Un nouveau contrat de travail d’une durée de cinq ans a été ratifié à l’entreprise Ballin à Saint-Césaire, spécialisée dans la confection de pantalons haut de gamme pour hommes.

Salaires en hausse chez Ballin pour contrer la pénurie de main-d'oeuvre

Un nouveau contrat de travail d’une durée de cinq ans a été ratifié chez Ballin, à Saint-Césaire. Au cœur de la nouvelle entente: des hausses salariales notables qui visent notamment à rendre l’entreprise plus attrayante en cette période de pénurie de main-d’œuvre.

« Ça a augmenté dans toutes les catégories. Juste pour la première année, en salaire, on parle de 8 % d’augmentation. Il y en a qui en ont plus, d’autres qui en ont moins, mais tout le monde a une augmentation substantielle. Des augmentations sont aussi prévues pour les prochaines années. Elles vont suivre le coût de la vie. Mais c’est plus technique parce qu’il y a une partie taux et une partie augmentation », a fait valoir jeudi le directeur de l’usine, Daniel Langlois.

Selon la présidente du syndicat de l’usine, Isabelle Arseneault, les couturières de l’entreprise spécialisée dans la fabrication de pantalons haut de gamme pour hommes sont généralement payées « à la pièce ». « Les taux de base de chacune des opérations vont tous être augmentés quand même considérablement. Ça va jouer entre 1,50 $ et 3 $ de plus l’heure », dit-elle.

Question de réagir à la « pression » à la hausse sur le salaire minimum, le taux horaire à l’embauche a en outre été révisé à 14 $.

« Le salaire minimum dans la province est présentement de 12,50 $. Mais on s’est détaché de ça et on embauche maintenant à 14 $ l’heure. Et on garantit qu’après un an de travail, la personne va avoir 15 $ l’heure », souligne Daniel Langlois.

L’assurance groupe a aussi été bonifiée, notamment au niveau du plan dentaire et des examens de la vue.

Autre nouveauté: pour encourager l’assiduité au travail, des jours additionnels de vacances seront payés durant la période des Fêtes à ceux qui n’auront pas été absents plus d’un certain nombre de jours prédéterminés, relève le directeur d’usine qui compte quelque 110 employés.

« Il y a beaucoup de choses intéressantes. Beaucoup de détails se sont rajoutés en cours de route. On a essayé d’être le plus imaginatif possible pour bonifier les choses et travailler conjointement avec le syndicat pour améliorer la situation », dit Daniel Langlois.

Mode embauche

Le précédent contrat de travail est venu à échéance le 30 septembre dernier. Les négociations pour son renouvellement ont débuté avant les vacances estivales. Les rencontres se sont déroulées rondement, selon les deux parties intéressées.

Les syndiqués se sont prononcés à 62 % en faveur de la nouvelle entente le 9 octobre dernier. Un taux important d’absentéisme à l’assemblée générale, particulièrement des membres cumulant peu d’ancienneté, expliquerait en partie cet appui mitigé au nouveau contrat de travail, selon la présidente du syndicat.

« En général, le gain qu’on a obtenu est plus flagrant pour les gens qui travaillent à la pièce. Mais il y avait surtout des gens à l’heure à l’assemblée. Ça a passé serré. Mais peut-être que les gens ne réalisent pas complètement (les gains) », dit Isabelle Arseneault.

Selon le directeur de l’usine, les installations de Ballin tournent à plein régime depuis deux ans. Les carnets de commandes sont pleins. « On a un peu de difficulté à répondre à la demande. Si on avait une dizaine de personnes de plus, ça serait encore mieux. Mais on réussit à s’en sortir. On a aussi des projets d’amélioration en usine », dit Daniel Langlois en confirmant que l’entreprise est en mode embauche.

Les pantalons haut de gamme pour hommes confectionnés à Saint-Césaire sont vendus principalement au sud de la frontière.

« On produit ici et on envoie ça à notre entrepôt à Champlain (dans l’État de New York). On distribue après ça un peu partout aux États-Unis, où on a une équipe de ventes. Notre force, ce sont les pantalons, mais on est aussi importateur pour des vêtements plus populaires », souligne M. Langlois.