Les techniciens en environnement ont ratissé un grand segment de la rivière Yamaska ainsi qu’une partie de la rivière Noire afin de détecter et d’arracher cette plante envahissante.
Les techniciens en environnement ont ratissé un grand segment de la rivière Yamaska ainsi qu’une partie de la rivière Noire afin de détecter et d’arracher cette plante envahissante.

Régression importante d’une espèce exotique envahissante

Billie-Anne Leduc
Billie-Anne Leduc
La Voix de l'Est
La rivière Yamaska est maintenant débarrassée de 10 mètres cubes de châtaigne d’eau, une plante exotique envahissante. L’équipe composée de membres du Conseil québécois des espèces exotiques envahissantes et de l’Organisme de bassin versant de la Yamaska a procédé à son extraction cet été.

Les techniciens en environnement ont ratissé un grand segment de la rivière Yamaska ainsi qu’une partie de la rivière Noire afin de détecter et d’arracher cette espèce envahissante.

Ils ont couvert la Yamaska de la descente de bateaux de la municipalité de Saint-Damase jusqu’à l’embouchure de la rivière Yamaska dans le grand lac Saint-Pierre dans le fleuve Saint-Laurent, et ont remonté la rivière Noire jusqu’au barrage de Saint-Pie.

Réduction de 75 %

Le volume enlevé cette année correspond à quatre fois moins que celui observé l’an dernier, alors que 41,7 mètres cubes de châtaignes d’eau avaient été retirés de la rivière, ce qui prouve que l’intervention est efficace, souligne Jean Fecteau, responsable de l’opération pour l’OBV Yamaska.

« Nous avons été un peu surpris de constater une réduction de près de 75 % de la matière végétale retirée de la rivière Yamaska par rapport à l’an dernier. C’est assez encourageant en matière de lutte aux espèces exotiques envahissantes. Nous ne réussissons pas toujours à accomplir un progrès aussi franc dans la lutte contre les espèces envahissantes. »

L’opération de contrôle de la châtaigne d’eau sur la rivière Yamaska a permis d’arracher 10 mètres cubes de cette espèce exotique envahissante.

En plus de la collecte, l’équipe a procédé à une opération de détection de châtaigne d’eau, afin de prévoir toute opération de contrôle dans d’autres secteurs du bassin versant en 2021. La détection a été réalisée jusqu’à 4 km en amont du barrage de Farnham sur le bras de la Yamaska, puis, sur la rivière Noire jusqu’au pont de la route 137 à Sainte-Cécile-de-Milton, soit 14 km en amont du barrage de Saint-Pie, limite de la détection effectuée en 2019.

L’opération de collecte, qui s’est déroulée du 6 juillet au 4 septembre, a permis de retirer la plante sur une superficie de 1,612 km2 et les opérations de détection se sont déroulées sur 175 kilomètres de cours d’eau, pour une superficie totale d’action de 19,5 km2.

Une plante nuisible

Il est important de poursuivre l’arrachage de cette plante, insiste Jean Fecteau. « Le travail est cependant loin d’être terminé considérant la nature tenace de l’espèce, mais nous croyons que les techniques utilisées et l’arrachage systématique font leurs preuves. Affaiblir les colonies de cette plante année après année permet de réduire la quantité de noix, c’est-à-dire des fruits susceptibles de produire de nouveaux plants l’année suivante. »

Philippe Pelletier du Conseil québécois des espèces exotiques envahissantes (CQEEE) explique que la châtaigne d’eau empêche la croissance des plantes indigènes en créant un épais tapis de végétation à la surface des plans d’eau. « Cela change aussi l’habitat pour la faune, réduisant la quantité d’eau ouverte disponible. De plus, la décomposition des plantes utilise une grande quantité d’oxygène, ce qui peut mener à la mort de poissons. »

Le signalement de la présence de châtaigne d’eau en 2018 sur la rivière Yamaska a permis au CQEEE de mettre en place un plan de contrôle efficace, relate M. Pelletier, qui félicite sa prise en charge rapide permettant d’intervenir « avant qu’il ne soit trop tard ».

La châtaigne d’eau empêche la croissance des plantes indigènes en créant un épais tapis de végétation à la surface des plans d’eau.

« Grâce au travail effectué sur la Yamaska au cours des deux dernières années, on peut observer une régression considérable de la châtaigne d’eau. C’est une perspective très encourageante pour le futur », déclare-t-il.

L’équipe de l’OBV Yamaska et du CQEEE retournera sur la rivière l’an prochain pour continuer le travail de contrôle de la châtaigne d’eau.