L’entreprise Domaine Les Marquis, qui possède deux chalets locatifs sur la rue Sabrina, souhaite régulariser sa situation, ce qui déplaît au voisinage.

Résidences touristiques dans leur quartier: des Diligents réclament la quiétude

L’intention de Stukely-Sud de modifier le règlement de zonage pour y permettre les activités de résidences touristiques ne passe pas comme une lettre à la poste. Plusieurs citoyens du quartier s’opposent à l’initiative, qu’ils comptent bloquer avant son adoption.

Lors de la séance du 10 juin dernier, un avis de motion a été déposé par le conseil municipal dans l’optique d’ajouter les usages « Airbnb », « gîtes touristiques » et « résidences de tourisme » dans certains secteurs de la municipalité, dont la zone résidentielle-rurale RUR-4.

Le tout fait suite à des demandes répétées de l’entreprise 9295-4619 Québec inc, aussi connue sous le nom Domaine Les Marquis, qui possède deux chalets locatifs sur la rue Sabrina.

L’un de ses actionnaires, Michel Houde, affirme que l’entreprise avait avisé la municipalité de ses projets avant de construire, mais n’avoir appris qu’après-coup que le zonage ne permettait pas ce type d’activités dans le secteur.

« Tout ce qu’on veut, c’est se conformer », plaide-t-il. L’amendement au règlement lui permettrait de louer les chalets à la fin de semaine plutôt qu’au mois, et sous des conditions plus strictes, ce qui assurerait un meilleur contrôle sur les propriétés.

Une demande avait été formulée par la compagnie, en mars 2017. Les élus avaient alors relevé le sérieux de l’entreprise, mais aussi les nombreuses plaintes de la part du voisinage. La requête avait finalement été rejetée le mois suivant puisque des constats d’infraction avaient été émis entre-temps.

En juillet 2017, puis en avril 2018, l’entreprise avait essuyé de nouveau un refus, le conseil municipal faisant toujours valoir « l’historique des activités non-conformes en lien avec l’usage des résidences concernées par cette demande » et de plaintes reçues à la mairie.

En novembre de la même année, le conseil avait de nouveau repoussé sa prise de décision, jugeant que plusieurs points devaient être clarifiés avec l’entreprise basée à Belœil.

Opposition

En janvier dernier, des citoyens ont acheminé une lettre au maire Patrick Leblond afin de lui demander de ne pas donner suite à la demande de l’entreprise. Cette lettre, dont La Voix de l’Est a obtenu copie, était accompagnée d’une pétition de 42 signatures de citoyens demeurant dans la zone RUR-4.

Les signataires allèguent que depuis deux ans, les résidences de la rue Sabrina, sont louées illégalement. « Nous avons vécu des désagréments multiples de l’ordre du tapage nocturne, circulation et vitesse excessive sur la voie publique, malpropreté et déchets dans les fossés, bruit, cris ou musique pour n’en nommer que quelques-uns, peut-on lire dans la missive. Ces désagréments ont empêché les citoyens permanents de l’usage paisible des propriétés avoisinantes de ces lieux et [nous] croyons fermement que cela diminue la valeur de nos demeures. »

Lors d’un entretien téléphonique avec La Voix de l’Est, l’un des signataires de la pétition, Pierre St-Laurent, a indiqué que ni lui ni ses voisins ne savent désormais à quel saint se vouer pour retrouver la quiétude dans leur quartier. « Personne n’en veut dans notre quartier, mais on dirait qu’on n’est pas entendus. Toutes nos tentatives de se faire entendre par le conseil sont comme donner un coup d’épée dans l’eau », déplore le citoyen.

Selon lui, les locataires des chalets organisent régulièrement « des partys qui dégénèrent » et qui ont fini par pousser certains voisins à bout. « Il y a plusieurs personnes qui ont mis leur maison en vente, et certains qui les ont achetées les ont remises à vendre parce qu’ils se sont rendu compte que c’était bruyant », raconte-t-il.

Différend

Michel Houde, fait valoir la mauvaise foi du voisinage, qui porte constamment plainte contre eux alors qu’ils sont prêts à intervenir s’ils sont avisés.

« Certains voisins ont voulu nous faire du trouble, raconte-t-il. Il y a eu du harcèlement, de l’intimidation... On nous a même menacés de mettre le feu au chalet. »

La situation s’est même rendue en cour, pour se régler à l’amiable. « On est de bonne foi, on ne veut pas de trouble », réitère M. Houde.

« Il faut voir le côté bénéfique que notre projet apporte comme visibilité à Stukely-Sud. On veut aider à faire connaître le village et y faire venir des visiteurs », poursuit l’entrepreneur.

M. Houde dit avoir trouvé une écoute attentive auprès du nouveau conseil municipal, élu en novembre 2017. « Ce sont des gens qui partagent cette vision-là », dit-il.

Assemblée publique

Une assemblée publique de consultation sur le règlement aura lieu avant la séance régulière du conseil municipal, lundi prochain à 18 h 00.

M. St-Laurent espère que le plus grand nombre de citoyens possibles seront présents.

« On dit aux gens : venez écouter ce qu’il en est. Si vous avez des inquiétudes, venez les exprimer », dit-il.

M. Houde compte pour sa part y assister pour répondre aux interrogations que les Dilligents pourraient avoir.

Il souhaite également avoir l’opportunité de parler du projet pour rassurer la population.

Le maire de Stukely-Sud, Patrick Leblond, n’avait pas retourné l’appel de La Voix de l’Est, mercredi en fin de journée.