Certains enjeux observés dans Rouville, comme le manque de logements abordables et de transport en commun, le manque de ressources en répit et la distance avec le centre de crise, situé à Saint-Jean-sur-Richelieu, peuvent avoir une influence négative sur la santé mentale de ses citoyens.
Certains enjeux observés dans Rouville, comme le manque de logements abordables et de transport en commun, le manque de ressources en répit et la distance avec le centre de crise, situé à Saint-Jean-sur-Richelieu, peuvent avoir une influence négative sur la santé mentale de ses citoyens.

Santé mentale: un point de service souhaité dans Rouville

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
La branche du Haut-Richelieu de Santé Mentale Québec souhaite mieux desservir le secteur Rouville, qui tombe sous sa juridiction. Pour ce faire, l’organisme a entrepris des démarches il y a quelques mois pour que la communauté appuie son projet d’ouvrir un point de service sur le territoire du CLSC de Richelieu d’ici trois ans.

Il s’agit là d’un objectif inscrit dans le plan quinquennal 2018-2023 de l’organisme communautaire voué à la promotion de la santé mentale, qui gère notamment un centre de jour, un service d’entraide, un service de transport et un service d’insertion socioprofessionnelle.

« L’instauration d’un centre de jour permettra une approche structurante, pour améliorer la qualité de vie des personnes par la participation à des activités d’aide et d’entraide dans la région éloignée du secteur de Rouville. Qu’elles soient manuelles, artisanales et/ou qu’elles favorisent la croissance personnelle, les activités servent de levier thérapeutique et permettent à la personne de faire face à ses difficultés », peut-on lire dans le rapport annuel 2018-2019 de l’organisme.

Ce dernier a été approché par d’autres organismes communautaires de Rouville, car il n’y a pas d’autre service en santé mentale pour adultes sur le territoire, précise la directrice générale Diane St-Germain. « Pourtant, les besoins sont là et ils sont grands », dit-elle.

La distance, principal obstacle

Un rapport des démarches entreprises par SMQ, produit par une consultante engagée par l’organisme et dont La Voix de l’Est a obtenu copie, a été déposé à la direction et au conseil d’administration de l’organisme à la mi-janvier.

On y apprend que le manque de travailleurs de rue dans Rouville rend difficile l’accompagnement sur le terrain de personnes aux prises avec un problème de santé mentale. De plus, le service de première ligne du CLSC de Richelieu se concentre surtout sur les personnes en dépression ou souffrant d’anxiété liée au travail. Enfin, la clientèle qui pourrait bénéficier des services de Santé Mentale Québec « n’est pas toujours consciente de ses problématiques en santé mentale », remarque-t-on.

D’ailleurs, certains enjeux observés dans Rouville, comme le manque de logements abordables et de transport en commun, le manque de ressources en répit et la distance avec le centre de crise, situé à Saint-Jean-sur-Richelieu, peuvent avoir une influence négative sur la santé mentale des citoyens, estime-t-on dans le rapport.

« La distance et l’offre actuelle de transport en commun, trop chère et irrégulière, sont des gros obstacles pour notre clientèle, parce que ce n’est pas évident de partir de Rouville pour venir à Saint-Jean-Sur-Richelieu », allègue Mme St-Germain.

L’implantation d’un point de service rouvillois de Santé Mentale Québec permettrait à l’organisme de tisser des liens avec de nouveaux partenaires susceptibles de lui référer des usagers. On songe également à la possibilité de mettre sur pied des ateliers en collaboration avec les Jardins de la Terre, à Saint-Paul-d’Abbotsford, de même que des ateliers d’information aux centres d’aide à l’emploi comme le CFARE et le SDEM-SEMO.

Enfin, le rapport recommande à Santé Mentale Québec Haut-Richelieu d’ajouter « Rouville » à son appellation pour être plus représentatif du territoire desservi.

Ouverture

L’automne dernier, des rencontres ont été organisées avec les maires de Richelieu et de Sainte-Angèle-de-Monnoir, de Marieville et de Chambly, entre autres, afin de faire part aux élus de ce projet. Les municipalités de Saint-Mathias-sur-Richelieu, Rougemont et Saint-Césaire n’ont pas été rencontrées, mais la députée d’Iberville, Claire Samson, a accueilli la représentante de Santé Mentale Québec, tout comme plusieurs autres organismes communautaires.

Lundi, Sainte-Angèle-de-Monnoir a été la première municipalité à donner son appui à l’initiative en votant une résolution en ce sens. « Je m’attends à ce que les autres municipalités de la MRC fassent la même chose », a fait savoir le maire Denis Paquin.

Celui-ci voit d’un bon œil le désir de l’organisme d’avoir pignon sur rue dans Rouville, où on retrouve des citoyens peu fortunés et vulnérables, qui n’ont pas nécessairement accès à un moyen de transport pour se rendre à Saint-Jean-sur-Richelieu. « Ça devient compliqué pour l’accès dans Rouville, reconnaît M. Paquin. Ils sont à la recherche d’un endroit pour augmenter leur présence ici, et nous leur avons démontré notre ouverture lors d’une rencontre à notre municipalité. »

D’ailleurs, Sainte-Angèle-de-Monnoir serait disposée à offrir gratuitement le centre communautaire Charles-D’Auteuil à l’occasion pour accueillir les représentants de l’organisme. « Notre nouvelle politique de soutien aux organismes à but non lucratif nous permet de prêter les locaux plutôt que de les louer. Souvent, les organismes communautaires tirent le diable par la queue, alors c’est notre contribution », souligne M. Paquin.

Richelieu a également offert à l’organisme de s’installer dans la salle du Club Optimiste, a fait savoir son maire, Jacques Ladouceur. « On a été rencontrés individuellement, les maires, mentionne celui qui est aussi préfet de la MRC de Rouville. On est sensibles à la cause. »

Le bureau de GrandiOse, au Centre d’action bénévole de Saint-Césaire, de même que plusieurs autres locaux situés à Marieville font partie des éventualités envisagées.

Santé Mentale Québec Haut-Richelieu n’écarte pas la possibilité de tenir des cliniques de jour itinérantes dans différents sites du territoire, à défaut d’avoir un seul local. « On ne s’est pas encore arrêtés sur la solution, souligne Mme St-Germain. On pourrait augmenter notre présence dans Rouville avant 2023 par le biais d’un projet pilote dans une ou plusieurs localités. »