Frédéric Chouinard, chargé du Plan directeur de l’eau de l’OBVBM, s’assure de la prise des échantillons dans les cours d’eau du bassin versant de la baie Missisquoi.
Frédéric Chouinard, chargé du Plan directeur de l’eau de l’OBVBM, s’assure de la prise des échantillons dans les cours d’eau du bassin versant de la baie Missisquoi.

Santé des rivières : un bilan en demi-teinte dans Brome-Missisquoi

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
La santé de la rivière Sutton n’a jamais été aussi bonne depuis 20 ans, révèlent différents prélèvements effectués de 2017 à 2019 par l’organisme de bassin versant de la baie Missisquoi (OBVBM).

En revanche, l’état de la portion québécoise de la rivière Missisquoi s’est détérioré, bien qu’elle demeure d’une qualité satisfaisante. L’eau de la rivière de la Roche, qui traverse notre territoire, s'est aussi fortement dégradée.

La différence entre les montagnes de l’est de la région et les plaines à l’ouest est particulièrement marquée, explique en entrevue le président de l'organisme, Pierre Leduc.

«C’est beaucoup une question de pourcentage de territoire boisé, souligne-t-il. Les problématiques ne sont pas les mêmes. En milieu montagneux, les pentes sont fortes, alors il faut faire particulièrement attention à l’érosion. Si on fait des aménagements, ils doivent ralentir l'écoulement de l'eau pour qu'elle s'infiltre dans le sol. Sinon, ça crée des torrents.»

À l’ouest du bassin versant, où le relief est typique de la Montérégie, les préoccupations ne sont pas les mêmes alors qu’il y a une grande activité agricole. L’érosion est importante et amène son lot de fertilisants dans les fossés, les ruisseaux et les rivières. C’est d’ailleurs dans ce secteur que les indices de qualité sont les plus faibles avec des dépassements importants de phosphore, de nitrates-nitrites et de coliformes fécaux provenant de la fertilisation, des lisiers et du fumier.

Les bandes riveraines ne sont qu’un élément pour diminuer ces intrus dans l’eau. « Il y a des agriculteurs qui décident, avec le soutien du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, de faire des cultures de couverture à l’automne pour éviter que les sols soient à nu, mentionne Pierre Leduc. Un sol à nu est plus sensible à l’érosion, surtout lors de la fonte des neiges et de grosses pluies. »

Encore du travail

La rivière de la Roche pose problème. Lorsqu’elle entre au Québec par le Vermont, elle affiche un indice de 6, soit la qualité la plus basse de tous les cours d’eau testés. Son pire résultat en 20 ans.

Lorsque la rivière retourne au Vermont après son passage au Québec, la qualité de son eau est toutefois améliorée.

La rivière de la Roche représente 5% de l'apport en eau dans la baie Missisquoi, mais elle est responsable de 12 % de la présence phosphore dans celle-ci. « C’est un endroit qui attire de plus en plus l’attention. »

M. Leduc assure que l’État du Vermont est à la recherche de solutions et que des actions ont déjà été prises. Par contre, il faudra des années pour mesurer l’efficacité de ces actions.