« Les citoyens peuvent s'exprimer, mais ce n'est pas une raison pour dire n'importe- quoi », avertit le maire Paul Sarrazin.

Sainte-Cécile poursuit une citoyenne pour 50 000 $

Jugeant que son image et son intégrité ont été attaquées, la municipalité de Sainte-Cécile-de-Milton réclame 50 000 $ d'une citoyenne pour « atteinte à la réputation et harcèlement ».
Claire Laroche a fait plusieurs apparitions remarquées à l'hôtel de ville de Sainte-Cécile-de-Milton, notamment en 2016 (photo).
« On envoie un signal clair que les citoyens peuvent s'exprimer, mais ce n'est pas une raison pour dire n'importe quoi, indique le maire Paul Sarrazin. Et aussi pour que ce genre de comportement ne soit plus toléré. »
La citoyenne visée, Claire Laroche, a défrayé les manchettes en juillet pour avoir présumément menacé M. Sarrazin de mort au cours d'un appel logé à l'Union des municipalités du Québec. Elle a aussi qualifié la municipalité de « corrompue ».
Âgée de 61 ans, Mme Laroche était déjà bien connue des employés de Sainte-Cécile-de-Milton pour ses demandes répétées de documents et ses bruyantes apparitions aux assemblées municipales. Son principal cheval de bataille : le chemin Beauregard Sud, une route de terre où elle est la seule résidante et dont elle réclame l'asphaltage depuis des années.
Pavage
Ironie du sort, ce chemin sera asphalté à la mi-octobre. Pas à cause des doléances de Mme Laroche, précise M. Sarrazin, mais parce que la municipalité a finalement pu bénéficier d'une aide gouvernementale qui défraie la moitié des coûts de rechargement et de pavage estimés à 385 000 $.
La mise en demeure adressée à la citoyenne et avalisée à l'unanimité par le conseil municipal, le 14 août, constitue « un dernier recours », dit le maire. « Ce n'est pas un plaisir pour nous, mais on ne peut pas laisser un citoyen dire n'importe quoi sur la place publique. Et je vois ça comme un investissement. Protéger l'image de la municipalité, ça n'a pas de prix. »
Pour la Ville, qui fait affaire avec le cabinet Municonseil avocats, les frais juridiques s'élèvent à 15 000 $. Si la défenderesse n'acquitte pas la réclamation demandée, il y aura procès, ajoute le maire, qui s'est toutefois dit ouvert à un arrangement si des excuses en bonne et due forme sont exprimées. « Le conseil les évaluerait », dit-il.
« Je craque »
Jointe par La Voix de l'Est, Mme Laroche ne s'est pas montrée ouverte à cette éventualité. « C'est lui qui me fait du trouble, et là il se passe en victime ! » s'exclame-t-elle. « Ça fait 18 ans que j'endure leur merde, ça se peut-tu que je craque ? » a-t-elle ajouté dans un discours décousu.
Elle mentionne que l'affaire est rendue « trop sérieuse, trop grave » et qu'elle a « trois avocats à payer », avant de mettre subitement fin à la conversation en apprenant qu'un article était en préparation.
Claire Laroche fait face à au moins deux autres poursuites, dont une en Cour supérieure pour avoir vendu une maison insalubre. Elle doit aussi répondre d'une accusation de vol de plus de 50 $ commis dans une épicerie de Granby. Par le passé, elle a été reconnue coupable de vol, fraude et d'avoir « triché au jeu ».
Depuis sa dernière arrestation, il lui est interdit de communiquer directement avec le maire ou les employés de Sainte-Cécile-de-Milton et de se présenter aux bureaux de l'hôtel de ville, des conditions qu'elle a respectées.