Terego ne cache pas que le contexte de la COVID-19 fait en sorte que sa formule connaît un intérêt accru.
Terego ne cache pas que le contexte de la COVID-19 fait en sorte que sa formule connaît un intérêt accru.

Roadtrip gourmand

Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
Stationner son VR. Respirer le grand air de la campagne. Rencontrer des producteurs et dormir sur leur terre... N’est-ce pas tentant ? Terego a développé un réseau de plus de 240 entreprises agricoles prêtes à accueillir les voyageurs en campeur pour une halte d’une nuit.

« C’est comme du slow tourism : on prend le temps de découvrir un endroit. C’est une façon de donner une expérience agrotouristique aux gens qui voyagent en VR tout en leur permettant d’avoir un contact privilégié avec le producteur », explique Karine Morin, cofondatrice de Terego.

Jusqu’à cinq espaces de stationnements peuvent être réservés en même temps auprès d’une ferme agrotouristique. Il faut toutefois être autonome, puisqu’il s’agit d’espaces sans service (sans électricité, ni eau ou toilettes).

C’est lors d’un voyage de trois mois en Nouvelle-Zélande, à bord d’une caravane que Karine Morin et sa mère, Michèle Bourassa, ont eu l’idée de s’inspirer du service auquel elles ont eu recours là-bas.

« Ça te fait sortir des autoroutes touristiques. Il y a un potentiel de vivre des moments magiques », laisse entendre Mme Morin.

Des rencontres

Des moments marquants, Karine Lamoureux, copropriétaire du vignoble Coteau des artisans à Béthanie, en a vécu plusieurs. Les rencontres inoubliables qu’elle a faites depuis que son vignoble fait partie du réseau Terego lui ont même permis de se lier d’amitié avec quelques visiteurs.

Dans les Cantons-de-l’Est, 12 producteurs hôtes sont inscrits sur la plateforme, mais il y en a plus de 162 à travers le Québec, tandis que les autres sont répartis en Ontario et dans les provinces maritimes.

Michèle Bourassa et Karine Morin, fondatrices de Terego

« Les gens sont intéressés à ce qu’on offre comme produit, à l’histoire. Ils posent plein de questions », détaille Mme Lamoureux.

Sur son vignoble de 7 acres comptant 10 000 pieds de vigne, les voyageurs peuvent installer leur campeur entre les raisins et la rivière pour une halte d’une nuit.

« Ils ont un endroit merveilleux », souligne-t-elle.

Des moments marquants, Karine Lamoureux, copropriétaire du vignoble Coteau des artisans à Béthanie, en a vécu. Les rencontres inoubliables qu’elle a faites depuis que son vignoble fait partie du réseau Terego lui ont même permis de se lier d’amitié avec quelques visiteurs.

Plusieurs touristes qui ont déposé leurs bagages au vignoble l’an dernier tiennent à revenir une deuxième fois.

« Presque tous les week-ends de l’été, on a au moins un visiteur par jour », indique Mme Lamoureux.

Producteur hôte sur Terego depuis 2017, Robert Brien, de L’école du 3e rang, vignoble et cidrerie à Saint-Joachim-de-Shefford, voit le réseau Terego comme une opportunité de faire connaître ses produits aux visiteurs qui sont curieux de nature.

« Les gens sont en voyage, donc ils sont de bonne humeur. Personne n’est jamais arrivé ici frustré. Pour eux, c’est un dépaysement gratuit », lance-t-il.

Jusqu’à cinq espaces de stationnements peuvent être réservés en même temps auprès d’une ferme agrotouristique. Il faut toutefois être autonome, puisqu’il s’agit d’espaces sans service (sans électricité, ni eau ou toilettes).

Robert Perras, de l’Argouseraie Quénébro à Roxton Pond, aime échanger avec les touristes en leur faisant découvrir les saveurs du terroir.

« Souvent, ils vont acheter au-dessus de 100 $ de produits », affirme-t-il, précisant que le concept permet d’amener des touristes dans la région.

Sur sa terre de 106 acres, les visiteurs ont accès à 8 km de sentier, au lac, à la boutique, mais aussi à une piste cyclable située à proximité. Et ils peuvent admirer les 7500 plants d’argousiers.

L’été dernier, alors que la saison avait commencé le 15 mai, M. Perras avait accueilli 75 campeurs sur sa terre jusqu’en octobre.

Cette année, même si la réservation de stationnements n’a pu se faire qu’à partir du 1er juin en raison de la COVID-19, il estime que ce nombre passera à 100. Cette semaine, en deux jours seulement, quatre personnes ont réservé l’espace disponible sur sa ferme.

Un intérêt accru

Comptant aujourd’hui plus de 1000 membres voyageurs ayant accès à 866 stationnements, Terego ne cache pas que le contexte de la COVID-19 fait en sorte que le concept connaît un intérêt accru.

Ceux qui avaient en tête d’aller à l’étranger ont dû trouver une deuxième option… prendre d’assaut les routes de la Belle Province.

« Sans le vouloir, on a créé une formule parfaite pour ça, parce que la distanciation sociale est facile dans le champ ! », soulève Mme Morin, en soulignant que le but de Terego est de faire découvrir le Québec... d’une autre manière.

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LE AIRBNB DE L'AGROTOURISME... OU PRESQUE

Les amoureux du tourisme gourmand qui veulent aller à la rencontre de producteurs disposent de plusieurs choix au moment de s’inscrire sur le site web : inscription annuelle, ou encore un passeport de trois jours. 

La plateforme de réservation en ligne envoie un courriel au producteur pour l’aviser de la date d’arrivée du voyageur. « Ce n’est pas compliqué pour les producteurs. Ils n’ont pas à gérer d’appels ou quoi que ce soit », assure Karine Morin.

Semblable à la plateforme Airbnb, Terego se distingue toutefois par sa formule gratuite, puisque les hôtes ne sont pas rémunérés pour offrir un stationnement sur leur terre.  

« L’idée, c’est que les voyageurs encouragent les producteurs et essayent des produits. Il y a aussi le bouche-à-oreille qui est important », souligne Mme Morin.

VERS L'OUEST CANADIEN

Lancé à l’été 2017, Terego a rapidement connu un succès retentissant. De 75 producteurs hôtes inscrits sur la plateforme à ses débuts, elle en compte maintenant 241 à travers le Québec, l’Ontario et les provinces maritimes. 

« Le projet a rapidement fait boule de neige et c’est devenu plus gros qu’on pensait », reconnaît Karine Morin, cofondatrice de Terego.

Ce sont désormais les producteurs eux-mêmes qui approchent l’entreprise pour offrir leur espace de stationnement aux membres voyageurs. 

« Ça nous dit que l’expérience est agréable pour les voyageurs, mais aussi pour les producteurs », constate Mme Morin.

La prochaine étape ? L’entreprise convoite l’Ouest canadien. 

« On ne voulait pas aller trop vite, parce qu’on voulait que dans les régions où on est, on ait un réseau assez dense et varié pour que ce soit intéressant pour les voyageurs. L’idée, c’est que tu restes dans une région et tu vois plein d’endroits différents », explique-t-elle. 

Terego devait commencer à recruter des producteurs dans l’Ouest canadien dès cette année. Mais en raison de la pandémie, les plans ont été repoussés à 2021.