Le maire de Waterloo et responsable du dossier de la sécurité publique à la MRC de la Haute-Yamaska, Pascal Russell.

Restructuration à la SQ: La Haute-Yamaska dit non

Alors que la Sûreté du Québec restructure la gouvernance de ses postes régionaux, les maires de la Haute-Yamaska refusent « purement et simplement » ce projet. Du moins à court terme.
Les élus en ont convenu de façon unanime, dernièrement, lors d'une séance extraordinaire du conseil faisant suite à une présentation du commandant de la région Estrie/Centre du Québec, Claude Desgagnés­, le 1er novembre. 
Le regroupement de la gestion des postes en centres de services MRC (CSMRC), mis de l'avant par la Sûreté du Québec, fait en sorte que les postes de la Haute-Yamaska, de Brome-Missisquoi, de Memphrémagog et le poste autoroutier de Sherbrooke seront sous la même gouvernance. C'est-à-dire qu'un seul commandant aura la responsabilité de toutes ces entités, alors qu'avant, chacune possédait son propre directeur. 
Dans le procès-verbal de la séance des maires, on rapporte que, selon la SQ, ce projet permettra « de dégager du temps, des ressources, de la capacité opérationnelle » quant à l'opération, la gestion et la communication­ des services.
Or, les maires de la Haute-Yamaska­ estiment qu'ils ne disposent pas des données nécessaires pour embrasser la proposition de la SQ, notamment en ce qui a trait au taux d'occupation du poste de la Haute-Yamaska, à la desserte du territoire et au nouveau plan de desserte. 
« Comment peuvent-ils nous dicter un modèle, sans nous fournir un portrait de la situation en Haute-Yamaska ? », demande le maire de Waterloo, Pascal Russell, qui est aussi président du comité de sécurité­ publique de la MRC. 
Le taux d'occupation est lié à la charge de travail des patrouilleurs sur un territoire donné. À partir d'un certain seuil, des échanges d'effectifs peuvent avoir lieu entre les MRC. Comme ç'a été le cas cette année, affirment les maires. La Haute-Yamaska aurait prêté des effectifs, sans avoir reçu beaucoup de support en retour. « Les citoyens de la MRC de la Haute-Yamaska sont donc pénalisés par cette décision de la Sûreté sur laquelle la MRC n'a pas eu voix au chapitre », peut-on lire.
« Les gains qu'on avait obtenus, on les perd en raison de ce jumelage. Et on paye tout le temps quand même », ajoute M. Russell. 
« Je n'ai rien contre le travail des policiers ; j'en ai contre la gestion dans les hautes sphères. Ils ont agi de façon cavalière. »
Selon lui, le responsable du nouveau centre de services, Denis Morin, entrera en fonction en janvier­ prochain.
Contre l'entente en vigueur
Ce qui dérange également les municipalités desservies par la SQ Haute-Yamaska - Waterloo­, Shefford, Warden, Roxton Pond, Saint-Alphonse-de-Granby, Saint-Joachim-de-Shefford et Sainte-Cécile-de-Milton -, c'est que son entente de fournitures de services de police avec la SQ est valide jusqu'en 2020 et lui assure 28 policiers­ assignés à la région. 
Le gouvernement, lui, prévoit signer les nouvelles dispositions dès 2017. Cette restructuration vient donc en contradiction avec l'entente en vigueur et avec le plan actuel d'organisation des ressources policières, soutient la MRC.
« Ça vaut quoi de signer un contrat avec un ministre et un commandant, si c'est pour le changer en cours de route ? C'est frustrant. Moi, je veux juste qu'ils respectent l'entente et qu'on puisse garder nos effectifs, comme le veut notre contrat. Pourquoi je signerais cette nouvelle entente ? »
M. Russell doit d'ailleurs rencontrer des représentants de la Sûreté du Québec lundi prochain.
Réaction de la SQ 
Jason Allard, lieutenant au service des communications avec les médias à la SQ, souligne que 30 centres de services (CSMRC) sont déjà implantés au Québec depuis le 23 novembre et que la transition a créé peu de remous. Le porte-parole affirme que même si un responsable chapeaute désormais chaque centre de services, personne n'a perdu son emploi. 
« Ça n'a rien changé sur le plan des opérations. Il y a un gestionnaire dans chaque poste de police quand même. Et il n'y a surtout pas moins de policiers sur le terrain. Le but de cette restructuration, c'est d'assurer une plus grande présence policière sur la route. »