La classe combinée de 5e et 6e année de Maryse Boisvert, montrant fièrement leur certificat Héros soulignant qu'ils «contribuent à rendre le monde meilleur».

Rendre le monde meilleur

Les élèves de la classe combinée de 5e et 6e année de Maryse Boisvert ont reçu la « certification héros » pour avoir contribué à « rendre le monde meilleur ». Ce prix, que seules 15 classes sur un total de 800 écoles ont reçu, souligne l'engagement des enfants de l'école Saint-François-d'Assise en faveur de la liberté d'expression.
Ils ont ainsi dessiné et écrit des cartes postales de soutien à des victimes d'injustices, qu'ils ont envoyées au gouvernement du Malawi, au prisonnier camerounais Fomusoh Ivo Feh ainsi qu'à la communauté autochtone de Peace River, en Colombie-Britannique. « Ce sont eux qui les ont mises dans les boites aux lettres », souligne l'enseignante, qui souhaitait démontrer à ses élèves qu'ils agissaient réellement pour créer des changements. 
« À bien des endroits, la liberté d'expression n'existe pas », mentionne Maryse Boisvert, en entrevue avec La Voix de l'Est. Après une réflexion sur le sujet avec ses élèves, elle a entrepris de leur faire écrire des textes pour aider ceux et celles qui ne jouissent pas de la liberté telle que nous la vivons ici. Ses 20 élèves se sont adonnés à la tâche avec enthousiasme.
Les cartes postales envoyées au gouvernement du Malawi invitaient les dirigeants du pays africain à mettre sur pied des campagnes de sensibilisation sur l'albinisme. Là-bas, les personnes albinos sont pourchassées et certaines personnes vont jusqu'à les tuer pour conserver leurs os, qu'ils considèrent comme magiques. 
Les cartes postales destinées au Camerounais Formusoh Ivo Feh cherchent à mettre pression sur le gouvernement du pays. L'ex-universitaire a été emprisonné pour avoir partagé le texto d'un ami qui disait à la blague qu'entrer dans le groupe armé Boko Haram était aussi difficile que d'être accepté à l'université. Il purge une peine de 10 ans pour avoir transmis ce texto à d'autres amis.
Les cartes postales envoyées aux communautés autochtones de Peace River visent à les appuyer dans leur lutte contre le barrage que le gouvernement du Canada bâtit sur des terres qui appartiennent à la communauté autochtone, selon un traité que les deux parties auraient signé. 
Pour ces actions concrètes, le mouvement « héros », initiative de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), a remis à la classe une bannière, un certificat par élève et 200 $ pour la classe, qui sera remis à un organisme. 
Liberté d'expression
Qu'est-ce que la liberté d'expression ? Quelles sont ses limites ? Telles sont les questions sur lesquelles se sont attardés les 20 élèves de la classe de Mme Boisvert lors d'un cours d'éthique et culture religieuse. Après la discussion, ils se sont mis d'accord sur une définition, qu'ils ont affichée dans leur classe durant l'année scolaire. 
« J'ai trouvé qu'ils avaient beaucoup d'empathie. C'était intéressant de voir qu'ils ont été capables d'écrire autour de la liberté d'expression. Ils ont compris qu'elle avait des limites », souligne l'enseignante.
Celle-ci souhaite réaliser des projets similaires dans les années à venir. Elle croit pouvoir faire encore mieux. « On n'a pas vraiment eu le temps de faire la promotion de la liberté d'expression dans l'école, en faisant une tournée des classes....C'est ce que j'aimerais faire pour les autres années ». 
Deux autres classes récompensées
Parmi les 15 classes lauréates des prix Héros 2016-2017, deux autres se trouvaient dans la région. 
On retrouve la classe combinée d'élèves de 1re et 2e année de Mélissa Brodeur, de l'école Curé-A.Petit de Cowansville. Les jeunes héros de sa classe ont mis en place un Conseil de coopération à travers lequel ils partagent les bons et mauvais coups de chacun. Grâce a un tel conseil, ils s'expriment librement, apprennent à donner et à recevoir la critique, se félicitent, se remercient et pointent du doigt les choses devant être améliorées. 
À l'école Saint-Vincent-Ferrier de Bromont, les élèves de la classe de 6e année d'Édith Bundock ont aussi été récompensés pour s'être intéressés aux problèmes du monde et pour avoir mis en place des actions pour le rendre meilleur. Ils sont restés à l'affut de l'actualité, ont effectué des recherches internet, des sondages et des entrevues, pour finalement réaliser de courts films qu'ils assembleront dans un grand reportage qui sera présenté à l'ensemble de l'école lors de leur graduation.
Créé en 2008 par la FAE, le mouvement héros récompense les enseignants qui organisent des activités valorisant le respect de l'humanité et de la planète Terre.