La résolution stipulant le congédiement de la directrice générale Carol Lebel n’aurait pas reçu l’appui de certains membres du conseil d’administration de la Régie.

Régie intermunicipale de Brome-Missisquoi : des divisions au conseil

Des divisions existent au sein du conseil d’administration de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi (RIMGMRBM) sur la façon de mettre un terme au contrat de la directrice générale, Carol Lebel.

Le président de l’organisation paramunicipale, Yves Lévesque, souhaitait que le conseil congédie Mme Lebel. Une résolution en ce sens était prête mardi pour adoption lors de son assemblée mensuelle en fin d’après-midi. Toutefois, quelques heures avant la rencontre, la résolution a été modifiée à la faveur d’une négociation avec la fonctionnaire en arrêt de travail depuis le mois de juin.

La résolution initiale ne recueillait pas assez d’appuis pour être adoptée, nous confie une source au sein de la Régie. Quelques membres du conseil d’administration étaient mal à l’aise de procéder au congédiement sans d’abord tenter une négociation. Surtout, nous explique-t-elle, dans un contexte où une plainte de harcèlement psychologique vise les membres du conseil, un arbitre du travail pourrait trancher en faveur de Mme Lebel. La Régie devrait alors la dédommager, conclut notre source.

Le procureur de la Régie et l’avocate de Mme Lebel ont rendez-vous le 11 janvier pour discuter d’une entente à l’amiable, a-t-on appris.

Les critiques sur le style de gestion de M. Lévesque à la RIMGMRBM ne se limitent pas au maire de Dunham, Pierre Janecek, et aux deux membres du conseil d’administration à qui nous avons parlé cette semaine. Josef Hüsler est également d’avis que l’ancien homme d’affaires comprend mal la différence entre les secteurs privé et public. « Diriger une entreprise et diriger une organisation municipale, ce sont deux choses différentes », signale l’ex-maire de Farnham.

En entrevue jeudi, M. Hüsler, qui a longtemps siégé sur le conseil d’administration de la Régie, a vanté les qualités de M. Lévesque, mais a reconnu qu’il consultait peu les autres membres du conseil. « Dans le monde municipal, tu dois être à l’écoute. Tu n’es pas ton propre patron. Tu ne peux pas prendre des décisions seul. »

Jamais le conflit avec Mme Lebel n’aurait dû se rendre aussi loin, croit M. Hüsler. « Beaucoup de choses se sont accumulées. C’est malheureux. Peut-être aurions-nous dû nous asseoir et trouver des solutions ensemble. Mais on ne l’a pas fait. »

Cela dit, le maire de Bedford reste l’homme de la situation pour diriger la RIMGMRBM, soutient M. Hüsler.

Fauteux appuie Lévesque

L’ancien maire de Cowansville Arthur Fauteux ne partage pas les opinions de ses anciens collègues à la Régie au sujet du style de gestion de M. Lévesque et de sa tendance à agir sans en informer le conseil. Il croit au contraire que l’ex-homme d’affaires assume un leadership sans taches. « On ne peut rien lui reprocher. Rien. Je peux vous dire qu’il fait avancer la Régie. Il a remis ça sur les rails », soutient-il.

L’organisme éprouvait des difficultés d’organisation depuis plusieurs mois avant que M. Lévesque n’accède à la présidence, indique M. Fauteux. Des lacunes dans le travail de la directrice générale expliquaient cette situation, dit-il. 

L’ancien maire de Cowansville n’a pas voulu donner de détails sur les reproches formulés à l’endroit de Mme Lebel. Il le fera si jamais le litige se rend devant un arbitre, a-t-il dit. « On a une très bonne preuve. Ça serait intéressant qu’on la présente. Les organisations municipales ont malheureusement tendance à céder devant leurs employés. Ça fait qu’on enrichit la jurisprudence en faveur des employés », déplore-t-il.

Mme Lebel n’a pas voulu nous accorder d’entrevue.

Dans un échange de courriels jeudi, M. Lévesque a indiqué ne pas avoir non plus de commentaires à faire pour l’instant.