Les organisateurs ayant préalablement fourni la liste de questions aux candidats, ces derniers ont abordé différents sujets, allant de la mobilité à l’achat local, en passant par l’environnement.

Rencontre électorale dans Brome-Missisquoi: l’économie au premier plan

La soirée était consacrée à la politique provinciale, lundi soir, à l’école secondaire Massey-Vanier de Cowansville. Six candidats de la circonscription de Brome-Missisquoi ont débattu sur des thématiques choisies par la chambre de commerce locale à l’occasion d’une rencontre abordant les principaux enjeux de la région.

« C’est important parce que ça va permettre aux citoyens de bien s’informer et de se faire une meilleure idée de ce que chaque candidat propose », expliquait un peu plus tôt dans la journée la directrice générale de la chambre de commerce de Brome-Missisquoi (CCB-M), Mélanie Gobeille.

La soirée était en fait une initiative du directeur du volet francophone de l’école secondaire Massey-Vanier, Jean-Luc Pitre, qui est également impliqué dans la CCB-M.

« C’est une rencontre politique, ce n’est pas un débat, répétait M. Pitre avant le début de la soirée. Les candidats ne se couperont pas la parole, je serai sévère afin de m’assurer que tous puissent s’exprimer. »

Différents enjeux
Les organisateurs ayant préalablement fourni la liste de questions aux candidats, ces derniers ont abordé différents sujets, allant de la mobilité à l’achat local, en passant par l’environnement.

« Si vous permettez, je vais me tenir loin des phrases creuses et je vais me concentrer essentiellement sur Brome-Missisquoi », a lancé d’entrée de jeu le candidat de Québec solidaire, Alexandre Legault. Le commentaire se voulait une pointe à certains de ses adversaires qui semblaient s’en tenir à la ligne de parti en début de débat. M. Legault a notamment insisté sur ses engagements en matière de mobilité durable.

Les candidats ont été appelés à se prononcer, entre autres, sur une éventuelle desserte policière de Lac-Brome par le Service de police de Bromont — que chacun s’est engagé à soutenir, ou sur le projet de train Sherbrooke-Montréal qui passerait par le comté.

« Au Parti québécois, on se range derrière le projet de train Montréal-Sherbrooke-Boston et nous nous engageons à travailler pour que ça se réalise dans notre premier mandat », a promis Andréanne Larouche.

Les enjeux économiques ont occupé une place centrale dans la rencontre organisée par la chambre de commerce.

Chaque candidat a été invité à présenter sa solution à la pénurie de main-d’œuvre.

Pour la caquiste Isabelle Charest, cela passe par une meilleure gestion de l’immigration. « Différentes mesures ont déjà été mises en place, mais quand les immigrants arrivent au Québec, ils sont mal reçus, mal outillés et au final ils sont nombreux à quitter la province. On veut sélectionner nos immigrants économiques en fonction des besoins des régions et se donner les ressources [...] pour bien les intégrer et reconnaître leurs compétences », a-t-elle expliqué.

Si elle est élue le 1er octobre prochain, la libérale Ingrid Marini entend quant à elle soutenir l’achat local.

« Nous allons continuer de travailler avec les regroupements de gens d’affaires qui sont déjà en place sur le territoire, comme les chambres de commerce. Ils connaissent déjà les besoins des entrepreneurs pour répondre aux besoins locaux. Dans Brome-Missisquoi, on peut être fiers de plusieurs initiatives, comme la coopérative Le terroir solidaire ou le marché de Cowansville [...]. »

C’est toutefois le sujet de l’environnement, en toute fin de soirée, qui a soulevé la passion du candidat solidaire Alexandre Legault.

« Je ne comprends pas qu’en 2018, on soit encore qu’un seul parti dans les quatre qui aspirent à gouverner qui propose une transition écologique pour nous assurer qu’on ne fonce pas dans le mur dans lequel on s’enligne. [...] »

Le représentant de QS n’a pas hésité à lancer quelques pointes à son homologue du Parti québécois, qui lui a rendu la pareille.

En tant que candidate du Parti libéral du Québec, Ingrid Marini, a également dû défendre le gouvernement sortant, particulièrement en matière d’environnement. Mais, somme toute, la soirée s’est déroulée sans trop d’animosité.

Pour s’informer
Plusieurs dizaines de citoyens s’étaient présentés à cette rencontre.

« Je ne suis pas vraiment au courant de ce que les candidats proposent pour la région, je viens ce soir pour m’informer », a reconnu Jonathan Labrecque.

À ses côtés, Pierre-Olivier Plouffe avouait ne pas encore connaître les candidats de la circonscription.

« Peut-être que les candidats auront les mêmes priorités que moi ou qu’ils vont me convaincre que les leurs sont les bonnes », a quant à elle ajouté Nicole Allard.

Un septième candidat dans Brome-Missisquoi, Marc Alarie, n’a pas été invité à la rencontre.

« Nous avons invité les candidats qui s’étaient annoncés ou qui étaient investis à la fin août. (...) », a expliqué Mme Gobeille.

Joint un peu plus tôt lundi, M. Alarie a précisé qu’il n’a été reconnu comme candidat par le DGEQ que la semaine dernière.

La totalité de la rencontre sera disponible au courant de la semaine sur la page et le site web de la chambre de commerce de Brome-Missisquoi.

PLACE AUX JEUNES 

Même s’ils n’ont pas encore le droit de vote, les étudiants de Massey-Vanier ont eu droit à une place importante dans cette soirée. D’ailleurs, ils ont également participé à l’organisation de la soirée en préparant l’arrivée des citoyens. Ce sont d’ailleurs les élèves qui lisaient les questions.

« Ce sont les jeunes qui questionnent les adultes qui sont derrière des pupitres ! », a souligné en début de soirée Jean-Luc Pitre, directeur du volet francophone de Massey-Vanier.

La candidate du Parti vert du Québec, Elisabeth Dionne s’est d’ailleurs engagée à abaisser l’âge de la majorité à 16 ans.

Manon Gamache, des Citoyens au pouvoir du Québec, s’est également sentie interpellée par le sujet.

« Moi, les jeunes, je les ai à cœur. Je crois que la meilleure façon de les impliquer, c’est de leur donner du pouvoir. Pour l’instant, ils sont mis [...] dans une structure où ils sont obligés de s’adapter. Il faut s’arrêter un temps pour les écouter parce que souvent ils sont plus intelligents que nous et ils ont de belles idées. »