Les élus de Bromont ont entériné à l’unanimité, lundi, les hausses salariales prévues pour 2019.

Salaire des élus: Bromont boucle la boucle

Au terme d’une présentation détaillée des tenants et aboutissants concernant la rémunération des élus bromontois, lundi, le conseil a entériné à l’unanimité les hausses salariales prévues. Les citoyens ont également eu la chance de s’exprimer sur le sujet.

Comme bien des municipalités au Québec, Bromont a décidé de faire contrepoids à la décision d’Ottawa, liée à loi 122, de rendre imposables les allocations de dépenses des élus. Ceci a notamment eu pour effet d’enclencher une réévaluation salariale globale, tant en ce qui concerne les conseillers municipaux, que le maire, Louis Villeneuve. 

Ce dernier a par ailleurs soulevé lors de la présentation aux citoyens que les tâches des élus n’ont cessé de croître au cours de la récente décennie, sans toutefois que la rémunération suive la même tangente. « Le plus ironique là-dedans, c’est que, de tous les paliers de gouvernement, le municipal est le plus près de la population », a-t-il fait valoir.

Contrairement au salaire des conseillers municipaux, celui du maire n’a pas été « ajusté » depuis sept ans, car Pauline Quinlan avait refusé l’augmentation prévue en 2016. Bromont a donc fait appel à la firme Perrault Conseil inc. (PCI) pour avoir l’heure juste sur le « rattrapage » relatif au salaire du maire.

Écart

« Bien que Bromont fasse partie du caucus des municipalités de centralité de l’UMQ, la plupart de ces villes ne sont pas des comparables à la situation de Bromont »,
a évoqué l’entreprise dans son rapport. 

Un « groupe de comparaison » de neuf villes a donc été constitué selon six critères : proximité d’une grande ville, lieu de villégiature, niveau d’activité économique important, richesse foncière uniformisée (RFU) par habitant élevée, budget et population similaires. Les municipalités en question sont Baie-Saint-Paul, Bécancour, Lachute, Magog, Mont-Tremblant, Saint-Sauveur, Mont-Laurier, Sainte-Adèle et Sainte-Agathe-des-Monts.

Selon PCI, la rémunération des conseillers municipaux de Bromont figure au 75e percentile au sein du regroupement. Il en va autrement du côté du salaire du maire, qui est plutôt parmi les plus bas (25e échelon). La firme de consultants propose entre autres de hausser la paie du maire de 9 % pour « combler l’écart avec son marché » et « le positionner à la médiane ». De plus, « dans une perspective d’équité interne » avec les conseillers, PCI évoque une augmentation de 25 % de la rétribution du maire. 

En ce qui concerne l’ajustement pour contrebalancer l’imposition par Ottawa des allocations de dépenses, la firme prévoit une majoration supplémentaire de la somme annuelle versée au maire pouvant atteindre 4000 $. La Ville a également « évalué rigoureusement » les tâches liées à ce « poste stratégique » pour fixer le salaire du maire, a indiqué le directeur général, Éric Sévigny. 

La rémunération du maire passe ainsi de 52 188 $ à 83 979 $, tandis que celle des conseillers sera établie à 23 035 $, en hausse de 4357 $.
« Quand on voit ce que le maire investit en temps dans de nombreux comités, c’est énorme, a fait valoir le DG. Il y a aussi tout le volet communautaire et son implication à la MRC. Quand on prend toutes les données en considération, c’est loin d’être un salaire excessif. »

Verdict populaire

Le sujet de la hausse salariale des élus n’a pas fait de vague. En fait, un seul citoyen, Gilles Boulianne, s’est présenté au micro en marge de la séance d’information pour souligner son désaccord avec la nouvelle rémunération du maire. 

« Vous avez un mandat de quatre ans avec un salaire [d’environ]
50 000 $. Attendez que votre mandat soit fini avant de demander un autre salaire », a-t-il clamé. L’homme a également cité en exemple les salaires des maires de quelques municipalités ayant une population plus grande que celle de Bromont afin d’expliquer que, à ses yeux, l’augmentation de la rémunération de Louis Villeneuve est déraisonnable.  

À l’opposé, des citoyens ont appuyé sans détour la décision des élus. « Puisque la vitalité de notre ville est intimement liée à la qualité de nos élus, il m’apparaît rentable de bien les traiter. En les rémunérant de façon adéquate, on incitera de plus en plus de Bromontois compétents à vouloir nous représenter. [...] Notre ville est première de classe et nos élus méritent tout simplement d’être traités comme des premiers de classe », a indiqué Paul Bédard.

Marc Deslandes abonde dans le même sens. « J’appuie totalement le courage dont vous faites preuve en ce moment, a-t-il affirmé. Ce n’est pas évident de vouloir entrer dans le 21e siècle. Bravo de donner l’exemple. J’en ai assez de voir les élus, à qui l’on donne des mandats publics en les astreignant à une rémunération que l’on n’endurerait jamais dans le privé. [...] Merci, après un an, de faire entrer Bromont dans une ère qui fera en sorte que, peut-être un jour, le monde municipal sera plus propre que ce qu’il a été dans le passé. »