Les élèves de 5e année de l’école Parkview ainsi que les nombreux collaborateurs au projet des îlots de nichoirs à insectes.

Remplumer l’équilibre écologique grâce à des nichoirs à insectes

C’est avec beaucoup de fierté que les élèves de 5e année de l’école Parkview ont dévoilé un premier îlot de nichoirs à insectes, jeudi au parc Daniel-Johnson, dans le cadre du projet « J’adopte un milieu naturel » de la Fondation pour la sauvegarde des écosystèmes du territoire de la Haute-Yamaska (SÉTHY).

Considérant le déclin des oiseaux insectivores, tels que le martinet ramoneur et l’hirondelle, plusieurs nichoirs à insectes ont été fabriqués par les élèves grâce à des cours de menuiserie supervisés par l’ébéniste Bill Gagnon.

Au cours de ce projet, Bernard Valiquette, de la Fondation SÉTHY, a aussi eu l’occasion de sensibiliser les jeunes étudiants à l’importance de protéger notre environnement.

« Je sais que je n’ai pas été simple en amenant auprès des jeunes des concepts compliqués, comme la protection des milieux naturels, les biens et services écologiques, ou encore notre empreinte écologique. Mais tout ça nous rappelle une chose : combien la vie est précieuse sur notre planète terre et combien on est appelés à la protéger », a mentionné M. Valiquette lors du dévoilement des nichoirs, en présence, entre autres, des élèves, de la directrice de l’école Parkview, Barbra Plouffe, et de Catherine Baudin, conseillère municipale responsable des dossiers environnementaux à la Ville de Granby.

« Le premier objectif est de sensibiliser nos jeunes à devenir des citoyens responsables », affirme l’enseignante de français de 5e année, Martine Pollender.

Le projet « J’adopte un milieu naturel » a pu voir le jour grâce à l’appui de plusieurs partenaires, dont le Fonds de développement des communautés de la MRC de La Haute-Yamaska. De plus, une maman, Fanny Santarossa, a réalisé plus de 65 h de bénévolat dans le cadre du programme Don à la collectivité, permettant à l’initiative d’obtenir 1000 $ d’IBM.

Les trois nichoirs installés près de la piste cyclable du parc Daniel-Johnson, à Granby .

Importance des nichoirs

« 90 % de la population des hirondelles a décliné depuis la dernière décennie, a révélé M. Valiquette. L’absence des insectes y est pour quelque chose. Les jeunes ont joué un rôle important pour rétablir l’équilibre de l’écosystème, ce qui entre dans la mission de la Fondation SÉTHY, qui est de protéger nos milieux naturels pour que nos écosystèmes soient en santé. »

Les nichoirs, qui attirent bourdons, abeilles, ou insectes carnivores, sont des habitats qui ne servent pas qu’à nourrir les oiseaux, mais ils se veulent aussi un objet concret, une construction, afin que les nombreux passants près du lac Boivin réalisent l’impact de leur empreinte écologique, et, par le fait même, qu’ils soient invités à protéger l’écosystème des milieux naturels les entourant.

Par ailleurs, les classes de français de Martine Pollender ont travaillé sur un projet-pilote avec l’Insectarium de Montréal à l’automne, ce qui a éveillé chez eux un intérêt pour les insectes. Pour l’élève Maïka Duquette, la partie « menuiserie » a été sa préférée, puisqu’elle ne « peut pas faire ça à chaque jour. C’était un beau privilège. »

Réaliser ces nichoirs lui a aussi permis d’en apprendre plus sur la biodiversité. « On a retenu que la planète est en manque d’espèces d’oiseaux et qu’il nous restait pas beaucoup d’années pour la sauver. Et qu’il n’y en a pas d’autres », ajoute-t-elle.

Démarche artistique

Les panneaux informatifs installés près des îlots contiennent non seulement des citations d’élèves, des encadrés explicatifs et des remerciements, mais ils ont chacun été réalisés dans le cadre d’ateliers artistiques orchestrés par Geneviève Rheault, collaboratrice artistique au projet. « Les élèves avaient comme mandat de réaliser des motifs sur les panneaux inspirés de la nature. De faire un effet macrophoto dans des cercles blancs. »

Mme Rheault insiste d’ailleurs sur le mariage entre le travail manuel de la menuiserie, plus « dur », comme scier, clouer, et manier le bois, mélangé avec celui plus délicat, soit la peinture et le tracée de lignes fines. Les élèves de Parkview ont ainsi pu explorer différentes méthodes, en plus d’apprendre de nouveaux mots français, comme « croquis » ou « maquette ».

« Il y a beaucoup de réflexion derrière la démarche artistique, indique Mme Rheault. Je suis très fière de ce projet. On est partis d’une feuille blanche ; ce sont des heures de travail. »

Ces petits « hôtels à insectes » ont été fabriqués avec du bois brut, des cocottes, brindilles, feuilles, etc., le tout recouvert de broches à poule. Il est donc possible d’en bricoler un soi-même, afin de contribuer à l’équilibre d’un écosystème en santé.

Bernard Valiquette, tout en annonçant que d’autres îlots seront également installés prochainement, invite d’ailleurs la population à réduire son empreinte écologique, dans des gestes aussi simples que les trois « R » : réduire, réutiliser, recycler.

Surtout que des gestes et des projets comme les nichoirs « nous prouvent que c’est possible de faire une différence pour la planète », souligne Maïka.