Les usines d'épuration des eaux usées municipales ne sont pas en mesure de traiter de nouvelles substances chimiques, médicaments et produits de soins personnels.

Rivières contaminées: Granby et Acton Vale ignoraient tout

Les Villes de Granby et d'Acton Vale ignoraient que des contaminants chimiques et pharmaceutiques se retrouvaient dans les rivières Yamaska Nord et Le Renne, près de la sortie de leur usine d'épuration des eaux usées. Jamais le ministère de l'Environnement, qui les a recensés dans une étude, n'en a informé les autorités municipales.
« On ne savait pas qu'on avait ces problèmes. On est vraiment sous le choc », affirme Jean-Luc Nappert­, conseiller responsable des dossiers environnementaux de la Ville de Granby. « C'est une étude accablante. La moindre des choses est que le Ministère vienne nous présenter l'étude, nous expliquer ce qu'ils ont découvert et ce qu'on peut faire pour corriger la situation. »
« Ça nous a surpris. Nous investissons des sommes considérables dans nos installations, mais des polluants apparaissent quand même dans la rivière. Il faut voir comment on peut s'améliorer », explique pour sa part le maire d'Acton Vale, Éric Charbonneau.
Une étude du ministère de l'Environnement, rendue publique en début d'année, énumère une kyrielle de substances chimiques, de médicaments et de produits de soins personnels découverts dans les rivières qui traversent Granby, Acton Vale et Cowansville, rapportait samedi La Voix de l'Est. La présence de ces contaminants, dont plusieurs n'avaient jamais été répertoriés et qui dépassent les normes acceptables, affecte la qualité de l'eau et la santé des poissons. Les usines d'épuration des eaux usées municipales ne sont pas en mesure de traiter ces polluants.
La direction générale de la Ville de Granby a communiqué avec les auteurs de l'étude, intitulée Contaminants d'intérêt émergent, substances toxiques et état des communautés de poissons dans des cours d'eau de la Montérégie et de l'Estrie, a dit M. Nappert­. « C'est une étude importante, des données précieuses ont été recueillies, mais personne n'a pensé nous en informer. Le Ministère ne peut en rester là. Ils doivent venir nous rencontrer pour nous faire le portrait, pour qu'on comprenne bien la situation et pour qu'on puisse discuter des avenues envisageables pour régler ces problèmes. On ne peut pas accepter une telle pollution dans notre rivière ».
Des informations ont également été demandées par la direction générale de la Ville d'Acton Vale, a dit M. Charbonneau. « C'est décevant parce qu'ils auraient pu communiquer avec nous ou trouver une façon de nous aviser. »
Selon le maire Charbonneau, les usines d'épuration des eaux usées de plusieurs municipalités québécoises, construites dans les années 1980, ne sont pas équipées pour traiter ces polluants. Il entend vérifier si des usines plus modernes font face aux mêmes problèmes. « Peut-être existe-t-il des procédés ailleurs pour traiter ces substances. »
Les municipalités ont des responsabilités en matière de qualité de l'eau de leurs lacs et rivières, soutient M. Nappert. Elles doivent pouvoir compter sur les paliers fédéral et provincial pour les aider, dit-il, surtout que ces deux entités dictent les règlements environnementaux. « La Ville a un rôle à jouer. On ne peut pas s'en laver les mains. Mais on doit être capables de compter sur les gouvernements­ plus haut. »
Mettre en valeur Le Renne
La découverte de ces polluants survient alors que l'administration du maire Charbonneau planche sur un projet de mise en valeur de la rivière Le Renne dans le secteur du parc Donald-Martin. Elle souhaite que ses citoyens se l'approprient en y faisant du kayak et du canot. « L'usine (des eaux usées) se trouve en aval, mais on a des analyses à faire pour voir si on peut améliorer le traitement. 
Le Ministère n'a pas encore répondu à nos questions à savoir pourquoi les municipalités n'ont pas été informées des contaminants découverts dans leur rivière et si des suivis ont été prévus. Le responsable de l'usine d'épuration des eaux usées de Cowansville, Sylvain Perreault­, affirmait samedi qu'il n'avait jamais entendu parler de l'étude en question ni eu quelque contact que ce soit avec le ministère de l'Environnement­ à ce sujet.
Des études similaires sont en cours pour les régions de Laval, des Laurentides, de la Mauricie et du Centre-du-Québec, a-t-on appris.