Luc Jean de Gestion parasitaire de l'Estrie milite depuis l'an dernier pour que des modifications soient apportées au règlement sur les pesticides de la Ville de Granby.

Règlement sur les pesticides: un exterminateur le conteste encore

Si la Ville de Granby dresse un bilan positif des effets du règlement sur les pesticides adopté l'an dernier, l'exterminateur Luc Jean, mis à l'amende pour ne pas avoir remis une copie du registre annuel des pesticides apposés par son entreprise, continue toutefois à le contester.
« Ce n'est pas correct d'agir comme ça avec nous. C'est la seule ville qui demande un registre, ce qu'on fait et où on va. À Granby, c'est rendu trop compliqué. Je travaille dans 75 autres villes et on ne demande pas ça ailleurs », a dénoncé Luc Jean, propriétaire de Gestion parasitaire de l'Estrie. 
M. Jean a reçu un constat d'infraction qui totalise 642 $, soit 500 $, plus des frais de 142 $. Et il entend bien le contester. « Je vais prendre un avocat. Je vais monter un dossier pour que le règlement soit modifié. Il n'y a pas d'alternatives pour les exterminateurs : il n'y a aucun produit liquide bio homologué », dit-il en insistant sur le fait qu'il existe une différence entre la réalité des exterminateurs et celle des entreprises qui oeuvrent en horticulture. 
Dans une publicité publiée dans nos pages, Luc Jean invite d'ailleurs tous ceux qui aimeraient que la réglementation soit modifiée à entrer en contact avec lui.
Ce n'est pas la première fois que l'exterminateur de Granby milite pour que le règlement soit révisé. Il s'est présenté à quelques reprises au conseil municipal l'an dernier pour se faire entendre. Mais, mis à part quelques modifications à la réglementation, la Ville a gardé le cap. 
Le nouveau règlement encadre dorénavant de façon plus serrée l'utilisation des produits, les pesticides de synthèse en particulier. Il est maintenant nécessaire d'obtenir un permis pour utiliser ces produits qui combattent entre autres les araignées, les fourmis et les perce-oreilles. Sinon, il est recommandé d'opter pour des alternatives à faible impact. 
Pas la seule
Granby n'est pas la seule à demander une copie du registre des pesticides utilisés sur son territoire, assure le coordonnateur de la division environnement à la Ville, Serge Drolet. Les villes de Salaberry-de-Valleyfield, Longueuil et Magog, entre autres, le font aussi, dit-il. 
« Ça nous permet de savoir quels produits sont utilisés et dans quels secteurs. Ça peut nous aider à savoir s'il y a des infestations dans certains secteurs plus que dans d'autres. On fait aussi des vérifications dans l'année et on peut voir si la réglementation est respectée. C'est un outil précieux pour nous », affirme M. Drolet. 
Celui-ci précise que Luc Jean a reçu deux avis écrits et un avis verbal avant d'être mis à l'amende. La très grande majorité des entrepreneurs utilisant des pesticides se sont conformés à cette demande et à la réglementation en général. 
Bilan positif 
Le coordonnateur de la division environnement dresse par ailleurs un bilan positif du nouveau règlement sur les pesticides et les matières fertilisantes. « Cette année, la transition se fait vers la lutte intégrée pour trouver des alternatives aux pesticides », affirme-t-il. 
Sur plus de 300 demandes de renseignements reçues à la division environnement en 2017, seulement une trentaine de permis temporaires ont été émis pour l'application de pesticides de synthèse. « On ne refuse aucun permis. Mais, souvent, quand les gens prennent conscience de la dangerosité du produit, ils décident d'opter pour autre chose », dit Serge Drolet. 
Selon lui, les citoyens sont désormais plus au fait de l'existence des pesticides à faible impact. « On a beaucoup plus de demandes d'information. Les gens sont curieux, avides », ajoute-t-il. 
Pour répondre à la demande des citoyens, certaines entreprises auraient d'ailleurs modifié leur approche, proposant le service d'aération, terrautage, sursemis et de pesticides à faible impact. Même le lavage extérieur des maisons pour enlever les araignées est proposé, note-t-il. 
La nouvelle réglementation aurait toutefois eu un effet à la baisse sur les affaires de la Pépinière Abbortsford à Granby. « On a dû augmenter les tarifs parce que les produits bios sont plus dispendieux. En augmentant les prix, ça a eu pour effet de diminuer la clientèle », affirme Françoise Robert, sans toutefois chiffrer cette baisse. 
« C'est sûr que ça change la dynamique au niveau des méthodes d'application des produits. On est plus restreints dans la gamme de produits qui peuvent être utilisés. (...) Mais il reste très peu de municipalités au Québec qui n'ont pas de réglementation », affirme Jocelyn Mâsse, le directeur général du Groupe Cameron qui oeuvre dans la gestion parasitaire.