Plusieurs chercheurs s’affairaient lundi à effectuer une batterie de tests au lac Bromont afin de déterminer si l’opération de réhabilitation du lac allait bon train.

Réhabilitation du lac Bromont : des résultats positifs

Plusieurs chercheurs s’affairaient lundi à effectuer une batterie de tests au lac Bromont afin de déterminer si l’opération de réhabilitation du lac allait bon train. Les résultats préliminaires sont porteur de bonnes nouvelles.

Ils en sont aussi à déterminer si le projet pilote est viable à plus long terme et s’il pourrait être étendu aux autres plans d’eau aux prises avec les algues bleues dans la province.

« C’est la première fois que ça se fait au Québec. On est un peu un laboratoire pour déterminer si le traitement fonctionne bien et connaître tous ses impacts », explique Élisabeth Groulx-Tellier, la coordonnatrice de projet biologie et environnement au sein de l’association Action conservation du bassin versant du lac Bromont (ACBVLB).

Le ministère de l’Environnement attend les résultats de cette équipe de chercheurs avant de permettre le traitement Phoslock ailleurs au Québec.

« Le Phoslock, un composé à base d’argile contenant du lanthane, capte le phosphore pour qu’il ne soit pas disponible pour les algues bleues, les cyanobactéries », résume Mme Groulx-Tellier.

Résultats préliminaires

« Au niveau de la transparence de l’eau, on a atteint des records en août, rapporte Mme Groulx-Tellier. Pour ce qui est de la quantité de phosphore dans l’eau, les résultats du début de l’été témoignent que le traitement fonctionne très bien. »

Les résultats préliminaires montrent que « le traitement fonctionne », estime la professeure émérite au département des sciences biologiques de l’UQAM, Dolores Planas. « On doit cependant prouver qu’il peut durer dans le temps », ajoute-t-elle.

Le projet de recherche sera évalué en 2022 et le ministère de l’Environnement décidera alors de la suite des choses.

Durer dans le temps

Pour s’assurer de la pérennité du traitement, le géochimiste spécialisé dans les sédiments et professeur au département de chimie de l’Université Laval, Raoul-Marie Couture, assisté d’un étudiant au doctorat, s’est joint à l’équipe pour récolter des échantillons de sédiments dans différents endroits du lac.

Leur objectif : évaluer si les 174 tonnes de Phoslock qui ont été étendues font leur travail. « On peut le voir en analysant le phosphore qui se retrouve dans les sédiments, explique Élisabeth Groulx-Tellier. On s’attend à ce qu’il y en ait moins, puisque l’objectif du Phoslock c’est de capter le phosphore disponible. »

À l’aide d’un carottier à gravité — appareil permettant de récolter des échantillons de sols à différentes profondeurs —, ils ont prélevé neuf échantillons à plusieurs endroits afin de pouvoir en examiner les sédiments, les particules qui se sont accumulées au sol, et de mesurer la quantité de phosphore qui s’y trouve.

« On va revenir au printemps, parce que les lacs changent en fonction du temps, indique M. Couture. On va capturer les différences au fil du temps et dans l’espace. »

« Plante zombie »

Un autre chercheur, Richard Carignan, étudie l’impact du traitement sur les plantes envahissantes comme le myriophylle à épi, aussi appelé la plante zombie, explique Élisabeth Groulx-Tellier.

M. Carignan évalue si on note une augmentation de ces plantes envahissantes. Le traitement au Phoslock rend l’eau plus claire, ce qui pourrait permettre à ces plantes envahissantes de gagner du terrain en profondeur.

Le chercheur compare les images aériennes prises avec un drone avant l’épandage du Phoslock et celles prises lundi pour mesurer l’évolution de ces plantes envahissantes dans le lac Bromont.