Bon an, mal an, les policiers de Granby répondent à plus de 350 appels par année, soit presque quotidiennement, en lien avec des personnes dont l’état mental est perturbé.

Santé mentale: plus de 350 interventions par année

Détresse psychologique. Personne en crise. Individu suicidaire. Bon an, mal an, les policiers de Granby répondent à plus de 350 appels par année, soit presque quotidiennement, en lien avec des personnes dont l’état mental est perturbé. Une formation sera bientôt dispensée à l’ensemble du personnel policier afin de l’outiller dans ses interventions.

« On a beaucoup d’interventions. C’est une grande préoccupation et une priorité pour l’organisation », affirme Bruno Grondin, directeur du Service de police de Granby.

Les policiers sont intervenus à 381 occasions à ce jour en 2018, ce qui représente une hausse de près de 9 % par rapport à 2017. Parmi ces appels, ils ont porté assistance à 293 personnes dont l’état mental était perturbé. Leur présence a également été requise à la suite de sept suicides et lors de 81 tentatives de suicide.

Quelque 350 interventions ont été réalisées par les agents en 2017, dont 274 pour des personnes ayant un état mental perturbé, 71 tentatives de suicide et cinq suicides.

Le policier est souvent l’un des premiers intervenants, avec les paramédics, appelés à porter assistance à ces individus. L’agent doit d’abord évaluer s’il y a un danger pour la personne auprès de qui il intervient. Il doit aussi établir si elle a commis un crime. « Parce que même si la personne a un problème de santé mentale, si elle a commis un crime, on doit l’arrêter et la faire comparaître. Ensuite, c’est le juge qui va décider si cette personne doit aller dans un centre de santé », explique M. Grondin.

Quand aucun crime n’a été perpétré, les policiers vont tenter de convaincre la personne d’obtenir les soins appropriés à son état au centre hospitalier. « Si la personne ne veut pas, oui, on peut utiliser la force et l’obliger à monter dans l’ambulance parce qu’on juge qu’il peut y avoir un risque pour sa vie ou pour les autres personnes qui sont avec elle », poursuit le directeur.

Nouvelle formation

Les nombreuses interventions réalisées au cours des dernières années ont incité le service de police à mieux outiller ses agents. Les formateurs ont suivi le cours « désescalade — état mental perturbé » dispensé par l’École nationale de police.

Les policiers seront à leur tour formés en matière d’intervention en santé mentale en 2019. « On va mettre en place des formations pour nos policiers à l’interne au niveau de l’intervention. Ça va leur permettre de mieux intervenir, de mieux détecter les gens qui ont un problème de santé mentale. C’est une formation théorique en ligne. Et en février, on devrait donner la formation pratique », explique M. Grondin.

Une nouvelle politique en matière d’intervention en santé mentale sera également mise en place, en collaboration avec le CIUSSS de l’Estrie.

Une vidéo dans laquelle on démystifie les maladies mentales et la bonne façon d’intervenir a été produite il y a quelques années. Elle a été présentée à tout le personnel policier en poste à Granby.

Les armes à impulsion électrique, acquises en 2017 par le Service de police de Granby, sont notamment utilisées lors d’interventions auprès de personnes en crise ou suicidaire. Les policiers seront également formés dès 2019 pour être mieux préparés à intervenir auprès de ces personnes.

Pistolet taser

La prochaine formation sera complémentaire à l’acquisition d’armes à impulsion électrique, réalisée en 2017. Le pistolet taser est utilisé notamment en présence de personnes en crise qui résistent à leur arrestation et représentent un danger pour leur sécurité, celle du policier ou des autres personnes présentes.

« C’est l’une des raisons pourquoi on a fait l’achat des armes à impulsion électrique. Le but est d’intervenir selon les règles, mais on voulait aussi protéger les gens », explique le directeur Grondin.

Lors de la formation dispensée aux agents qui auront à utiliser l’arme à impulsion électrique, les agents sont mis à l’épreuve lors de scénarios où ils doivent intervenir auprès de personnes en crise ou dont l’état mental est perturbé.