La directrice des opérations de Sani-Éco, Julie Gagné, et le président de Machinex, Pierre Paré, ont procédé à l’inauguration des nouvelles installations du centre de tri de Granby.

Sani-Éco fait figure de pionnière

Sani-Éco a investi 5,5 millions $ au cours des derniers mois pour moderniser son centre de tri. Ce faisant, il s’agit du premier endroit au Canada à intégrer deux robots trieurs, développés par l’entreprise Machinex de Plessisville.

« Le plus gros défi a été de démanteler les trois quarts du centre de tri et de reconstruire. Et on a continué à recevoir de la matière pendant tout ça », a fait valoir mardi la directrice des opérations, Julie Gagné, en marge de l’inauguration des nouvelles installations de la rue Édouard, à Granby.

Pour y arriver, les activités du centre de tri ont été arrêtées durant six semaines l’automne dernier. Les nouveaux équipements sont en fonction depuis le 1er janvier et l’équipe de Sani-Éco commence à reprendre le dessus sur le travail accumulé, souligne-t-elle.

Chose certaine, les travaux réalisés attirent l’attention. Le fabricant Machinex, qui était aussi à l’origine des équipements précédents, a fait du centre de tri de Sani-Éco une « vitrine technologique » pour les nouveaux robots trieurs « SamurAi » qu’il a développés. 

Même l’émission Découverte s’y est intéressée le mois dernier et en a fait mention dans un reportage. 

« Ce sont les premiers au Canada et c’est la tendance de l’avenir », affirme le président de Machinex, Pierre Paré. 

Selon lui, ces robots visent notamment à répondre aux difficultés de recrutement dans les centres de tri. « Plus on va aller vers l’automatisation, plus on va se donner des chances », dit-il.


Deux nouveaux robots trieurs sont à l’oeuvre chez Sani-Éco.

Équipements 

Selon Julie Gagné, les robots trieurs sont dotés d’une intelligence artificielle qui leur permet de retirer des lignes de tri certaines matières plastiques ciblées ainsi que les cartons multicouches (contenants de jus et de lait). Cela permet d’alléger et de faciliter le travail des trieurs, note la directrice des opérations. 

Les travaux de modernisation du centre de tri ne se résument toutefois pas qu’à l’installation des robots « SamurAi ». S’ils représentent en quelque sorte la « cerise sur le sundae », selon Pierre Paré de Machinex, c’est un tout nouveau système qui a été implanté. Celui-ci a été développé, a-t-il expliqué, en fonction de la tendance du marché, qui a vu une importante diminution des journaux et une croissance des contenants et des petites boîtes de carton en raison de la popularité grandissante des achats en ligne. 

Parmi les nouveaux équipements d’automatisation : un séparateur balistique, trois lecteurs optiques, un séparateur à carton et deux cribles qui retirent les particules fines dès le début du processus pour éviter la contamination des fibres (papiers et cartons), ainsi qu’une presse pour la mise en ballots des matières. 

Ces travaux de modernisation ne se sont pas traduits par des mises à pied, assure Julie Gagné. Une trentaine de personnes continuent à oeuvrer dans l’entreprise familiale. Mais la capacité de tonnage du centre de tri a doublé, alors qu’elle a bondi de 10 à 20 tonnes à l’heure. 

Améliorations

Selon la directrice des opérations, les travaux de modernisation étaient incontournables afin d’être en mesure d’améliorer la qualité des fibres produites. « Plus ça va, plus les papetières sont exigeantes avec la matière première, surtout le papier journal », note-t-elle.

La Chine, où quantité de matières récupérées sont acheminées, a pour sa part rehaussé ses critères de qualité. « Si on arrive au niveau de qualité qu’ils recherchent, les portes sont ouvertes », dit Julie Gagné. 

Après une étape préliminaire de triage pour retirer les matières métalliques et les gros objets, le nouveau système de Sani-Éco a ainsi été développé pour séparer de façon efficace les papiers et cartons du verre, des plastiques et des métaux, qui circulent sur une série de convoyeurs. 

Pour s’assurer d’optimiser les opérations, les citoyens doivent toujours déposer leurs matières recyclables en vrac dans leur bac bleu, rappelle Mme Gagné. « Il y a encore beaucoup d’éducation à faire sur ce point », dit-elle. Bref, les Publisacs doivent être vidés, les boîtes aussi. 

Depuis la mise en service des nouveaux équipements, une série d’améliorations a été notée, selon la directrice des opérations. Le papier journal de catégorie 6, notamment, est trié avec une qualité supérieure. L’aluminium, le métal et les cartons de lait récupérés sont en augmentation. Un meilleur tri du plastique PET (polyéthylène téréphtalate), qui entre dans la composition de plusieurs bouteilles, est aussi observé.

L’exemple de Sani-Éco, qui reçoit la collecte sélective d’une trentaine de municipalités, continuera par ailleurs de servir. Machinex y recevra au cours des prochains jours, voire des semaines, des clients potentiels de Toronto et de l’Europe, dit le président Pierre Paré.