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La Société d’histoire de la Haute-Yamaska, dont Cécilia Capocchi est la directrice générale, conserve précieusement une maquette de la murale du saint Patrick, réalisée sur un support papier par Alfred Pellan un ou deux ans avant la réalisation de l’oeuvre au 142 rue Dufferin.
La Société d’histoire de la Haute-Yamaska, dont Cécilia Capocchi est la directrice générale, conserve précieusement une maquette de la murale du saint Patrick, réalisée sur un support papier par Alfred Pellan un ou deux ans avant la réalisation de l’oeuvre au 142 rue Dufferin.

Sauvegarde de la murale de Pellan : «Le meilleur scénario qu’on pouvait espérer»

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
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Les intervenants mobilisés pour la sauvegarde de la murale de Pellan à Granby ont accueilli avec soulagement la décision surprise des élus municipaux de conserver l’oeuvre sur le territoire.

«C’est le meilleur scénario qu’on pouvait espérer. Non seulement la mosaïque est sauvée, mais elle reste à Granby», s’est réjouie mardi la directrice générale de la Société d’histoire de la Haute-Yamaska, Cecilia Capocchi.

Après avoir étudié différentes options qui visaient la vente de l’oeuvre grand format, les élus ont décidé lundi soir, à l’occasion d’une séance extraordinaire du conseil, de veiller plutôt à son retrait et à son remisage. Un prochain conseil municipal verra à la faire restaurer et à lui trouver un nouvel emplacement, s’il le souhaite, a fait valoir le maire Pascal Bonin.

La confirmation lundi d’une subvention de 50 000 $ du ministère de la Culture et des Communications a incité les élus à prendre cette décision. Cela permettra d’assumer une part importante des coûts liés à la désinstallation et au remisage de la murale. La Ville a, de son côté, prévu un budget d’environ 20 000 $ pour l’opération. Un mandat a été confié au Centre de conservation du Québec (CCQ).

Il était minuit moins une, car l’immeuble où se trouve le saint Patrick de l’artiste canadien depuis 1958 sera démoli dans quelques semaines pour permettre la construction des nouveaux locaux de la MRC de la Haute-Yamaska. À l’origine, l’endroit accueillait une école primaire pour la communauté catholique irlandaise.

Les élus avaient pris la décision de vendre l’oeuvre aux enchères, car estimée à 160 000$, ils jugeaient la facture trop élevée pour la retirer de son emplacement, la restaurer et la remiser.

Le dénouement de cette saga qui a fait le tour du Québec au cours des dernières semaines fait d’ailleurs croire à l’historien, Richard Racine (à gauche sur la photo), que le comité de citoyens «Ma ville, mon patrimoine», dont il est membre, «avait raison de persévérer».

Persévérer

Le dénouement de cette saga qui a fait le tour du Québec au cours des dernières semaines fait d’ailleurs croire à l’historien, Richard Racine, que le comité de citoyens «Ma ville, mon patrimoine», dont il est membre, «avait raison de persévérer».

Si l’oeuvre avait été vendue comme initialement souhaitée par la Ville, M. Racine craignait que cela crée un précédent. «Est-ce qu’à l’avenir le conseil municipal se serait senti autorisé à vendre le patrimoine de Granby», relève-t-il.

Restera maintenant à voir où l’oeuvre pourrait un jour reprendre vie. Une expertise réalisée par le CCQ a statué qu’elle devra être réinstallée à l’intérieur pour assurer sa pérennité. «Éventuellement, quand le processus de réflexion sera prêt à être enclenché, on aimerait y participer. On veut collaborer avec les autorités pour lui trouver une place adéquate. On a quelques petites idées», souligne Richard Racine.

142 rue dufferin

Cecilia Capocchi continue pour sa part à croire que le meilleur endroit pour l’oeuvre serait à son emplacement initial, soit au 142 Dufferin. «Cela rappellerait le lieu de sa création», dit-elle.

L’inclusion de l’oeuvre dans le projet de construction de la MRC de la Haute-Yamaska, où la société d’histoire doit aussi avoir des locaux, était d’ailleurs une des conditions initiales de la Ville de Granby. Mais elle a été retirée.

«Peut-être que la MRC va voir la mosaïque différemment après ce débat qui a fait comprendre sa valeur. Quand on connaît plus la valeur de quelque chose, on l’apprécie plus», avance la directrice générale de la société d’histoire.

Cette dernière se réjouit en outre de la mobilisation citoyenne qui s’est organisée autour de la sauvegarde de la murale. «C’est encourageant pour les gens comme nous qui travaillent dans le patrimoine. On voit que notre mission est importante et a son sens», dit Mme Capocchi.

Le maire de Granby a reconnu, avec humilité, lundi soir avoir «mal jaugé» l’oeuvre et ce qu’elle représente pour les citoyens.