Le pavillon éducatif près de la plage publique du lac Bromont devrait être ouvert sept jours par semaine à partir du 22 juin.

Réhabilitation du lac Bromont: les initiatives se multiplient

L’Action conservation du bassin versant du lac Bromont (ACBVLB) poursuit ses efforts pour que le plan d’eau recouvre sa santé. L’organisation a notamment pu compter sur l’apport d’Eurovia Québec pour aménager un nouveau pavillon éducatif près de la plage publique et se doter d’une embarcation pour assurer entre autres le suivi de la qualité de l’eau. Une foule d’autres projets sont également en branle.

À l’automne 2017, Bromont a marqué une page d’histoire en lançant le projet de réhabilitation du lac. Les analyses faites après l’épandage dans le plan d’eau de 174 tonnes de Phoslock, un composé unique à base d’argile contenant du lanthane servant à neutraliser le phosphore à l’origine de l’apparition de cyanobactéries, ont démontré que l’opération est jusqu’ici couronnée de succès. 

Or, le projet pilote requiert un suivi sur cinq ans. En ce sens, l’ACBVLB vient de déposer une demande de subvention de 150 000 $ auprès du ministère de l’Économie et de l’Innovation. Cette somme financerait la seconde phase du contrôle de la qualité de l’eau et des impacts du traitement Phoslock, dont le budget global avoisine 205 000 $. « Ce montant permettrait d’assurer le suivi jusqu’en 2020. Il nous resterait alors à obtenir du financement pour l’année suivante », a indiqué Anne Joncas, membre de l’organisme et responsable du dossier du projet de recherche. 

Le soutien d’Eurovia Québec tombe par ailleurs à point. L’an dernier, l’entreprise a donné le conteneur accueillant le nouveau pavillon éducatif, auquel l’OBNL met actuellement la touche finale. Notons que la Fondation du maire de Bromont a également contribué à son aménagement en accordant 2000 $. L’organisme sans but lucratif a aussi pu acheter une chaloupe grâce à l’aide financière d’Eurovia. « Nous sommes heureux d’appuyer les efforts et l’engagement déployés par l’ACBVLB pour nous assurer que les générations futures puissent continuer de bénéficier du lac », a fait valoir Xavier Roesch, directeur d’agence au sein de la compagnie. 

D’ailleurs, l’ACBVLB tiendra le 13 juin un événement pour souligner l’apport de l’entreprise établie à Bromont au projet de conservation. L’activité aura lieu de 16 h à 18 h au pavillon éducatif, qui sera ouvert sept jours sur sept dès le 22 juin. Ce sera aussi l’occasion de mettre en évidence tout le travail accompli par les bénévoles. 

Chercheur

Si tout se déroule comme prévu, un projet de recherche devrait s’enclencher au lac Bromont en juillet. L’initiative serait pilotée par Raoul-Marie Couture, professeur à la Faculté de sciences et de génie de l’Université Laval. « On avait déjà des échantillons des sédiments au fond du lac avant le projet Phoslock. Raoul-Marie Couture ira aussi prendre des carottes et il pourra comparer les données concernant la captation de phosphore. Ça nous permettra de voir dans quelle mesure le projet [de réhabilitation] a fonctionné », a mentionné Élizabeth Groulx-Tellier, coordonnatrice de projet biologie et environnement à l’ACBVLB. 

Le chercheur, qui chapeaute notamment le laboratoire de biochimie aquatique, devrait entamer la deuxième étape de son projet en 2020.

Les visiteurs du lac Bromont devraient également avoir sous peu une station de lavage d’embarcations près de la plage. Une demande de subvention a été déposée récemment dans le cadre du programme « Accès aux plans d’eau pour la pêche récréative » - Volet B, chapeauté par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. La Ville assumerait 25 % du montant global du projet, estimé à 4000 $. La somme restante proviendrait de Québec.

En parallèle, l’organisme souhaite continuer son combat pour réduire les apports en phosphore au lac, a souligné Anne Joncas. « On va commencer à mesurer les apports externes en phosphore qui viennent du bassin versant. On se rend compte que c’est probablement le point de départ de l’apparition d’algues dans le lac Bromont, a fait valoir l’ex-présidente de l’ACBVLB. Alors, on doit agir pour éviter que tous les efforts mis dans le projet Phoslock soient vains. »