Recruté sous l’administration de Martial Gousy en novembre 2008, Daniel-Éric St-Onge aura été le bras droit de trois autres maires: Dean Thomson, Jacques Viens et Robert Vyncke.

Saint-Paul-d’Abbotsford perd son directeur général

La municipalité de Saint-Paul-d’Abbotsford perd son directeur général. Après dix années à diriger les affaires de la municipalité, Daniel-Éric St-Onge vient d’être embauché par la Ville de Mont-Saint-Hilaire.

Recruté sous l’administration de Martial Gousy en novembre 2008, M. St-Onge avait auparavant été directeur général de la municipalité de Noyan. Celui qui a suivi une formation de policier avait débuté sa carrière dans le domaine municipal cinq ans plus tôt à titre d’inspecteur en bâtiment.

À Saint-Paul-d’Abbotsford, il aura été le bras droit de quatre maires : Martial Gousy, Dean Thomson, Jacques Viens et Robert Vyncke.

« Je quitte la municipalité tiraillé entre la joie d’un nouveau défi et le deuil d’une merveilleuse équipe de travail, composée à la fois des élus et des employés de l’administration », affirme M. St-Onge.

Celui-ci se dit fier du travail accompli à Saint-Paul-d’Abbotsford, où il a obtenu le titre d’officier municipal agréé. « Si on regarde tout ce qui s’est passé au cours des dix dernières années, je peux dire qu’on en a fait du chemin, croit-il. On a fait avancer le dossier de la montagne, on a mis en place une équipe solide. »

Il regrette toutefois de ne pas assister à l’aboutissement de dossiers auxquels il a dédié de nombreuses heures. « J’aurais aimé compléter les dossiers du développement domiciliaire derrière l’hôtel de ville et du sentier dans la montagne. Ce sont de beaux projets auxquels j’aurais aimé encore mettre la main à la pâte. »

Selon M. Vyncke, M. St-Onge quitte en laissant « la maison en ordre ». « Daniel-Éric a fait beaucoup pour notre municipalité. Il a orchestré la refonte de notre réglementation et du plan d’urbanisme, il a piloté la réorganisation interne que je lui avais demandé, énumère l’élu. On perd un gars qui a laissé sa marque, un joueur-clé, qui ne sera pas facile à remplacer. »

« Pour reprendre l’analogie du hockey, il savait jouer à la défense, à la ligne bleue et à l’offensive. C’était un capitaine d’équipe polyvalent et fougueux », poursuit le maire.

Ce dernier n’est pas surpris du départ de son directeur général, bien que cela se produise plus tôt qu’il ne l’ait souhaité. « Ça aurait fait davantage notre affaire qu’il nous quitte en septembre, reconnaît M. Vyncke. Mais Daniel-Éric était prêt pour de nouveaux défis. Mont-Saint-Hilaire, c’est dix fois plus d’employés et un budget dix fois plus élevé. Il passe d’une Montérégienne à l’autre. »

Le tout se fait « avec beaucoup d’harmonie et d’entendement », renchérit M. Vyncke, qui a donné son appui au directeur général dans sa démarche.

Tourmente

M. St-Onge a été plongé dans la tourmente lors du départ soudain de Jacques Viens, en mai 2016. Celui-ci affirme que leurs styles de gestion aux antipodes auraient envenimé leur relation de travail jusqu’à un point de non-retour, et ce, même si les deux hommes étaient devenus de bons amis au fil du temps.

Cette déclaration a tôt fait de mettre le feu aux poudres, alors que plusieurs Abbotsfordiens ont réclamé le départ du directeur général. Une pétition d’environ 150 signatures avait circulé dans la municipalité.

Les membres du conseil n’ayant pas démissionné dans la foulée du départ de M. Viens — les conseillers Sylvie Ménard et Robert Porlier avaient claqué la porte de l’hôtel de ville — ont toutefois témoigné de leur « appui total » au directeur général à la séance de juin. « [C’] est un gestionnaire de haut calibre ; il a toujours accompli un travail exemplaire avec une rigueur et un professionnalisme marqués », avait alors souligné le maire suppléant Mario Larochelle, notant au passage « l’excellente gestion financière » de la municipalité.

En février 2017, le nouveau conseil municipal a réitéré sa confiance envers le directeur général par l’adoption d’une motion fort élogieuse à son endroit. Celui-ci « fut la cible de nombreuses critiques, voire d’allégations et d’attaques personnelles » s’étant avérées infondées après vérification du nouveau maire Robert Vyncke, peut-on lire dans la résolution, dans laquelle le conseil souligne également le sens de « la justice et l’équité » du directeur général, de même que « les compétences au-delà de la moyenne pour répondre aux exigences élevées du poste qu’il détient depuis plus de huit ans ».

M. St-Onge quitte donc l’hôtel de ville de la rue Principale la tête haute. « Cet épisode est derrière moi, affirme-t-il. Ça fait partie de mon expérience et de mon bagage. »

Proximité

« Il y a plusieurs choses qui m’animent dans la vie, avait-il confié à La Voix de l’Est, en marge d’une séance publique en 2016. D’abord, ma famille, puis mon travail de directeur général. N’importe qui me connaissant ou travaillant avec moi voit à quel point je suis passionné par mon travail. »

« J’estime avoir des fondements et valeurs solides tels la loyauté, la fierté et l’honneur », ajoutait-il.

Ce sont ces valeurs qui ont confirmé son choix de devenir directeur général de la municipalité où il élève ses enfants. « J’avais déjà été approché par d’autres municipalités, mais je n’avais pas fait le saut. Je ne me cherchais pas un emploi ailleurs et j’étais très heureux à Saint-Paul, dit-il. Mais Mont-Saint-Hilaire, j’y vis, j’y réside, et maintenant je vais y travailler. Le fait de me rapprocher de ma famille a pesé lourd dans la balance. »

Le principal intéressé entrera dans ses nouvelles fonctions le 18 mars prochain. D’ici là, l’intérim sera assuré à l’interne en attendant que la municipalité tranche sur la suite des choses.