Au lieu d’investir le sanctuaire ou le chemin de croix, les fidèles de la patronne du Québec se sont massés dans l’église pour assister à une ou plusieurs des cinq messes de la journée.

Sainte Anne sous les nuages

Si sainte Anne répond aux vœux, elle n’a pas exaucé celui des organisateurs de sa fête, qui souhaitaient du beau temps.

Cela n’a pas empêché des centaines de pèlerins, des personnes âgées pour la plupart, de faire leur visite annuelle, jeudi, dans la municipalité de 600 habitants dont le cœur est dévoué à celle qui fut la grand-mère de Jésus.

À cause de la pluie, le sanctuaire juché sur une colline, la grotte, le chemin de croix et le long escalier de bois sont restés déserts une bonne partie de la journée. Les confessions, l’onction des malades et les cinq messes prévues se sont toutes déroulées à l’intérieur de l’église de Sainte-Anne-de-la-Rochelle.

Armée
Dans le lieu de culte, les fidèles s’entassaient et jouaient du coude avec l’armée de bénévoles mandatés pour l’occasion. « Mais il y avait plus de monde dans le temps, reconnaît une organisatrice, Jeanne-Mance Lagrandeur. On voyait des autobus de gens arriver, et là, il n’y en a plus. »

On s’attendait tout de même à ce qu’au moins 1000 personnes investissent l’endroit, lieu de pèlerinage depuis 1906.

« Ce qui me préoccupe, ce n’est pas le nombre de gens, mais la qualité des cœurs », indique l’évêque du diocèse de Saint-Hyacinthe, Mgr Christian Rodembourg, quelques minutes avant la messe solennelle de 11 h. « Plus nous vivons enracinés dans l’amour de Dieu, plus les gens seront heureux. Ce sont des enjeux planétaires. »

Sainte Anne est-elle encore pertinente en 2018 ? « Il est pertinent de célébrer tous les saints toute l’année, tout simplement », dit l’évêque.

Patronne
Les visiteurs rencontrés par La Voix de l’Est semblent toutefois avoir une préférence pour la patronne du Québec célébrée chaque 26 juillet. « Quand on a des choses à demander, on le demande à sainte Anne », dit Françoise Fontaine, de Granby.

Elle vient tous les ans avec son mari, bravant le trafic qui, une fois n’est pas coutume, prive le village de sa quiétude. « Là, on a une amie qui est gravement malade, et en plus c’est sa fête aujourd’hui. On va demander sa guérison. »

« On vient parce qu’on croit en sainte Anne, dit Denis Bisaillon, d’Acton Vale. Tant qu’on a la santé, on va venir. »

Pour Lise Jetté, l’amour de cette importante figure chrétienne est ce qui l’unit à son mari depuis 50 ans. « Notre foi reste et on la remercie pour toutes les grâces reçues et la santé de nos enfants. »

Enthousiasme
Comme ailleurs au pays, les fidèles se font plus rares à Sainte-Anne-de-la-Rochelle. Mais rien pour entamer l’enthousiasme du directeur de chorale Paul Lessard. Avec le bénévole Roméo Hudon, notamment, il anime la vie de la paroisse et organise des collectes de fonds visant à restaurer la toiture de l’église et améliorer les installations du sanctuaire.

« Ce n’est pas parce que les gens ne sont pas là qu’ils ne sont pas pratiquants, et vice versa, dit-il. Quand on fait du porte-à-porte pour l’église, on n’a pas de refus. »

Jadis, des dizaines de milliers de personnes convergeaient au village pour la fête de sainte Anne. « La pratique religieuse a beaucoup baissé, dit M. Hudon. Mais quand même, ça attire du monde. Et indépendamment de l’aspect religieux, ça reste un endroit magnifique. »