Comme lors de chaque redoux, à l’occasion des fortes averses hivernales ou des crues printanières et automnales, le ruisseau Bouchard à Granby sort de son lit et provoque l’inondation des terres agricoles contiguës.

Ruisseau Bouchard: la Ville veut plus d’informations

Est-ce possible d’améliorer la qualité de l’eau du ruisseau Bouchard et son écoulement sans dépenser une fortune ? C’est la question que se pose l’administration de la Ville de Granby à la lumière des solutions proposées par une firme de génie mandatée en mars à cette fin.

Des questions surgissent suite au dépôt cet automne du rapport de ALPG Consultants sur les façons de corriger les problèmes de phosphore, d’écoulement et de transport de sédiment qui affligent le ruisseau Bouchard. La firme de Saint-Jean-sur-Richelieu devait proposer deux scénarios pour intervenir dans le ruisseau, mais « en utilisant l’environnement immédiat et sans ouvrage majeur », précisait le mandat. Cela excluait les « ouvrages comme des barrages, des digues ou des aménagements impliquant des coûts astronomiques », avait ajouté la direction de la MRC à la suite de questions de La Voix de l’Est.

Au final, l’entreprise suggère trois à quatre scénarios, a indiqué le préfet de la MRC, Paul Sarrazin. « Oui, ils devaient nous en proposer deux, mais il arrive que tu voies des choses sur le terrain qui t’amène à analyser différemment. Ils nous proposent diverses solutions. On doit les valider. On a besoin d’autres informations pour faire ça, des informations complémentaires pour décider ce qu’on va faire », a-t-il expliqué en entrevue jeudi.

M. Sarrazin n’a pas voulu dévoiler la nature des propositions soumises ni quels types d’ouvrages sont concernés. Chose certaine, les solutions nécessiteraient des débours importants, a-t-il concédé. D’où l’intérêt des autorités politiques, notamment celles de la Ville de Granby, d’obtenir plus d’information sur leur efficacité. « On parle de montants assez colossaux. Mais est-ce que ça va apporter une amélioration significative au ruisseau ? Est-ce que ça vaut la peine ? Qui va payer ? Est-ce qu’on peut obtenir de l’aide (subventions) ? »

Le 28 novembre, le conseil des maires a donné un deuxième mandat à ALPG Consultants pour obtenir les informations demandées par la Ville de Granby. Il s’agit d’un contrat de moins de 25 000 $. La MRC n’a donc pas eu à retourner en appel d’offres, le contrat ayant été accordé de gré à gré, a dit M. Sarrazin.

Cette demande d’information ne retarde pas l’analyse du dossier, assure M. Sarrazin. Le conseil dispose de quelques mois pour l’étudier plus à fond, a-t-il dit. Il n’exclut pas que des travaux soient réalisés en 2019 dans le ruisseau. « Ce n’est pas un dossier facile. Mais on s’en occupe. »

Inondations répétées

Le ruisseau Bouchard continue de provoquer des problèmes. Les fortes pluies des derniers jours et le redoux ont provoqué une inondation du côté nord du boulevard David-Bouchard. Les eaux sont sorties du lit du ruisseau et ont recouvert les terres agricoles. Une grande superficie du côté du Centre d’interprétation de la nature du lac Boivin (CINLB) est également inondée.

Ces inondations surviennent chaque hiver ainsi qu’aux crues printanières et automnales. Elles ont pour effet de charger l’eau du ruisseau de phosphore, de sédiments et provoquent de l’érosion. Ces impacts affectent le marécage du CINLB puis le lac Boivin, vers où coule le ruisseau.

Entre 2009 et 2015, les données du Plan directeur de l’eau 2017-2021 de la MRC font état de taux de phosphore de 0,069 milligramme par litre (mg/l). Un taux de 0,051 mg/l est considéré élevé.

En entrevue au printemps dernier, le maire de Granby, Pascal Bonin, émettait l’idée d’aménager un bassin de sédimentation du côté nord du boulevard David-Bouchard.