Les robots du concours mondial Robotique FIRST performeront sur une surface où se trouvent fusées et vaisseau spatial.

Robotique FIRST: Le défi est lancé pour Massey-Vanier

Les jeunes du programme de robotique de l’école secondaire Massey-Vanier iront aux confins de l’espace. Le scénario du concours de Robotique FIRST a été dévoilé samedi matin par la NASA. Et il est de taille.

Pour la première fois, les responsables du programme et de l’équipe FENIX4947 ont décidé d’inviter les parents pour le dévoilement du défi et de ses particularités, un moment attendu avec impatience par les jeunes et leurs mentors. Les parents pourront ainsi mieux comprendre ce dans quoi leur enfant est impliqué. 

Durant les 45 prochains jours, les élèves travailleront en équipe pour conceptualiser un robot capable de réaliser le plus de défis possibles inclus dans le scénario imposé par la NASA. 

« Aux confins de l’espace » impose aux quelque 3800 équipes de 80 pays, qui ont tous reçu les détails du concours en même temps, d’élaborer un robot capable de prendre et installer des panneaux ronds sur deux fusées et un vaisseau de cargaison. Ces panneaux empêcheront les ballons lancés ou déposés dans les structures de tomber. Amener les ballons dans les fusées et le vaisseau est un autre défi. Pour obtenir un maximum de points, ils devront conduire leur robot à l’aveugle alors qu’une « tempête de sable lunaire » nuira à la vision des pilotes. À la fin de cette épreuve, ils auront pour mission de faire grimper leur robot sur des plateformes de différentes hauteurs. 

Trois robots de différentes équipes travailleront ensemble pour aller chercher le plus de points possible, tandis que trois autres robots tenteront de faire la même chose sur l’autre moitié de la surface. Le cumul des scores de chaque jumelage décidera du sort des robots.

Le défi est de taille, souligne Stéphane Paré, l’un des mentors qui encadreront les 70 jeunes de Massey-Vanier, après avoir visionné les vidéos explicatives qui ont été présentées durant plus de trente minutes. Par contre, la grande équipe FENIX4947 pourra choisir sur quelles épreuves se concentrer. Il n’est pas nécessaire de tout réussir. Par exemple, soulever un robot de 120 lb pour qu’il se pose sur une plateforme est particulièrement difficile, ajoute M. Paré.

Pour mener à bien les manœuvres du robot lors de la compétition, l’équipe choisira son pilote et son copilote en fonction de leurs habiletés. Le calme est un atout de taille puisque les cris sont nombreux autour de l’espace de travail durant la compétition. Le pilote doit aussi être capable de bien gérer la pression puisqu’à cette étape du concours, tout repose sur lui. Le jeune pilote de l’an dernier, qui est maintenant en secondaire deux, devrait être difficile à déloger, prévient Manon Brien, technicienne en laboratoire qui a cofondé FENIX4947 avec Steve Provost. Il était d’un calme olympien et capable d’une concentration hors norme.

Le travail est commencé

Juste avant la projection de l’annonce en direct, les deux tiers des élèves inscrits au programme, quelques parents et les mentors étaient réunis à la cafeteria de l’école. « C’est un matin où on est un peu beaucoup fébriles, confie Mme Brien. À partir de l’annonce, le travail commence pour six semaines afin de bâtir le robot. Tous les élèves travaillent sur un seul robot. Il y a un horaire pour les jeunes pour qu’ils n’aient pas à travailler six jours par semaine. Ils doivent se choisir deux plages horaires par semaine et apprendre à gérer leur horaire à travers l’école. »

Déjà, après la projection, les cerveaux se sont échauffés tout l’après-midi pour commencer à mettre les idées en commun. 

Au printemps dernier, FENIX4947 s’était rendu en demi-finale à la finale régionale de Montréal parce que le robot d’une autre équipe, qui était jumelé avec Massey-Vanier, s’était brisé. Mais Mme Brien ne croit pas que son équipe était prête à se rendre à la grande finale de Détroit. Cette année, elle est confiante. « On est beaucoup plus optimiste. »

Il faudra user de stratégie pour trouver la bonne combinaison de points à aller chercher pour s’emparer cette fois-ci du laissez-passer pour les États-Unis. Les mentors, qui proviennent de domaines directement concernés par ce genre de concours, comme la mécanique et l’électronique, seront sollicités tout au long des prochaines semaines. 

Dans six semaines

La finale régionale de Montréal aura lieu du 28 février au 2 mars, au Stade olympique. 

Si FENIX4947 réussit à se tailler une place pour la finale mondiale, plusieurs milliers de dollars seront nécessaires pour transporter et loger les jeunes, les mentors et le robot de 120 lb. De plus, M. Paré indique qu’il faudra déclarer la provenance et la composition de chaque pièce aux douanes américaines, même si le robot ne s’y rend que temporairement.

La robotique était une activité parascolaire durant quatre ans avant de devenir l’an dernier une option au même titre que le programme d’études-sport. Le nombre d’inscriptions n’a jamais cessé de croître d’année en année. L’an dernier, ils étaient 50 dans le programme, tandis qu’ils sont 70 pour l’année en cours. « L’an prochain, je sais déjà qu’on va en avoir 100 », indique Manon Brien, des étoiles dans les yeux.

Manon Brien est cofondatrice de l’équipe de Massey-Vanier, FENIX4947.