Sylvain Barabé

Retour en prison pour le pédophile Sylvain Barabé

Une nouvelle peine de quatre ans et demi de prison aura-t-elle un impact sur Sylvain Barabé ?

La question se pose puisque l’homme de 52 ans de Granby vient d’être condamné pour avoir commis presque exactement les mêmes crimes — abus sexuels d’une fillette de sept ans envers qui il était en position d’autorité — que ceux pour lesquels il avait déjà été condamné en 2006.

Dans sa sentence rendue le 2 octobre, le juge Serge Champoux, de la Cour du Québec, ne mâche pas ses mots. « Sylvain Barabé n’a manifestement rien appris des thérapies passées, ni de ses séjours en détention. [...] Je ne crois pas à une réelle volonté de se reprendre en main et je ne vois pas non plus quelque modification de comportement ou tentative de reprise en main. »

L’accusé est « un pédophile qui s’est attaqué à deux reprises connues et prouvées à de très jeunes enfants. Rien ne permet de croire que s’il n’est pas incarcéré, il ne s’attaquera pas à nouveau à une autre fillette ».

Reprise

Après avoir purgé sa peine précédente, là aussi de quatre ans et demi de prison, M. Barabé a vite repris ses habitudes. Il s’est remis à la consommation de drogue avec encore plus d’énergie et s’est débrouillé pour entrer en contact avec une nouvelle victime en cachant, bien entendu, son passé.

En 2014 et 2015, à Granby, il a « à quelques reprises » touché le sexe de l’enfant avec sa main et sa bouche et l’a aussi incitée à toucher son pénis. Contrairement à son précédent dossier, il n’a pas été jusqu’à la relation complète.

« X avait exactement le même âge que la première victime au moment où débutent les abus contre elle, poursuit le juge Champoux. N’eût été le dévoilement, beaucoup plus rapide dans le cas de X, il est difficile de dire jusqu’où serait allé Sylvain Barabé. »

Le comportement global de l’accusé — et le fait qu’il s’agisse d’une récidive — a joué dans l’imposition d’une sentence identique à la précédente, bien que les gestes reprochés aient été de moindre durée et gravité.

Au-delà de son problème de consommation de drogue, qu’il n’a jamais réglé, M. Barabé a refusé de recevoir de l’aide concernant sa déviance sexuelle (il est un pédophile de type non exclusif) après sa dernière sortie de prison. Qui plus est, ajoute le juge, il se déresponsabilise, minimise les faits et rejette le blâme sur les autres.

Oisif

Il « n’a pas cheminé dans sa propre thérapie, a un problème de consommation, n’est pas intégré dans le marché du travail, n’a pas non plus démontré être en mesure d’entrer en relation avec un adulte dans un cadre fonctionnel et n’a pas de projet réaliste ni d’intention sérieuse de reprendre un processus thérapeutique ».

Compte tenu que l’accusé était détenu depuis son arrestation en septembre 2017, il lui reste un peu plus de 35 mois à purger dans un établissement fédéral. Sylvain Barabé sera aussi inscrit, à vie, au Registre des délinquants sexuels.

Par le passé, il avait également été condamné pour fraude, méfaits, vol, possession d’outils de cambriolage, possession et production de drogue, usage de faux documents et bris de condition.