauveteurs qui connaissent déjà le milieu de travail depuis au moins un an », note-t-il.

L’industrie du travail saisonnier bouleversée
La pénurie de main-d’œuvre que l’on connaît actuellement bouleverse d’ailleurs toute l’industrie du travail saisonnier, croit M. Hawkins. « Ça touche aussi les restaurateurs, les camps d’été et les entreprises agricoles, illustre-t-il. Ça entraîne des réorganisations d’horaire pour s’adapter aux travailleurs. »

La multitude et la variété d’emplois disponibles pourraient expliquer partiellement pourquoi les jeunes boudent les chaises de sauveteur. « La réalité qu’on constate, c’est que les jeunes, particulièrement les étudiants, sont généralement prêts à travailler à la mi-mai ou à la mi-juin. S’ils se font offrir un emploi avec un meilleur salaire et qui leur permettrait de travailler plus longtemps durant la période estivale, sans que la météo n’ait d’incidence sur leur horaire, ils pourraient très bien se tourner vers cette option », note M. Hawkins.

Les employeurs consultés ont aussi l’impression que certains jeunes ne souhaitent plus travailler à temps plein ou durant les soirs et les fins de semaine, ce qu’impose le boulot de sauveteur, mais n’ont pas souhaité généraliser ce constat.