La première compétition de robotique VEX tenue à Cowansville avait lieu samedi. Deux équipes formaient alors une alliance pour gagner. Sur la photo, on reconnaît Olivier Tétreault, portant une casquette et les couleurs de l’école Massey-Vanier, et ses coéquipiers.

Robotique: Massey-Vanier fait les choses en grand

L’école secondaire Massey-Vanier a l’ambition de devenir la capitale de la robotique en milieu scolaire dans l’Est du Canada. Après avoir envoyé des équipes aux compétitions FIRST et VEX à plusieurs reprises, voilà que le programme d’Études-­Robotique tenait sa première compétition VEX à Cowansville, samedi.

Six écoles provenant à la fois de l’Ontario et du Québec ont répondu à l’appel de Massey-Vanier, à Cowansville, et de ses équipes « FENIX 74947 ».

La technicienne Manon Brien et ses collègues enseignants ont mis le paquet pour recevoir ces délégations. Seule une école de Terrebonne avait déjà reçu cette compétition au Québec.

« C’est une première ici. On est fébriles, mais ça va super bien, confie Mme Brien. Je pense qu’on a bien appris de ce qu’on a observé dans les autres écoles. »

La compétition de Cowansville était qualificative pour la finale régionale de l’Est du Canada, qui se déroulera en avril à Ste. Catharines, en Ontario. « On se donne quelques années pour recevoir la finale de l’Est ici. »

Les organisateurs ont trouvé plusieurs façons de se démarquer, à commencer par les caméras installées au-dessus des terrains de compétition, sur la scène de l’auditorium, où luttaient deux alliances de deux équipes. « Comme ce sont des terrains qui ne sont pas hauts, les gens qui sont assis dans les premières rangées de l’auditorium voient beaucoup de jambes... En compétition, on n’aime pas voir seulement des jambes, alors on a décidé de mettre des caméras au-dessus des terrains pour que les gens présents puissent voir ce qui se passe. »

Guerre de cubes

Sur chaque terrain, un match se déroule entre deux robots. Par exemple, une équipe de quatre élèves de Massey-Vanier peut être jumelée avec une équipe de Terrebonne. Ensemble, elles doivent obtenir le plus de points possible.

Cette année, le défi pour toutes les compétitions qualificatives et les finales consiste à amener un maximum de cubes dans la zone des buts de son équipe. Un cube vaut un point. Pour multiplier les points, il suffit de placer des cubes sur des tours. Un bloc vert placé sur une tour fera augmenter la valeur de tous les cubes verts dans la zone des buts. La stratégie varie d’une alliance à l’autre.

Les jeunes peuvent également soumettre leur robot à un test d’habileté sur un troisième terrain pour obtenir plus de points.

Contrairement à la compétition Robotique FIRST, les robots de VEX sont plus petits et plus mécaniques. Les élèves sont capables de monter leurs robots seuls et n’ont pas besoin de mentors, comme c’est le cas avec FIRST. De plus, les équipes peuvent travailler sur leur robot en tout temps pendant la compétition.

Traités aux petits soins

Une cantine proposant des produits locaux a également permis à Cowansville de se distinguer parmi les villes hôtesses de ce type de compétition. Un salon des bénévoles — ils étaient une quarantaine — a aussi été aménagé. 

Du côté des repas, plutôt que de commander les services d’un traiteur, les organisateurs ont mis à contribution les élèves de la Formation préparatoire au travail (FPT). Sur place, ils ont cuisiné du spaghetti italien, avec ou sans viande, avec ou sans gluten.

Enfin, une grande toile portant le logo de l’école a été installée et mise à la disposition des équipes pour qu’elles puissent se prendre en photo avec leur robot. 

« On voulait faire différent des autres », assume Mme Brien.

L’équipe locale composée d’Olivier Tétrault, Vincent Caldas, Jushua Tracey et Anthony Robert

Grandir par la robotique

Les élèves participant à la compétition travaillent sur leur robot depuis des mois : avril pour les plus vieux et septembre pour les élèves de première secondaire.

« On leur a d’abord demandé d’analyser le défi. Ils apprennent donc à faire une analyse en visualisant la vidéo et en lisant les documents. Ensuite, ils doivent déterminer ce que fera le robot et comment le concevoir. Ils font des essais et des erreurs. Ils apprennent toute la démarche scientifique qu’implique un problème. » 

En première année du secondaire, les jeunes vont découvrir leurs forces et leurs faiblesses. Eliott Goyette-Lagüe et Olivier Tétreault, par exemple, ont une facilité à tenir le journal des opérations, ce qu’ils appellent engineering notebook

Mme Brien qualifie d’ailleurs le cahier d’Eliott, 13 ans, de niveau universitaire. « Je remarque que, par rapport à d’autres que j’ai vus, je suis capable de le lire! L’écriture est appliquée, c’est propre, c’est clair. »

L’engineering notebook, « c’est une manière de comprendre ce qu’on fait. Il y a des photos de ce que tu fais, les modifications pour telle ou telle raison, des schémas, énumère Eliott. Tout ce qu’on fait et qui sert à quelque chose, je l’écris. Ce qui fait un bon engineering notebook, c’est la qualité de ce que tu fais et les explications ».

Il aime tellement cette tâche qu’il préfère que ses coéquipiers n’y touchent pas, avoue-t-il, pince-sans-rire. Il agrémente son cahier de photographies et de dessins pour démontrer ce qu’il rapporte.

La qualité de son travail lui a permis de sauter une année en robotique, tout en demeurant en 2e secondaire dans les cours réguliers. 

Olivier, quant à lui, essaie de faire beaucoup de dessins dans le cahier de son équipe, qui prend la compétition très au sérieux. 

Le travail d’équipe est important pour un tel projet. « Ça se passe super bien, rapporte l’adolescent de 14 ans. C’est sûr que des fois, on a des idées différentes, mais on finit par s’entendre. » 

Son coéquipier Vincent Caldas s’est assuré pour sa part de la programmation. Il pilote également le robot durant la compétition.

Joshua Tracey et Anthony Robert, eux, aidés d’Olivier, ont veillé sur les différents aspects mécaniques.