Pascal Russell s’oppose fermement à un éventuel projet de centre de thérapie dans le bâtiment qui abrite le CHSLD Horace-Boivin.

Russell se braque contre le projet de Centre de thérapie à Waterloo

Pascal Russell fulmine. Celui qui passe le flambeau comme maire de Waterloo déplore ne pas avoir été informé des balbutiements d’un projet de centre de thérapie qui pourrait s’implanter dans le bâtiment abritant le CHSLD Horace-Boivin, advenant sa fermeture. Une initiative à laquelle il s’oppose fermement.

Pascal Russell a bondi en apprenant dans La Voix de l’Est mardi que le Centre de thérapie de l’alcoolisme et des toxicomanies l’Envolée, établi à Shefford, projette d’aménager une nouvelle succursale à Waterloo. De surcroit, dans le centre d’hébergement Horace-Boivin, que Québec pourrait fermer d’ici 2019. «Je suis estomaqué d’apprendre ça dans le journal, a-t-il indiqué en entrevue. Ça touche mon intégrité personnelle et je ne le digère pas.»

De son côté, le directeur général de l’Envolée, Nicolas Bédard, a affirmé que la clientèle qu’accueillerait cet éventuel centre serait « volontaire et non judiciarisée ». Plusieurs points ont fait en sorte que les dirigeants du centre de thérapie ont envisagé d’implanter un nouvel établissement dans le bâtiment qui abrite actuellement des gens en perte d’autonomie.

« Ce n’est pas trop gros, bien situé et il n’y a pas de bar à côté, a mentionné M. Bédard. On est également près de la nature et c’est desservi par l’aqueduc. La bâtisse est vraiment adaptée à ce qu’on veut faire. [...] Et si on a un problème d’intervenant une journée, on pourrait dépêcher du personnel d’une place à l’autre. »

Rappelons que le dossier est lié au projet de CHSLD à Granby. La construction du centre d’hébergement de 198 lits, d’ici 2019, entraînerait toutefois la fermeture du CHSLD Horace-Boivin (qui compte 41 lits), jugé trop vétuste pour une remise à niveau. Le ministre de la Santé tranchera à propos de l’avenir du CHSLD de Waterloo d’ici décembre, a récemment dévoilé La Voix de l’Est.

Deux visions

Selon Pascal Russell, le zonage actuel ne permet pas d’établir de centre de thérapie dans la bâtisse du CHSLD. Il compte d’ailleurs recommander au nouveau conseil municipal de ne pas le modifier pour autoriser un tel projet. «Un quartier résidentiel, ce n’est pas l’endroit pour un centre de thérapie», a-t-il soutenu. 

De son côté, celui qui prend la relève à la mairie de Waterloo, Jean-Marie Lachapelle, a fait preuve d’une certaine ouverture.

« À première vue, je n’ai pas beaucoup de négativité par rapport à ça, a dit en entrevue celui qui doit être assermenté vendredi. [...] Si on parle de personnes non judiciarisées, c’est [mieux] que des gens envoyés, presque de force, par la cour. [...] Je connais des gens qui sont allés dans des centres comme [celui projeté]. Ça peut être positif si c’est bien géré selon les règles gouvernementales. »

Les élus devraient discuter du dossier lors de leur première rencontre à l’hôtel de ville, a fait valoir M. Lachapelle.

«C’est dommage qu’en 2017, le phénomène ‘‘pas dans ma cour’’ soit encore présent », a pour sa part indiqué le directeur général de l’Envolée au sujet de la position tranchée du maire sortant. «On souhaite que le CHSLD reste ouvert et que le gouvernement investisse pour garder les gens sur place et les emplois à Waterloo. Mais s’il y a une fermeture, on a un projet pour le bâtiment», a-t-il renchéri.

M. Bédard se dit par ailleurs très ouvert à collaborer avec la municipalité. «Notre idée, si jamais ça va de l’avant, est de s’entendre avec la Ville pour qu’il y ait deux réunions par année entre l’administration du centre et les élus municipaux. On est même prêts à avoir un observateur à nos réunions du conseil d’administration. Et si durant sept ans [la localité] a des plaintes ou [qu’elle] est insatisfaite, on va s’entendre sur un prix et on trouvera un autre site. Mais ça n’arrivera pas parce que [les activités du centre] ne dérangeraient pas la communauté.»

Le cabinet de la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, qui piloterait le dossier d’un éventuel centre de thérapie à Waterloo, n’a pas voulu commenter pour le moment.