« Il y a beaucoup de citoyens qui ignorent encore qu’on contribue financièrement à la clinique médicale à même les taxes foncières », explique le maire de Sainte-Angèle-de-Monnoir, Denis Paquin.

Sainte-Angèle revoit son appui à la Clinique du Collège

Les citoyens de Sainte-Angèle-de-Monnoir devront décider sous peu de l’avenir du partenariat financier qui lie la municipalité à la Clinique médicale du Collège.

Une soirée d’information, suivie d’un vote, aura lieu le mardi 5 juin au Centre communautaire Charles-D’Auteuil.

« Il y a beaucoup de citoyens qui ignorent encore qu’on contribue financièrement à la clinique médicale à même les taxes foncières, explique le maire Denis Paquin. On compte donc leur donner toute l’information nécessaire et on va y aller avec ce que les citoyens présents à la rencontre décideront. »

Fondée en 2008, la Clinique médicale du Collège, située à Saint-Césaire, est financée par une fondation à laquelle contribuent financièrement les municipalités partenaires, en fonction d’un montant par habitant.

« L’idée de payer un montant était de créer un incitatif financier pour attirer des médecins. Ça les libérait de certains frais administratifs », indique M. Paquin.

Or, déplore-t-il, la facture n’a cessé d’augmenter. « Au fil des ans, la contribution des municipalités a plus que doublé. On payait 5 $ par citoyen en 2008, et maintenant, notre contribution est passée à 12 $, ajoute le maire. Les services médicaux ne font pas partie du champ de compétences d’une municipalité. Ce n’est pas interdit de s’impliquer, mais il faut tenir compte que les sous qu’on injecte dans la clinique ne peuvent pas être investis ailleurs. »

Contribution diminuée
La clinique a proposé à deux des trois municipalités partenaires, soit Rougemont et Sainte-Angèle-de-Monnoir, de diminuer leur contribution de moitié, passant de 12 $ à 6 $ par habitant.

La cotisation actuelle de Sainte-Angèle-de-Monnoir, c’est-à-dire 12 $ par citoyen, porterait à environ 23 000 $ la quote-part de la municipalité dans la clinique, chiffre le maire Paquin. Environ le tiers de la population y a un médecin de famille, précise-t-il.

Mais il serait irréaliste de croire que tous les Angèloiriens pourraient être pris en charge à la clinique césairoise, ajoute-t-il, puisque celle-ci est presque à pleine capacité. « Ce n’est pas une possibilité d’augmenter de façon significative le nombre de patients », estime l’élu.

Les citoyens devront donc trancher s’ils acceptent que la municipalité poursuive son implication auprès de la clinique, avec le nouveau tarif, ou s’ils préfèrent que la collaboration prenne fin.

Rougemont reste
À Rougemont, le conseil municipal devrait prolonger son entente avec la clinique médicale pour cinq ans, étant donné que sa quote-part sera aussi revue.

« Avant même de devenir maire, ce que je souhaitais, c’était que la contribution des municipalités diminue lorsque les médecins ont commencé à payer un loyer », explique le maire Michel Arseneault.

Sur les 2900 habitants de Rougemont, un peu moins du quart seraient pris en charge par un médecin de famille à la clinique césairoise.

Les élus devraient adopter une résolution en ce sens lors de la séance publique de juin.

Survie menacée ?
Advenant un vote favorable au retrait de la municipalité, Sainte-Angèle-de-Monnoir emboîterait le pas à Sainte-Brigide-d’Iberville, qui a cessé de contribuer financièrement à la clinique en 2015. Les quelque 200 citoyens qui y ont un médecin de famille peuvent tout de même continuer à s’y présenter.

Le maire de Saint-Césaire, Guy Benjamin, craint qu’un retrait de Sainte-Angèle-de-Monnoir n’encourage Rougemont à faire de même l’an prochain. Sa municipalité se retrouverait alors à supporter seule la clinique, dont la survie pourrait être en péril. « On ne sait pas ce qui va arriver. Mais c’est sûr que si Sainte-Angèle recule, on va devoir se questionner sur l’avenir de la clinique », croit-il.

Pour permettre la survie de la clinique, Saint-Césaire maintient sa contribution à 12 $ par citoyen. Environ 2000 Césairois ont un médecin de famille à la clinique, ce qui représente environ la moitié de la clientèle de l’établissement.

« Je trouverais ça malheureux, poursuit M. Benjamin. C’est un beau projet. Attendons de voir ce qui va arriver, mais si Sainte-Angèle se retire, il y aura des décisions à prendre l’an prochain. »

Le directeur de la clinique, le Dr Jean Désormeaux, n’était pas disponible vendredi pour une entrevue.