La Ville de Rosemère a épandu des copeaux de bois comme abrasifs dans deux de ses rues cet hiver et elle est très satisfaite des résultats­ obtenus.

Rosemère satisfaite des copeaux de bois comme abrasifs

Le recours à des copeaux de bois comme abrasifs s’avère une alternative efficace au sable et gravier, estime Simon Coulombe, directeur des travaux publics de la Ville de Rosemère.

La municipalité des Basses-Laurentides utilise cet hiver des copeaux de bois imbibés de chlorure de magnésium dans le cadre d’un projet-pilote. Les copeaux de bois sont épandus dans la rue de l’Île-Bélair Est sur environ 500 mètres. « C’est une presqu’île, donc une zone sensible où on ne veut pas utiliser de sel parce qu’on est très près de la rivière des Mille-Îles. Avec les copeaux de bois, on a une option très intéressante parce qu’ils ne sont pas dommageables pour l’environnement », explique M. Coulombe en entrevue.

Les employés de la Ville ont déneigé à quelques reprises depuis le début de l’année dans la rue l’Île-Bélair Est après des averses de neige. Ils passent d’abord avec un chasse-neige, puis avec un camion plus petit pour épandre les copeaux de bois. Les résultats sont encourageants, dit M. Coulombe. « Ils adhèrent à la couche de neige qui est compactée et restent en surface. On n’a pas ça avec le sable ou le petit gravier », note-t-il.

Les résidants du secteur apprécient l’initiative, selon M. Coulombe. « Il n’y a pas de trottoirs sur cette rue. Les gens marchent beaucoup. Ils sont très satisfaits. On a eu de bons commentaires. Les gens qui ont des chiens l’apprécient aussi parce que ça ne blesse pas les pattes de leurs toutous comme le petit gravier. »

Les copeaux de bois sont également utilisés dans une section de 100 mètres de la rue Glendale où on retrouve une pente abrupte. Les automobilistes ont parfois des problèmes à s’arrêter à la ligne d’arrêt, signale M. Coulombe. Les copeaux de bois semblent offrir une meilleure adhérence à la route, a-t-il dit.

La Ville de Granby devrait effectuer des tests avec des copeaux de bois cette année. Il est question de tester le produit sur de petits tronçons de trottoirs. Un protocole d’essai doit être mis au point par les ingénieurs de la Ville.

Citoyens exigeants
Les citoyens sont très exigeants quand vient le temps de parler de l’état des rues l’hiver, signale le maire de Rosemère, Eric Westram. « Ils voudraient que la neige soit enlevée avant même que la neige tombe », dit-il en riant. « À un coût qui ne les impacte pas trop », ajoute-t-il.

Bien que l’hiver n’est pas terminé et que l’analyse des coûts-bénéfices reste à faire, M. Westram est enchanté des résultats jusqu’ici. « C’est plus que positif. De toutes les expériences réalisées ces dernières années, c’est celle qui est la plus intéressante. On n’a pas d’impact sur l’environnement et ça n’endommage pas les équipements comme le sel. Notre but, c’est que ça soit sécuritaire et que ça ne cause pas de dommages à l’environnement », indique-t-il.

Le maire a félicité le directeur des travaux publics d’avoir proposé le projet-pilote. « Ça prend des solutions qui nous sortent de nos paradigmes. On est dans une société qui s’intéresse de plus en plus à l’environnement. Il faut arrêter d’en parler et agir. »

La Ville de Rosemère veut étendre son projet-pilote à d’autres rues en vue de la saison hivernale 2018-2019, et ce, afin d’obtenir plus de données. Des opérations de nettoyage devront aussi être réalisées pour ramasser les copeaux de bois. Le tout n’inquiète pas M. Coulombe. « On devait quand même passer dans la rue quand on mettait du sable et du gravier », a-t-il souligné.

La Ville de Rosemère économisera d’emblée entre 8000 $ et 10 000 $ pour la réparation des gazons des résidants des deux rues concernées en raison des dommages causés par le sable et le gravier, a dit le maire. L’avantage des copeaux de bois est qu’ils composteront sur les terrains, croit M. Coulombe.

LES COPEAUX DE BOIS COMPARÉS AU SEL

Les copeaux de bois imbibés de chlorure de magnésium coûtent plus cher que le sel, reconnaît d’emblée André Prévost, propriétaire de Technologies EMC3, l’entreprise qui fournit le produit à l’essai à la Ville de Rosemère. Ils s’avèrent toutefois moins coûteux quand on prend le temps de comparer les deux produits, dit-il.

Une tonne de sel de déglaçage se détaille environ à 100 $. Une tonne de copeaux de bois se vend 460 $. C’est une différence appréciable, dit M. Prévost.

Or, assure-t-il, la superficie couverte par les copeaux de bois est quatre fois plus élevée qu’avec du sel. Et alors que le sel a tendance à s’enfoncer dans la neige, soutient-il, les copeaux s’incrustent dans la neige et crée une surface plus adhérente.

Les copeaux de bois conservent leur efficacité jusqu’à -30 degrés Celsius, soutient M. Prévost, tandis que le sel perd de son efficacité lorsque le mercure tombe sous les -15 degrés Celsius.

Au final, pense le patron de Technologies EMC3, son produit s’avère moins dispendieux que les produits conventionnels.