Onze municipalités ont adopté ces derniers jours une résolution allant à l'encontre du registre québécois des armes à feu.

Saint-Armand et Warden contre le registre des armes à feu

Saint-Armand et Warden figurent parmi les onze municipalités ayant adopté ces derniers jours une résolution allant à l’encontre du registre québécois des armes à feu, et appelant le gouvernement du Québec à faire machine arrière.

« Je me suis fait approcher par une quarantaine de citoyens qui se sont présentés à la séance du conseil, lundi, et je partage leur avis », explique Brent Chamberlin, maire de Saint-Armand.

« On a vu le non-sens que ça a fait avec le registre au niveau fédéral, c’était un fiasco total, justifie-t-il. Ça a coûté je ne sais combien de milliards et ça n’a servi absolument à rien. »

«Le registre au niveau fédéral, c’était un fiasco total. Ça a coûté je ne sais combien de milliards et ça n’a servi absolument à rien», affirme Brent Chamberlin, maire de la municipalité de Saint-Armand. Le conseil a voté lundi une résolution allant à l’encontre du registre québécois des armes à feu.

Mardi soir, M. Chamberlin a informé de son initiative les autres élus de Brome-Missisquoi présents à la séance de conseil des maires de la MRC. Et selon lui, sa démarche a suscité de l’intérêt auprès de plusieurs autres maires.

Du côté de Warden, la résolution contre le registre a été adoptée à la séance ordinaire du conseil de mercredi 9 janvier. Cette municipalité de la Haute-Yamaska était ainsi la deuxième au Québec, après Potton, à s’opposer officiellement au registre.

Selon la MRC de La Haute-Yamaska, aucune autre ville de ce territoire n’a entrepris de démarche similaire.


«  Tant qu’à moi, c’est une totale perte de temps.  »
Brent Chamberlin, maire de Saint-Armand

À Waterloo, le citoyen Sylvain Saint-Onge a également interpellé la municipalité en ce sens, mardi, lors de la séance du conseil. Le maire Jean-Marie Lachapelle a indiqué à La Voix de l’Est que rien n’avait encore été décidé, la Ville devant statuer d’ici la fin du mois.

L’effet Potton

Ces résolutions municipales prennent leur source à Potton, qui a pris une telle initiative le 7 janvier dernier.

La résolution a été affichée ensuite sur la page Facebook du regroupement de citoyens Tous contre un registre Québécois des armes à feu. « Ensuite, ça a fait boule de neige », témoigne Guy Morin, porte-parole de ce collectif qui recensait, en date de mercredi soir, onze municipalités ayant adopté une telle résolution demandant au gouvernement du Québec d’abandonner le registre d’immatriculation des armes à feu.

Le mouvement pourrait continuer à prendre de l’ampleur, selon lui. « Plusieurs municipalités devraient voter cette semaine ou la semaine prochaine », anticipe-t-il, sans donner plus de détails.

M. Morin souligne que cela démontre que le registre ne fait pas l’unanimité. « Et pour les business qui sont liées à la chasse et au tourisme, ça représente une perte de revenus, car ces nouvelles restrictions, ça décourage beaucoup de gens qui vont à la chasse une ou deux fois par année. » Selon lui, ces nouvelles contraintes feront en sorte que des chasseurs arrêteront tout simplement de chasser.

« Pour quels résultats? »

Le maire de Saint-Armand n’est vraiment pas convaincu de la pertinence d’un registre québécois des armes à feu. « C’est ben de la paperasse... pour donner quoi comme résultats? On n’en a aucune idée. Personne n’a été capable de me donner une réponse positive comme quoi [le futur registre] va nous rendre plus sécures. Tant qu’à moi, c’est une totale perte de temps », affirme-t-il.

Selon lui, le fait d’immatriculer les armes d’épaule n’empêchera pas qu’une prochaine tragédie survienne, comme à Polytechnique ou au Collège Dawson. M. Chamberlin avance que n’importe qui peut se procurer des armes sur le marché noir. « Tu peux avoir un citoyen modèle dans une communauté, bien enregistré, qui développe un problème de santé mentale et se lève demain matin... “clic-bang” de même, il déraille. Quand bien même son arme est enregistrée, s’il décide de l’utiliser, ça va tuer pareil. Moi, je trouve que cela ne changera rien de ce côté-là. »

Les onze municipalités ayant voté à ce jour une résolution s’opposant à l’immatriculation des armes d’épaule au Québec sont Warden, Saint-Armand, Potton, Mansfield-et-Pontefract, Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud, Gracefield, Saint-Damase-de-L’Islet, Les Bergeronnes, La Motte, Notre-Dame-du-Nord, et Saint-René-de-Matane.