La plupart des milieux socioénomiques qui abritent une école de Val-des-Cerfs se sont appauvris en 2017-2018, révèle le dernier recensement en la matière.

Révision des indices de défavorisation: 1 M$ de plus pour Val-des-Cerfs

La plupart des milieux socioénomiques qui abritent une école de Val-des-Cerfs se sont appauvris en 2017-2018, révèle le dernier recensement en la matière. Cela a un impact direct sur les finances de la commission scolaire, qui recevra 1 M $ de plus à redistribuer en services aux élèves.

« Ça démontre les besoins de la population, indique le directeur général de Val-des-Cerfs, Éric Racine, en entrevue. On voit aussi ça comme un défi. » Sur les 40 établissements primaires et secondaires de Val-des-Cerfs situés dans Brome-Missisquoi et la Haute-Yamaska, 24 voient leur Indice de milieu socioéconomique (IMSE) augmenter — ce qui signifie que leur secteur s’est appauvri.

Cinq obtiennent désormais un indice de 10, le plus élevé, alors qu’il n’y en avait aucun en 2016-2017. Il s’agit des écoles l’Assomption, Ave-Maria, Sainte-Marie (du Phénix), Saint-Luc et Saint-Marc (de l’Étincelle), toutes à Granby.

Cinq autres établissements se maintiennent tandis que 11 se sont enrichis : parmi ceux-ci, mentionnons l’école de Roxton Pond, qui passe de huit à cinq, tout comme l’école Centrale de Saint-Joachim-de-Shefford. Du côté de Sainte-Cécile-de-Milton, l’école primaire passe de l’indice neuf à six.

Par ailleurs, l’école de Sutton accuse le plus grand changement, passant d’un indice de sept à trois, et seule une école obtient l’indice un, soit la Clé-des-champs, à Dunham. L’IMSE est calculé à partir du revenu familial et du niveau de la scolarité des mères.

Ratios

Ces modifications (voir tableau ci-haut) sont donc à double tranchant : hormis la subvention supplémentaire, la commission scolaire sait qu’elle a à composer, en certains endroits, avec plus d’élèves en difficulté.

Les nouveaux indices pourraient aussi avoir un impact sur les ratios maître-élève. Une école avec un IMSE — aussi appelé indice de défavorisation — augmenté aura éventuellement besoin de plus d’espace pour le même nombre d’élèves, le ratio subissant une réduction.

« Ça démontre les besoins de la population », dit le directeur général de la commission­ scolaire du Val-des-Cerfs, Éric Racine. « On voit aussi ça comme un défi. »

M. Racine donne l’exemple de l’école secondaire l’Envolée, qui accueillera, l’an prochain, uniquement des élèves du Programme d’éducation international (PEI). Bien que située dans un quartier défavorisé, elle n’aura pas nécessairement besoin de réduire son ratio maître-élève, les étudiants du PEI étant réputés plus studieux. Ni des 100 000 $ supplémentaires en services aux élèves.

Les fonds pourront toutefois être redistribués de façon équitable grâce au comité de répartition des ressources de Val-des-Cerfs.

En ces temps de plein emploi, le directeur général ne s’explique pas ces appauvrissements. Mais il constate que le plein emploi a aussi un impact négatif sur le décrochage scolaire et les inscriptions dans les centres de formation professionnelle.

Pertinence

Tous ces changements n’auront pas d’impact, à court ou moyen terme, sur la refonte des secteurs scolaires réalisée en 2018 et effective à partir de la prochaine année scolaire. Les modifications des ratios maître-élèves sont assujetties à une convention qui n’est pas encore échue et toujours en négociation. Selon toute vraisemblance, cela n’affectera les secteurs scolaires qu’en 2021.

Des parents ont à nouveau contesté la pertinence de la refonte des secteurs scolaires à la dernière assemblée publique de Val-des-Cerfs, cette semaine. Éric Racine rappelle que le statu quo aurait provoqué encore plus de déplacements d’élèves sur une base annuelle.

« On tire la ligne en fonction des plus gros bénéfices, et on obtient une stabilité, dit-il. Mais quand tu prends des décisions, tu ne peux pas plaire à tout le monde. »

Presque toutes les écoles de Granby sont pleines, rappelle le DG, et leur taux d’occupation est de 98,6 %. Val-des-Cerfs a d’ailleurs logé une demande pour cinq écoles supplémentaires, une requête basée sur l’éventuelle nécessité d’implanter des maternelles quatre ans partout comme le propose le gouvernement de la CAQ.

Une proposition dont les contours ont déjà varié et qui pourrait encore changer.