Santé de la planète: l’affaire de tous

Plusieurs comités verts, composés de citoyens et d’élus, ont été créés dans des municipalités de la région, preuve que la santé de notre planète repose sur les épaules de nombreux acteurs.

Pour 2020, le comité vert de Dunham souhaite procéder à la végétalisation du village et proposer une subvention pour les couches lavables et les produits d’hygiène réutilisables, donne en exemple l’une des membres du comité, Marie-Maude Dunn. « On a beaucoup d’aspirations, mais il faut aussi aller au rythme du village ; on travaille tous ensemble dans la même direction », dit-elle.

Bien que le maire de Dunham se dise ouvert à de nouvelles idées et qu’il souhaite en faire encore plus en 2020, il désire avant tout que les propositions actuelles soient « appliquées à 100 % ».

« Les nouvelles habitudes prennent du temps avant d’être intégrées complètement. On aime mieux y aller tranquillement, mais sûrement », souligne-t-il.

À Cowansville, le comité vert ne chôme pas non plus. Pour 2020, il souhaite instaurer de nouveaux jardins collectifs et améliorer le transport collectif. Des documentaires portant sur le zéro déchet seront aussi présentés jusqu’en mai 2020 au Cinéma Princess, dans l’optique de sensibiliser la population aux changements climatiques.

Le comité travaille par ailleurs à mettre sur pied le « troc sac » : des sacs réutilisables seront disposés dans différents commerces comme à l’épicerie ou à la bibliothèque. Les gens qui auront oublié leurs sacs pour faire leurs emplettes pourront en emprunter un et le remettre à leur retour lors de leur prochaine visite.

À Sutton, les citoyens sont particulièrement impliqués. Selon le maire Michel Lafrance, nombreux sont ceux à être venus s’y installer à cause de la beauté de l’environnement, ce qui explique leur désir de le protéger.

« On ne va pas assez vite pour eux, reconnaît-il. Ça nous met une pression pour être toujours proactifs. »

Dans ce village montagneux, le souci de l’environnement s’exprime tôt. « Cet été, des élèves de l’école primaire de Sutton sont venus déposer une pétition à la mairie pour nous demander d’en faire plus, raconte le maire. Je les ai invités à s’exprimer devant le conseil municipal, car je trouvais ça assez exceptionnel. »

Toutefois, selon lui, les Suttonnais de toutes les générations se mobilisent pour une planète plus verte.

À Waterloo, un comité environnement, composé de conseillers municipaux et de citoyens, est en place depuis environ un an.

Le maire de Frelighsburg invite quant à lui chacun à mettre l’épaule à la roue. « Il est minuit moins une, et tout le monde doit faire sa part si on veut améliorer le climat », insiste-t-il.

Louis Villeneuve, maire de Bromont, abonde dans le même sens. « Une ville est constituée de citoyens et chacun de nous peut faire sa part, dit-il. On ne peut pas juste pelleter ça dans la cour de la Ville. Les gouvernements doivent aussi en faire plus. »

Alternatives à l’enfouissement

Les citoyens ont été mis à contribution, cette année, avec l’élargissement de la collecte des matières organiques. « La mise en place en Haute-Yamaska a été un grand coup », explique la conseillère municipale de Granby en matière d’environnement, Catherine Baudin, alors que la Ville de Granby a assisté la MRC dans cette réalisation.

La conseillère souligne par ailleurs que 100 % des boues récupérées à l’usine d’épuration sont valorisées sur les terres agricoles avoisinantes.

D’autres mesures permettent aussi de trouver des alternatives à l’enfouissement des déchets.

Afin d’éviter le gaspillage alimentaire, une vingtaine de jardins communautaires sont disséminés un peu partout dans la ville de Cowansville, dont un au parc Centre-ville.

Plusieurs commerces encouragent aussi les visiteurs à apporter leur propre contenant, alors que d’autres procèdent avec des contenants consignés tels que L’Archipel ou La Mie Bretonne.

Au début du mois d’octobre, la Ville a emboîté le pas de la MRC Brome-Missisquoi en ce qui a trait au compost. « De plus en plus, les gens font leur part. Ça permet de diminuer les coûts d’enfouissement de 20 à 25 % », rappelle Sylvie Beauregard, mairesse de Cowansville.

L’événement la Clef des champs, à Dunham, en juin dernier, a été plus écologique.

« Il n’y a pas de verres jetables et les assiettes compostables permettent d’enfouir de moins en moins », indique le maire de Dunham, dont la Ville est propriétaire à 25 % de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi.

 Catherine Baudin, conseillère municipale et responsable des dossiers environnementaux à la Ville de Granby

DES ÉLUS MIEUX OUTILLÉS

Les élus granbyens sont de plus en plus outillés pour s’adapter aux changements climatiques.

En 2019, la Ville de Granby a adhéré au programme Partenaires dans la protection du climat de la Fédération canadienne des municipalités, relativement au contrôle des sources d’émissions de gaz à effet de serre (GES).

« On est au début, concède Catherine Baudin, conseillère municipale de la Ville de Granby responsable de l’environnement. Ils nous offrent des outils pour apprendre à réduire les GES et à lutter contre les changements climatiques. »

Fin octobre, des responsables de la Ville de Granby ont aussi suivi une formation dispensée par l’Union des municipalités du Québec sur l’adaptation aux changements climatiques.

« On fait également de la surveillance au niveau des forums de discussion, indique Mme Baudin. On se tient informés sur l’impact de ces changements sur l’environnement et les infrastructures municipales. »