Simon-Pierre Savard-Tremblay n’est pas inquiet des turbulences ayant plombé les ailes du Bloc québécois au cours des dernières années.

Saint-Hyacinthe—Acton: un premier candidat pour le Bloc

Simon-Pierre Savard-Tremblay souhaite être celui qui tentera de rapatrier la circonscription fédérale de Saint-Hyacinthe—Acton dans le giron bloquiste à l’élection d’octobre prochain. Le candidat à l’investiture entend être un « défenseur acharné » de la population.

Avant de briguer l’investiture du Bloc québécois dans la circonscription de Saint-Hyacinthe—Acton — rappelons que la députée actuelle, Brigitte Sansoucy, a annoncé en mai 2018 le changement de nom de la circonscription, qui entrera en vigueur à la prochaine élection —, M. Savard-Tremblay a présidé le Forum jeunesse du parti de 2010 à 2012.

« J’ai l’impression de revenir au bercail, à mes premières amours. Je ne suis plus le même homme que le jeune vingtenaire que j’étais », affirme le principal intéressé, qui se défend d’avoir été parachuté dans la circonscription.

« J’aime beaucoup cet endroit-là et j’ai un pied à terre à Upton », poursuit le candidat, qui aura 31 ans sous peu. Son implication dans l’aile jeunesse de son parti l’a aussi amené à travailler et se lier d’amitié avec Ève-Mary Thaï Thi Lac, qui avait été députée de la circonscription entre 2007 à 2011.

Les lecteurs du Journal de Montréal connaissent déjà M. Savard-Tremblay, qui y a publié un blogue entre septembre 2016 et mars dernier. Celui qui détient depuis juin un doctorat en socio-économie du développement de l’École des hautes-études en sciences sociales de Paris est également l’auteur de trois essais et co-auteur du Manifeste québécois pour la démondialisation.

En plus d’avoir été chargé de cours à l’Université Laval et l’Université du Québec à Chicoutimi, le chroniqueur a été récipiendaire du Prix du Patriote de l’année 2017 remis par la Société nationale des Québécois et des Québécoises de la Capitale.

Souveraineté économique

M. Savard-Tremblay se montre sévère face au gouvernement actuel dans sa manière de gérer les relations commerciales internationales. Il affirme que la circonscription « a souffert des politiques néfastes du gouvernement Trudeau, notamment en matière d’agriculture ».

« Depuis longtemps, l’agriculture était considérée comme trop importante pour être traitée de la même manière que les autres industries ou comme un commerce, rappelle M. Savard-Tremblay. Mais si on additionne toutes les petites brèches que MM. Harper et Trudeau ont faites dans le système, on se retrouve avec une pas mal grosse brèche dans notre gestion de l’offre. »

« Les renégociations de l’accord de libre-échange ont fait sauter les tarifs punitifs sur les produits laitiers américains, mais pas sur notre acier et notre aluminium, poursuit-il. On a perdu sur toute la ligne. »

En élisant une majorité de députés du Bloc québécois, M. Savard-Tremblay souhaite par ailleurs que la population se donne les moyens de négocier et de faire respecter ses acquis. « Il faut cesser de perdre des sièges sociaux et des emplois, clame-t-il. Actuellement, le Canada relocalise le pouvoir financier à Toronto au détriment de Montréal. Il faut se battre. »

« Le Canada a été fondé par des élites coloniales dans le but de servir les intérêts financiers d’une minorité. C’est toujours le cas aujourd’hui », écrivait-il sur sa plateforme en janvier dernier.

Le candidat déplore aussi la mollesse avec laquelle le gouvernement actuel traite la question de l’évitement fiscal. « Les contribuables subissent un impact direct de ces scandales où on apprend que les grosses fortunes se mettent à l’abri de l’impôt, plaide M. Savard-Tremblay. Ça touche les finances de tous les Canadiens. »

Enfin, en faisant référence à ses origines huronnes-wendat, le bloquiste croit qu’il faut en faire plus pour améliorer nos relations avec les Premières Nations.

« J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de bons sentiments, mais peu de résultats. Comme indépendantiste, je crois qu’on a intérêt à établir un nouveau dialogue. Pour citer Pierre Falardeau, les relations internationales, ça commence ici. »

Optimiste

M. Savard-Tremblay n’est pas inquiet des turbulences ayant plombé les ailes du Bloc québécois au cours des dernières années. « C’est derrière nous maintenant », se contente-t-il de dire.

Intéressant toutefois de lire sur son blogue que « pendant longtemps, le Bloc était un peu comme la vieille chaussure des Québécois : confortable, sans mauvaise surprise, mais au final peu excitante. »

Près de trois mois après avoir publié de tels propos, le candidat a vraisemblablement choisi d’y remédier.

Seul en lice pour l’instant

Le comité exécutif local du Bloc québécois, qui s’est prononcé à l’unanimité en faveur de M. Savard-Tremblay, a indiqué qu’aucun autre candidat ne s’est manifesté jusqu’à présent. La date officielle de l’investiture n’a pas encore été arrêtée, mais devrait avoir lieu au début du mois de mai, a-t-on fait savoir.

Le candidat officiel du Bloc se mesurera à la néodémocrate Brigitte Sansoucy, en poste depuis 2015. Il a été annoncé en décembre dernier que celle-ci serait de la course pour conserver son siège à la Chambre des communes.