Le sac volé contenait la médaille de l’Assemblée nationale, qui lui a été remise par le député de Granby, François Bonnardel, à la fin mai.

Sa médaille honorifique dérobée

Dur coup pour Bertrand Derome. Le sympathique camelot de L’Itinéraire s’est récemment fait subtiliser son sac alors qu’il vendait des copies de son magazine au Metro Plouffe, à Granby. Sa précieuse médaille honorifique ainsi que plusieurs photos se trouvaient à l’intérieur.

Selon celui qu’on connaît aussi par le surnom « Monsieur Sutton », le vol se serait produit peu avant 17 h, vendredi dernier. Pendant qu’il vend L’Itinéraire aux clients qui se trouvent à l’entrée du commerce, M. Derome a l’habitude de laisser son sac à dos noir, doté de bretelles « noires et jaune orange » et de trois compartiments, au comptoir de la courtoisie.

Un client de l’épicerie mal intentionné aurait subtilisé le sac sans que personne ne s’en aperçoive, croit M. Derome, qui attendait qu’une amie vienne le chercher lorsqu’il a constaté le méfait. « La personne est venue, elle a vu mon sac et elle l’a ramassé. La caissière est toujours occupée, elle n’a rien vu », raconte-t-il, ajoutant que le larcin n’a pas été capté par les caméras du commerce.

Précieux butin
Déjà, son sac aurait une valeur « d’environ 90 $ », allègue Bertrand Derome. Mais ce qu’il contenait au moment du larcin a une valeur inestimable à ses yeux, à commencer par la médaille de l’Assemblée nationale, qui lui a été remise par le député de Granby, François Bonnardel, à la fin mai. Un honneur que seuls des citoyens ayant un parcours hors de l’ordinaire peuvent se targuer d’obtenir, et qui récompensait le combat quotidien mené par celui qui s’est sorti d’un cercle vicieux mêlant drogue, itinérance et incarcérations, il y a environ dix ans.

« Je l’apporte toujours avec moi, ma médaille, raconte M. Derome. Mes clients veulent la voir. »

Le sac contenait également son appareil photo avec le chargeur, des copies invendues du magazine de même que plusieurs photos chères au cœur du camelot. « Il y avait des photos de ma sœur et de Sutton, le lever de soleil, la montagne... Il y avait aussi les articles de La Voix de l’Est sur moi qui étaient laminés et que je montrais à mes clients », énumère-t-il.

Sur le coup, le Suttonnais était trop fâché pour formuler une plainte à la police. Et comme il n’a pas les moyens de se rendre à Granby régulièrement, il ne pourra pas faire sa déposition au poste avant plusieurs jours.

Avant de porter plainte, Monsieur Sutton tient toutefois à laisser une chance au voleur de se repentir. Il l’invite à rapporter ses effets personnels au Metro Plouffe ou bien au poste de police. « S’il me ramène mes choses, il n’y aura pas de charges », laisse-t-il entendre.