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Samuel Roger se sent comme un poisson dans l’eau au Zoo de Granby. « Ici, j’ai la possibilité d’exercer le métier que j’aime sans la routine. »
Samuel Roger se sent comme un poisson dans l’eau au Zoo de Granby. « Ici, j’ai la possibilité d’exercer le métier que j’aime sans la routine. »

Samuel Roger, un menuisier au service des animaux

Olivier Pierson
Olivier Pierson
La Voix de l'Est
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Vous ne le verrez sans doute jamais en arpentant les allées du Zoo de Granby, mais son travail est précieux. Depuis huit ans, Samuel Roger met son savoir-faire au service des animaux. Ce charpentier-menuisier de formation fait partie des gens de l’ombre, comme il est coutume de dire. À l’abri des regards, il fait scintiller sa passion en aménageant des habitats de toutes sortes, ravi de pouvoir apporter sa petite pierre au bien-être des bêtes.

Le natif de Granby ne pensait pas travailler un jour dans la grande ménagerie de l’attraction locale. Et puis un jour, après avoir longtemps œuvré dans le domaine de la construction, l’impensable s’est produit. « À l’époque, je travaillais pour une petite compagnie qui sous-traitait pour le Zoo de Granby. J’y étais intervenu à quelques reprises pour des travaux. J’avais bien aimé l’ambiance », raconte cet homme volubile de 35 ans qui a sa ville dans le sang. Quand une place s’est libérée, il a sauté sur l’occasion. Les plus anciens lui ont transmis leurs connaissances. Sa soif d’apprendre et sa curiosité ont fait le reste.

Un remède contre la routine

Il se souvient encore de sa toute première réalisation pour le Zoo : le pont des pandas. « Il n’a pas bougé depuis. C’est l’fun de voir que ce que tu crées est là pour durer. »

En devenant menuisier pour le Zoo, Samuel Roger a découvert un monde où son côté créatif pouvait s’exprimer davantage et de bien des façons. « J’ai appris au fur et à mesure à gérer toutes sortes de choses pas nécessairement en lien avec mon métier à la base. »

L’aménagement récent d’un nouvel habitat pour les mandrills a nécessité un mois de travail environ. Il a notamment permis d’augmenter la luminosité dans cet espace intérieur avec l’ajout de quatre puits de lumière.

La diversité des tâches qu’il a à accomplir sur ce site incontournable du Québec le comble, c’est certain. « Aucun jour ne se ressemble. Je touche à tout. Les demandes peuvent venir de n’importe quel département », glisse-t-il avec des étoiles dans les yeux. Un jour, il se penche sur la réalisation d’un masque africain destiné à un décor, et le lendemain, il intervient dans l’urgence pour réparer un bris d’équipement, ou apporte sa touche dans la conception d’une structure destinée aux visiteurs du parc animalier. Des exemples comme ça, Samuel en a plein les bras. « Ça me permet d’exercer le métier que j’aime, mais sans la routine », confie ce père de deux filles.

Un métier valorisant

Et puis il y a les animaux. « Mes premiers clients », sourit-il en évoquant ceux qu’il côtoie tous les jours. Quand il met son savoir-faire à leur service, un sentiment de plénitude l’envahit. « Je trouve très valorisant de pouvoir améliorer leur qualité de vie, même s’ils ne sont pas en liberté. Quelque part, c’est notre façon à nous de leur rendre hommage. » 

Il dit « nous », car il n’est pas seul à leur bricoler une maison. Samuel fait partie des cinq menuisiers qui appartiennent à l’équipe construction et entretien du Zoo. Ils forment une petite escouade soudée qui travaille de concert avec les techniciens en soins animaliers. Samuel attribue d’ailleurs à ces derniers une partie de son enrichissement personnel. « C’est au contact des gardiens que j’ai appris à mieux cerner les besoins de chaque animal. Leurs avis et leurs connaissances sont très importants lorsque je dois travailler sur un nouvel aménagement. »

Des mandrills plus à l’aise

Au chapitre de ses récentes contributions, il faut citer le nouvel habitat des mandrills. Près de mille pieds carrés où une grappe de primates bondit avec vélocité. « Ça nous a pris environ un mois de travail, avec la collaboration de plusieurs équipes », détaille le menuisier. Rien n’a été laissé au hasard, de la fresque sur les murs représentant une forêt jusqu’au choix des essences de bois. En l’occurrence du pommier, de l’érable et du frêne. « On a choisi du bois suffisamment solide et non toxique pour les animaux », précise-t-il. Le jour se montre aussi plus généreux dans cet espace intérieur, grâce à l’ajout de quatre puits de lumière.

Cette nouvelle réalisation fait la fierté de Samuel Roger, qui ne se lasse pas de la réaction des animaux quand ils découvrent et apprivoisent leur nouvel environnement. Cette satisfaction ressentie le conforte dans sa décision d’avoir un jour délaissé l’univers de la construction pour celui du Zoo. « Il y a plus d’avantages que d’inconvénients par rapport à mon ancienne vie, analyse-t-il. Je me sens à l’aise, j’adore mes collègues et j’ai un contact privilégié avec la faune. »

Cet article est le premier d’une série qui sera publiée ce printemps. Cette dernière vise à mettre en lumière des métiers pratiqués dans l’ombre au Zoo de Granby, cette fourmilière grouillante d’activités, autant en avant qu’en arrière-scène.