Le directeur général de Val-des-Cerfs, Eric Racine, se dit «optimiste et fébrile» concernant la rentrée scolaire à venir.
Le directeur général de Val-des-Cerfs, Eric Racine, se dit «optimiste et fébrile» concernant la rentrée scolaire à venir.

Rentrée scolaire: de nombreux défis à relever pour Val-des-Cerfs

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
À quelques jours d’une rentrée toute particulière, le directeur général du Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs (CSSVDC), Eric Racine, fait le point. Bien qu’il se dise «optimiste et fébrile», le DG est conscient que le vaste remaniement qui s’opère en raison de la pandémie engendre son lot de contraintes, notamment pour les questions d’ordre sanitaire et pour le transport.

Eric Racine ne s’en fait toutefois pas outre mesure. «On a déjà eu une première répétition au printemps. On a eu quand même près de 6000 élèves et ça s’est super bien déroulé. Ça demande beaucoup d’adaptation et de collaboration de tout le personnel. Sans être un gage de succès, c’est un bon indicateur de notre prochaine rentrée.»

Une des mesures phares sur le plan sanitaire annoncées par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, est le port du masque obligatoire dans l’école pour les élèves à partir de la 5e année. Cette règle ne s’applique toutefois pas dans les classes. Idem pour les adultes qui travaillent dans les établissements d’enseignement.

Le DG de Val-des-Cerfs est d’avis que cette norme sera assez aisément assimilée. «C’est une adaptation pour tout le monde. Ça va prendre un effort collectif. Il faudra taper sur le clou du message», a-t-il imagé.

Transport scolaire

Avec près de 400 élèves supplémentaires dans l’ensemble de son territoire, Val-des-Cerfs aura tout un casse-tête logistique avec ses partenaires en transport. «C’est clair que ça amène un problème énorme. On n’aura pas le choix d’étirer des parcours», a fait valoir M. Racine.

Avec un maximum d’une cinquantaine d’élèves par autobus, 15% des trajets devront être faits deux fois. Certains jeunes pourraient donc ajouter environ une heure quotidiennement pour boucler le circuit pour se rendre à l’école et le retour à la maison, a indiqué le directeur général.   

Dans ce contexte particulier, les parents d’élèves qui ne sont pas dans le secteur scolaire de leur établissement d’enseignement devront assumer le transport de leur enfant, a mentionné le DG. Il demande par ailleurs à tous les autres parents qui le peuvent de faire de même.

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Enseignement à distance

En ce qui concerne l’enseignement à distance, le CSSVDC a injecté 1,3 million $ au cours des derniers mois pour l’acquisition d’équipements, notamment 3000 nouveaux appareils portables, pour un total de 6600 prêts à être déployés. De plus, les professeurs seront tous aptes à utiliser ces plateformes lors de la rentrée, car ils ont pour la plupart été formés depuis le début de la pandémie, a souligné le DG.

À ce chapitre, Val-des-Cerfs doit déposer d’ici le 15 septembre un plan d’urgence qui permettra aux établissements dans son giron de basculer en dedans de 24h en mode téléenseignement.

«Il faut être en mesure de dénombrer les enfants qui ont besoin des outils numériques. Il faut aussi s’assurer d’avoir un plan de récupération de matériel à l’école dans les heures suivant une fermeture d’école [en cas de COVID]. On doit également avoir des stations de travail pour les enseignants si les élèves suivent les cours à distance. On a aussi dû rehausser notre bande passante pour être capable d’absorber une éventuelle hausse de la demande», a cité en exemple M. Racine.

Certaines inquiétudes ont également été évoquées par le Syndicat de l’enseignement de la Haute-Yamaska (SEHY), concernant la situation des professeures enceintes. Le directeur général a confirmé que «les femmes enceintes et les personnes de 70 ans et plus seront automatiquement en télétravail». Ces employés prendront en charge les élèves qui devront suivre leurs cours à la maison en raison de leur état de santé.

Parmi les jeunes qui devront changer de groupe, entre autres en sports-études, quelques individus suivront certains cours en téléenseignement dans des locaux dédiés à leur école. Ceci afin de limiter les contacts avec des élèves d’autres groupes, a mentionné Eric Racine. 

Personnel

Le DG du CSSVDC s’est fait rassurant à propos du personnel: «chaque classe aura son titulaire». En fait, Val-des-Cerfs n’est pas en pénurie d’enseignants. On assiste plutôt à un «phénomène de rareté», a-t-il fait valoir. 

Les listes de suppléants sont assez bien garnies, du moins pour le moment, pour assurer la continuité des services advenant que des professeurs doivent s’absenter temporairement, notamment s’ils contractent la COVID-19. 

La situation demeure toutefois précaire et requiert une gestion sans faille. «On joue avec la limite. On doit restreindre les congés, les traitements différés. On doit resserrer les normes pour s’assurer d’avoir tout notre personnel.»

Nouvelles écoles

Val-des-Cerfs a demandé au cours des derniers mois au ministère de l’Éducation d’ajouter quatre nouvelles écoles primaires sur son territoire. «Au moins deux écoles de plus, ça nous donnerait pas mal d’air», a confié Eric Racine.

Outre l’accroissement constant du nombre d’élèves chaque année, la rentrée massive d’enfants qui fréquenteront la maternelle à quatre ans causera quelques maux de tête au CSSVDC. On s’attend à ce que 50% des parents se prévalent de cette option, a spécifié M. Racine. Ça équivaut, selon nos estimations, à environ 500 élèves de plus.»

Les besoins les plus criants sont à Granby, où on pourrait ajouter deux écoles. Cowansville et Farnham sont également ciblées.