Les installations de sécurité en cas de déversements à la station de pompage de Pipe-Lines Montréal à Saint-Césaire ne sont pas satisfaisantes, soutient le maire Guy Benjamin. Les trois puits de la municipalité de Saint-Césaire se trouvent à environ 300 mètres des oléoducs de Pipe-Lines Montréal.

Saint-Césaire inquiète pour ses puits

La station de pompage de Pipe-Lines Montréal à Saint-Césaire est-elle équipée pour contenir un déversement de pétrole? Les trois puits qui alimentent la municipalité en eau potable sont-ils à risque en cas de déversement? Aux deux questions, la Ville de Saint-Césaire attend encore des réponses satisfaisantes de la part des autorités.
Une rencontre organisée au mois de mai avec des responsables de l'Office national de l'énergie (ONÉ) n'a pas permis de rassurer les représentants de la municipalité et des membres du comité d'environnement de Dunham. «Ils ont tenté de minimiser les risques d'accident. On n'est pas vraiment satisfaits des réponses qu'ils nous ont données», affirme Guy Benjamin. Le peu d'informations offert par les gens de l'ONÉ est d'autant plus préoccupant, souligne le maire de Saint-Césaire, que l'enjeu est l'approvisionnement en eau potable d'une ville de 5600 habitants. «On a absolument besoin de nos puits. On ne joue pas avec ça. Ça nous préoccupe beaucoup.»
Le réseau d'aqueduc de la Ville de Saint-Césaire compte trois puits: deux se trouvent sur le terrain de golf de Saint-Césaire et un autre le long du chemin St-François. Les trois sont à 350 mètres des oléoducs de PLM et à environ 600 mètres de la station de pompage de la compagnie.
M. Benjamin peine à imaginer les conséquences d'un déversement. Les fossés, croit-il, pourraient amener le pétrole jusqu'à la rivière Sud-Ouest, puis contaminer la nappe phréatique et la rivière Yamaska.
Dans un rapport préparé l'année dernière, des inspecteurs de l'ONÉ en étaient arrivés à une conclusion similaire. Ils suggéraient que PLM dote sa station de Saint-Césaire, ainsi que celle de Highwater dans le Canton de Potton, de bassins de captation.
«On a besoin de savoir quelles sont les mesures de sécurité», a dit le maire en entrevue hier.
Le projet de PLM d'exporter éventuellement du pétrole vers Portland, au lieu de l'importer de cette ville du Maine comme c'est présentement le cas, inquiète M. Benjamin. Les opposants au projet croient que PLM travaille à modifier son oléoduc de 18 pouces de diamètre pour transporter du pétrole provenant des sables bitumineux albertains. La Commission de protection du territoire agricole étudie une demande d'utilisation d'un terrain agricole à Dunham à d'autres fins. PLM veut y construire une station de pompage pour inverser le sens d'écoulement de son oléoduc de 18 pouces pour pousser le pétrole par-dessus les monts Sutton.
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