Le DG de l’aéroport Roland-Désourdy, Robert Blais, quittera ses fonctions le 26 juillet.

Robert Blais de retour dans le cockpit

Après environ huit ans à la barre de l’aéroport Roland-Désourdy, Robert Blais retourne à ses anciennes amours : le pilotage. Le recrutement pour lui trouver un successeur va bon train. Le nouveau directeur général pourrait d’ailleurs être annoncé avant son départ, le 26 juillet.

« On peut sortir le pilote de l’avion, mais on ne sort pas l’aviation du pilote, a confié Robert Blais en entrevue. Je change de siège. Après celui de gestionnaire, c’est un retour à ma passion dans le cockpit. »

Entré en poste en janvier 2011 à l’aéroport Roland-Désourdy, Robert Blais quittera ses fonctions pour celles de chef pilote pour la compagnie Exactair, à Chicoutimi. En fait, il s’agit d’une région que le Granbyen connaît bien puisqu’il y a rencontré sa conjointe. Parmi ses nombreuses responsabilités, en plus de faire des vols réguliers, il assurera la mise à jour des compétences de ses collègues. 

Le contexte actuel dans l’industrie de l’aviation a notamment pesé dans la balance lorsqu’est venu le temps d’accepter un tel poste. « Il y a une grande pénurie de pilotes actuellement. On voit des jeunes à peine sortis de l’école [de pilotage] se trouver des emplois. D’un autre côté, je voyais les jets arriver et repartir à l’aéroport. Ça me titillait. J’ai des amis qui ont recommencé à piloter. J’ai donc vu que c’était possible à mon âge, a fait valoir l’homme de 56 ans. Alors, quand j’ai vu une offre intéressante, je l’ai saisie. »

Au fait, quelles sont les qualités d’un bon DG d’aéroport ? « Ça prend des expériences tellement variées, a dit l’actuel chef d’orchestre. Il n’y a pas de cours pour un poste comme ça. C’est presque par accident qu’un candidat arrive à avoir le bagage nécessaire. Il faut à la fois connaître l’aviation et la règlementation, mais aussi l’administration et les ressources humaines. »

À ce chapitre, il faut dire que M.  Blais a une feuille de route bien garnie. Détenteur d’un baccalauréat en administration de l’Université de Sherbrooke, il a d’abord acheté l’entreprise familiale dans le domaine des pièces automobiles. Il en a tenu les rênes durant 15 ans. En parallèle, il a commencé à piloter pour le plaisir. Sa passion grandissante pour l’aviation l’a mené à pousser sa formation de pilote toujours plus loin. Après avoir vendu sa compagnie en 2005, il a décidé de faire le grand saut pour amorcer une carrière de pilote, au cours de laquelle il a œuvré pour différentes entreprises au Québec, puis dans l’Ouest canadien. « Piloter me procure un sentiment de bien-être incroyable. Mais on me dit souvent que ce qui me distingue, c’est mon besoin de partager ma passion », a-t-il confié.

Avenir

Lorsqu’il est question de l’avenir de l’aéroport, Robert Blais ne voit pas de turbulences à l’horizon. « Je vois l’aéroport d’un œil très prometteur. Je pense que le momentum est là pour qu’il puisse se développer encore davantage. Il reste encore le défi d’amener des vols de passagers. Mais les projets ne manquent pas », a-t-il fait valoir.

Lorsqu’on lui demande de quoi il est le plus fier en faisant le bilan de son mandat de DG, il dirige instantanément les projecteurs vers l’équipe. « L’aéroport, ce n’est pas l’affaire d’une seule personne. J’ai eu la chance de diriger une petite équipe, mais très soudée et dévouée, qui a réussi à mener à terme de beaux projets. »

Sylvie Adam, ex-présidente de la Régie aéroportuaire régionale des Cantons-de-l’Est (RARCE) et ex-conseillère du district Adamsville à Bromont, a travaillé avec M. Blais sur de multiples projets. Notamment celui de la pollution lumineuse sur les pylônes d’Hydro-Québec, le spectacle aérien des Cantons-de-l’Est, l’achat du terrain d’IBM pour l’expansion de l’aéroport et la venue d’Unither Bioélectronique, qui construit actuellement un hangar qui abritera son centre de recherche et développement pour aéronefs à motorisation électrique à quelques pas de la piste. Elle ne tarit pas d’éloges à son endroit. « J’ai eu le privilège de travailler sur de nombreux dossiers avec Robert. Je comprends donc les multiples défis et contraintes avec lesquels il devait composer. Grâce à une détermination hors du commun, un respect inouï envers les autres, une très grande dévotion à son travail et une persévérance inspirante, il a su mettre la table pour attirer de nouvelles entreprises et donner un nouveau souffle à l’aéroport, a-t-elle indiqué. Nous ne pouvons qu’être reconnaissants pour sa très grande contribution à l’essor du développement économique de notre région. »