Richard Constantineau était à l’emploi de la municipalité depuis le 1er octobre dernier.

Sainte-Cécile-de-Milton: le nouveau directeur général s’en va

La valse des directeurs généraux se poursuit à Sainte-Cécile-de-Milton. À peine sept semaines après son embauche, Richard Constantineau n’est plus à l’emploi de la municipalité.

Arrivé en poste le 1er octobre dernier, le gestionnaire était devenu le cinquième directeur général de la municipalité en l’espace de quatre ans, sans compter les personnes ayant été de passage pour assurer l’intérim. Lors de la nomination de M. Constantineau, le maire Paul Sarrazin avait affirmé sa confiance en lui, en assurant que le processus d’embauche ne devrait pas être repris de sitôt.

Or, tout sera encore à recommencer. Jeudi, lors d’un comité de travail en ressources humaines, auquel assistaient le maire, le conseiller juridique de la municipalité et la conseillère municipale Johanna Fehlmann, l’ambiance s’est assombrie, le ton a monté, et M. Constantineau a quitté l’hôtel de ville sans plus de cérémonie.

Ce dernier semblait d’ailleurs ébranlé lors de son entretien avec La Voix de l’Est, vendredi. Il estime avoir été traité de façon cavalière. En raison d’une entente de confidentialité, il préfère en taire les détails, mais il ne peut s’empêcher de dénoncer la situation.

« Je trouve dommage que cette petite municipalité ne puisse pas avoir de stabilité administrative. La problématique, c’est la rigidité et la rigueur du maire Paul Sarrazin, qui veut tout contrôler », dit-il.

Ce dernier affirme que, dès son arrivée, il n’a pas senti de respect de la part de M. Sarrazin. « Dès le départ, j’ai eu une énorme charge de travail. Assez pour que je me demande si on testait mes connaissances ou si on testait mes limites. Je ne me suis pas traîné les pieds. Mais ils n’ont jamais agi comme s’ils voulaient me garder. En 2018, ça ne fonctionne plus comme ça. Il faut offrir une ambiance de travail agréable. »

M. Constantineau assure qu’il n’a pas laissé ses fonctions de gaieté de cœur. Sa réaction, laisse-t-il entendre, n’avait rien de démesuré. « On ne part pas comme ça sans raison. Je trouve ça dommage, car j’aimais travailler à la municipalité. Il y a une belle équipe d’employés en place. »

Sarrazin se défend

Invité à commenter ce nouvel événement, Paul Sarrazin a confirmé qu’il y avait eu une « prise de bec » lors de la réunion, mais que la réaction de M. Constantineau avait estomaqué les personnes présentes. « Je suis tombé des nues. Il est parti en coup de vent », dit le maire.

Celui-ci se défend d’avoir un problème d’attitude. « Le rôle d’un maire, c’est d’exiger un contrôle pour s’assurer de l’avancement des dossiers. Il faut que les choses se déroulent rondement. On ne peut pas laisser n’importe qui faire n’importe quoi, n’importe comment », martèle-t-il, en assurant que ses relations sont au beau fixe avec les autres DG avec qui il travaille — rappelons qu’il est aussi président de la commission scolaire du Val-des-Cerfs et préfet de la MRC de la Haute-Yamaska.

« Je trouve ça malheureux, mais je ne pense pas être le problème. Oui, j’ai une rigueur ; je suis consultant dans le monde municipal et je ne peux pas accepter que les choses se fassent moins bien à Sainte-Cécile-de-Milton. Je pense qu’on a plutôt été malchanceux dans nos choix. On essaie toujours de trouver la meilleure personne possible... »

Paul Sarrazin prétend aujourd’hui qu’il ignorait, en l’embauchant, que Richard Constantineau avait été auparavant « congédié » par la municipalité de Bolton-Est. « On n’a pas validé tous les éléments et j’en fais mon mea culpa. »

Richard Constantineau, qui a dirigé la petite municipalité de Brome-Misssiquoi de 2012 à 2017, préfère quant à lui parler d’une offre de départ volontaire, en raison d’une mésentente avec la mairesse de Bolton-Est, Joan Westland Eby. Il n’a pas été possible de parler, vendredi, à Mme Westland Eby.

Malgré le fait que Sainte-Cécile-de-Milton soit à nouveau privée de sa direction générale, Paul Sarrazin soutient que la gestion de sa municipalité est adéquate, que le budget 2019 est prêt et que le conseil municipal a une liste de « prospects intéressants » pour succéder à M. Constantineau.

« Mais il va falloir être plus vigilants dans nos recherches. S’il faut passer dix DG, on va le faire, mais je ne tolérerai pas l’incompétence. »