Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, a livré un discours bien senti devant une centaine de personnes, à Granby, dimanche.
Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, a livré un discours bien senti devant une centaine de personnes, à Granby, dimanche.

Renaissance du Bloc québécois dans Shefford

Le conseil exécutif du Bloc québécois dans Shefford revit. Dimanche matin, une centaine de personnes ont assisté à la première assemblée générale annuelle depuis la dissolution du dernier CÉ.

La députée Andréanne Larouche et le chef du BQ Yves-François Blanchet, qui a tenu à assister à l’AGA de Shefford, ont chacun pris la parole avec des mots bien sentis qui ont enflammé les militants.

« Je pense que ce matin vous avez réussi un exploit, a lancé Mme Larouche à la foule réunie dans une salle d’exposition du Centre culturel France-Arbour. On n’est parti de rien. On n’avait plus d’exécutif. On n’avait pas d’argent. On s’en est tenu au minimum pour cette campagne-là. »

Les sceptiques ont été confondus et Mme Larouche a été élue, un résultat connu dans la nuit du 22 octobre 2019.

« Il y a des comtés sur lesquels il y a une espèce de présomption que ça ne se peut pas [que le Bloc québécois gagne], mais ce n’est pas une présomption qui s’appuie sur le vrai monde, sur l’opinion des gens, évoque Yves-François Blanchet en entrevue. Ce sont des élites autoproclamées qui se pensent plus intelligentes que les autres et qui se disent que ça ne se peut pas que les autres gagnent. Ces élites-là ont l’air moins intelligentes : le Bloc a gagné. Je suis venu ici aujourd’hui pour remercier les gens qui ont gagné cette campagne. »

L’entrée du chef dans la salle a été chaleureusement applaudie par l’audience. L’accueil a été le même après son discours quand il a notamment évoqué les différents dossiers dans lesquels se sont impliqués les députés du Bloc dans les dernières semaines, comme le blocus des peuples autochtones sur les chemins de fer. Devant toutes les réalisations énumérées par Mme Larouche et lui-même, M. Blanchet conclut que le Bloc est devenu une proposition plutôt qu’une opposition. Les qualificatifs ont changé envers le parti, qui préfère apporter des solutions, et les députés sont pris au sérieux lorsqu’ils prennent la parole en chambre, note-t-il.

Technologie 5G

Un sujet qu’il n’a pas abordé durant son discours est la technologie 5G, qui inquiète une partie de la population de Sutton, dans la circonscription de Brome-Missisquoi, mais également la ville qu’habite Andréanne Larouche.

« On n’est pas sur l’argument des risques pour la santé tant que ça, affirme M. Blanchet. Il y a des enjeux de sécurité autres liés à la technologie 5 G. Tant que le joueur dominant de la 5 G était Huawei, il y avait des enjeux de sécurité en terme de protection des données ou d’utilisation des appareils à des fins soit de piratage de données ou soit, à la limite, d’espionnage dans certains cas. Maintenant, il y a d’autres entreprises à l’échelle internationale qui déploient la technologie 5G et notre position est fondée sur un enjeu de sécurité sur la technologie et les données beaucoup plus que sur un enjeu d’électrosensibilité. Pas qu’il ne faille pas l’écouter ou s’y attarder, mais pour l’instant il n’y a pas de démonstration claire » des risques pour la santé.

Il est cependant prêt à se battre pour que les citoyens aient davantage de poids lorsqu’ils s’opposent à un projet de tour de télécommunication. C’est le cas dans sa circonscription de Beloeil-Chambly où un projet de Telus a son lot d’opposition. « C’est dans un lieu de villégiature de toute beauté... On a réussi à retarder les travaux, le but étant d’avoir une conversation avec Telus — j’ai été obligé de la reporter à cause de la crise autochtone —, mais on va l’avoir. Je cherche des solutions à ça. L’autre problème, c’est que les entreprises disent que c’est de juridiction fédérale, “alors ce que vous en pensez, on s’en fout”, ce qui est totalement inacceptable comme argument. »

Il prévoit déposer un projet de loi que le parti a déjà déposé par le passé pour obliger le gouvernement à « donner préséance aux plans d’aménagements municipaux et aux juridictions provinciales en matière d’environnement ». Il s’agit, selon M. Blanchet, d’une demande partagée par tous les premiers ministres provinciaux qui pourrait donner plus de pouvoirs aux municipalités et aux provinces en la matière.

En plus des différents administrateurs, Marthe Lapierre est devenue présidente du conseil exécutif du Bloc dans Shefford. Carole Ducharme en est quant à elle la vice-présidente.