Le propriétaire Brian Proulx au milieu du potager de la Maison Boire, aménagé sur le toit du garage.

Restaurant la Maison Boire: de la terre à l’assiette

Sur le toit du garage de la Maison Boire, la végétation prend résolument ses quartiers depuis le début de l’été. Au lieu de l’inévitable recouvrement d’asphalte, le restaurant a maintenant accès à un potager où poussent légumes, fines herbes et fleurs comestibles. Ici, le principe « de la terre à l’assiette » s’applique tout à fait.

Le concept n’est pas nouveau ; plusieurs établissements du monde possèdent ou ont possédé un potager sur leur toit. Au Québec, on n’a qu’à penser à Joe Beef, Toqué, Chez Boulay, au Reine-Elizabeth et au Château Frontenac, entre autres.

À Granby — et même dans les Cantons-de-l’Est —, cependant, l’initiative serait unique, affirme le propriétaire de la Maison Boire, Brian Proulx, qui ne fait rien à moitié.

« Le but de ça, c’est d’être autosuffisant d’ici les dix prochaines années », affirme-t-il, en confessant fièrement son côté écologique. « Ici, on est vraiment vert. On essaie d’aller chercher nos certifications. En restauration, je pense qu’on peut montrer l’exemple. »

Non seulement La Maison Boire fait son propre compost, mais elle tente aussi d’offrir le plus possible des produits locaux. L’aménagement d’un potager allait donc de soi, laisse entendre M. Proulx. « C’est bio, sans pesticides... Ça assure la qualité et la traçabilité de nos ingrédients. On cultive une cinquantaine de variétés, dont des semences ancestrales. »

Ce dernier a imaginé l’endroit, sous les conseils de l’herboriste Vincent Deronde, et lancé le projet le 24 mai dernier. Après s’être assuré d’avoir renforci la structure du garage, lui et son équipe ont construit des bacs en bois à partir de minots de pommes. Environ 5000 $ ont été investis dans le projet.

Lors du passage de La Voix de l’Est, mercredi, la croissance allait bon train sur les 1300 et quelques pieds carrés d’espace en hauteur. Carottes, tomates, choux, haricots, capucines et compagnie s’offraient au soleil.

Une cinquantaine de légumes, fines herbes et fleurs comestibles poussent dans les bacs de bois.

« On a commencé la récolte. C’est une année-test ; on va voir ce qui fonctionne et on va s’ajuster », explique M. Proulx, en montrant le système de récupération d’eau de pluie qui permet d’arroser les végétaux.

À long terme, l’exercice permettra bien sûr des économies intéressantes, ajoute le jeune entrepreneur.

Ça bouge
Ouverte il y a à peine un an, La Maison Boire n’a pas fini d’évoluer. S’il n’en tient qu’à Brian Proulx, les projets défileront les uns après les autres. À commencer par l’aménagement de l’étage vacant du restaurant, qui deviendra sous peu un piano-bar.

« On aimerait aussi acheter un lopin de terre pour cultiver du blé pour fabriquer notre pain », prévoit-il.

La pisciculture est même dans les plans. « L’an prochain, on compte faire l’élevage de tilapias en bassin dans notre garage. »

Et comme si ce n’était pas assez, l’homme d’affaires pourrait agrandir la cuisine vers l’arrière, en vue d’offrir un service de traiteur.

Amoureux des beaux objets en céramique, M. Proulx et sa copine ont par ailleurs dessiné et moulé eux-mêmes quelques pièces personnalisées qui viendront garnir la collection de vaisselle du restaurant.

« On songe aussi à forger nos propres ustensiles... Pourquoi pas ? »

Autosuffisant, qu’on vous disait...

Maison Boire célébrera sa première année d’existence le 23 août prochain. Pour les détails et les billets, on consulte la page Facebook de l’établissement. Une partie des profits de la soirée sera remise à la Fondation du CHG.