L'idée de réunir les services de sécurité incendie des municipalités de la MRC fait son chemin depuis quelques années.

Rouville envisage un regroupement de ses services incendie

Dans l'optique de faire économiser les citoyens, la MRC de Rouville fera réaliser sous peu une étude sur la possibilité de regrouper ses services de sécurité incendie. Or, les maires ont des visions bien différentes de la situation.
La MRC tentera de profiter d'une aide financière accordée par le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire en ce sens. Une enveloppe de 500 000 $ est octroyée pour appuyer les MRC du Québec dans cette démarche. Advenant une subvention insuffisante pour couvrir toute la facture, Rouville pigera dans ses coffres.
L'idée de réunir les services de sécurité incendie des municipalités de la MRC fait son chemin depuis quelques années. C'est l'ancien préfet de Rouville et maire de Sainte-Angèle-de-Monnoir, Michel Picotte, qui avait amené le sujet à la table des élus. « C'est une démarche qu'on fait dans l'intérêt des citoyens et de nos municipalités. Les coûts d'opération sont très élevés », rappelle-t-il.
Il cite l'exemple d'une MRC dans l'est du Québec ayant racheté, il y a quelques années, tous les équipements de ses municipalités, qui s'étaient endettées pour les acquérir. Une meilleure répartition de l'équipement a mené à un surplus ; celui-ci a été vendu et l'argent a été redonné aux municipalités pour qu'elles remboursent leurs créances. 
« L'idée, c'est de voir quelle serait la façon d'avoir un meilleur service à coût moindre. On va voir quels sont nos coûts d'opération actuels et quels ils pourraient être si on était regroupés ensemble. Est-ce que ce sera des économies substantielles ? C'est ce qu'on veut voir », explique M. Picotte.
Économies d'échelle
Son successeur à la préfecture, Jacques Ladouceur, a depuis repris les rênes du projet, qu'il voit d'un bon oeil. « En tant que gestionnaire de municipalité, c'est mon devoir de voir s'il y a des économies d'échelle à faire, sans vouloir faire de jeu de mots », affirme-t-il à La Voix de l'Est
« Je suis confiant. À moyen ou court terme, on n'aura pas le choix de faire quelque chose parce que ça devient trop pesant pour les citoyens », renchérit-il.
À Rougemont, on voit la situation positivement. Une résolution pour mandater la MRC à faire réaliser l'étude sera adoptée sous peu, a confirmé le maire Alain Brière. « On a tout ce qu'il faut pour opérer tout seuls, mais en se regroupant, on minimise les coûts, dit-il. On pourrait très bien se regrouper en deux services plutôt qu'un et conserver nos casernes. »
Le conseil municipal de Saint-Césaire a aussi choisi de mandater la MRC pour aller de l'avant avec l'étude, même si la fusion est loin d'être chose faite. « On est d'accord sur le principe que des équipements soient mis en commun, explique le maire Guy Benjamin. On a beaucoup d'actifs qu'on pourrait partager. »
De toute façon, dit-il, cela pourrait devenir inévitable. « Si Québec veut investir pour faire les études de regroupement, ça envoie le message qu'il faut se préparer à ce que ça arrive », note M. Benjamin.
Même son de cloche du côté du préfet Ladouceur. « Mon petit doigt me dit que si le ministère met une somme disponible en ce sens, c'est qu'il va imposer des exigences auxquelles on ne pourra pas répondre si on travaille seul, croit le maire de Richelieu. De toute façon, on a déjà besoin du voisin pour nous aider. »
Réticences
La question de fusionner les services de sécurité incendies de plusieurs municipalités au sein de la MRC est une patate chaude au plan politique, ont souligné certains maires. « C'est une chasse gardée. Les gens veulent garder leur équipement », a souligné l'un d'entre eux, ajoutant que certaines villes ne souhaitent pas payer davantage.
Ange-Gardien a pour sa part adopté une résolution pour décliner de donner le mandat à la MRC, arguant ne pas avoir d'intérêt pour la suite. La municipalité bénéficie déjà de l'aide de Saint-Césaire, Saint-Paul-d'Abbotsford et Farnham. « On a annoncé nos couleurs à la MRC. On se voyait mal mettre nos énergies si nos intentions sont peut-être ailleurs », a fait savoir le maire Yvan Pinsonneault. 
« Ce n'est pas que nous ne sommes pas ouverts à cette étude. On a le même objectif que la MRC, c'est-à-dire d'offrir un meilleur service à un coût raisonnable tout en répondant aux exigences, mais la solution pour nous n'est pas nécessairement à l'intérieur de la MRC », poursuit-il.
Son homologue de Saint-Paul-d'Abbotsford, Robert Vyncke, abonde en ce sens. Si on s'est prononcé en faveur de l'étude, cela ne signifie pas qu'on souhaite aller de l'avant avec ses conclusions, précise-t-il. « On estime qu'on n'a rien à y gagner, affirme M. Vyncke. À trois - avec Ange-Gardien et Saint-Césaire, où des ententes d'entraide prévalent -, on est suffisamment équipés pour nos besoins. Il n'y a pas de plus-value pour nous, à moins que l'étude démontre quelque chose qu'on n'avait pas vu. Dans ce cas, on est ouverts. »
Rappelons d'ailleurs qu'il y a trois ans, les municipalités de Saint-Paul-d'Abbotsford, de Saint-Césaire et d'Ange-Gardien avaient déjà commandé une telle étude pour regrouper leurs propres services. MM. Pinsonneault et Vyncke aimeraient bien mettre celle-ci à jour et la voir prise en considération dans la future étude.
S'il est convaincu du bien-fondé de l'initiative, M. Ladouceur se veut rassurant. « Aucune municipalité ne sera obligée de faire partie du regroupement si elle ne le souhaite pas », a-t-il précisé.