Michel Gauthier, vice-président de Taxi 3000 et son propriétaire Elvis Redzepagic ont rencontré le conseiller de François Bonnardel afin d’avoir des explications sur le projet de loi 17.

Réforme de l'industrie du taxi: « On n’est pas à vendre »

Les 48 chauffeurs de taxi de Granby ont tenu une journée de grève lundi. Pour montrer leur opposition au projet de loi 17 qui vise à libéraliser l’industrie du taxi, Taxi 3000, Taxi Dr et Taxi Granby ont manifesté devant le bureau de François Bonnardel, député de Granby et ministère des Transports du Québec.

Elvis Redzepagic, propriétaire de Taxi 3000, ne le cache pas : il avait le cœur gros ce matin en barrant la porte de son entreprise pour aller manifester.

Lui et ses collègues disent devoir prendre les grands moyens pour faire comprendre à M. Bonnardel que son projet de loi 17 est mal reçu par les chauffeurs de taxi traditionnels.

« Dans l’histoire du taxi, ce n’est jamais arrivé que la porte ait été barrée. J’avais envie de pleurer ce matin en voyant la bâtisse vide et le téléphone sonner, a lancé M. Redzepagic au terme de sa rencontre avec le conseiller de M. Bonnardel, François Lemay. Je m’excuse vraiment à la population de Granby, parce que c’est eux qui n’ont pas de service au bout de la ligne », a-t-il poursuivi.

M. Redzepagic et son collègue Michel Gauthier, vice-président de l’entreprise, se sont entretenus avec le conseiller de M. Bonnardel afin de faire bouger les choses. Ils exigent des explications.

« On veut savoir c’est quoi l’intérêt du gouvernement de [déréglementer l’industrie du taxi]. C’est quoi le but de mettre EVA et Uber de l’avant », se questionne le propriétaire de Taxi 3000.

Il avance que les chauffeurs de taxi doivent payer environ 1100 $ d’immatriculation par année alors que les nouveaux joueurs comme Uber ne payent que 235 $.

Selon lui, le montant de 250 millions de dollars — somme annoncée par la CAQ qui s’ajoute aux 250 millions déjà versés par le gouvernement Couillard — pour dédommager les chauffeurs de taxi, dont la valeur du permis a chuté depuis l’arrivée d’Uber, n’a aucune valeur.

« On a dit [à M. Lemay] qu’on n’est pas à vendre. On n’en veut pas de la compensation, c’est une offre ridicule, a lancé M. Redzepagic. [...] Bonnardel a dit qu’il ne reculait pas et nous non plus. On n’a rien à perdre parce qu’on a déjà tout perdu », a dit M. Redzepagic à ses collègues massés autour de lui.

Modernisation

À ceux qui disent que les chauffeurs de taxi traditionnels ne sont plus au goût du jour, M. Redzepagic répond que sa flotte de taxis est récente et entretenue.

« On a la même chose qu’Uber. On a des tablettes, les cartes de crédit et une application. Les gens peuvent même réserver leur taxi sur notre site Web, sur Facebook, par téléphone et sur l’application », énumère-t-il.

« Uber n’a rien à nous apprendre », a ajouté M. Gauthier.

Un métier

M. Gauthier explique que les chauffeurs de taxi ont fait de nombreux sacrifices pour obtenir leur permis — d’une valeur de 70 000 $ à Granby.

Il donne l’exemple de M. Redzepagic qui est arrivé au Québec il y a 18 ans.

« Ça fait 17 ans que je fais du taxi. C’est mon métier. Je vais faire quoi demain ? J’aurai plus les moyens de financer les études de mes enfants », anticipe M. Redzepagic.

« On veut juste avoir ce qui nous appartient », a-t-il résumé.

Granby compte 48 taxis et 70 chauffeurs.

Le service de taxi-bus a également été interrompu jusqu’à 18 h lundi.